‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 42 sur 232 · DES TUMEURS · texte numérisé non relu

DES TUMEURS

IV. Cautère actuel. — On n'emploie ici que la cautérisation lérente, en vue de détruire toute la tumeur ; en sorte que l'on ne ut attaquer que des tumeurs très-petites, ou très-molles, ou liées en surface sans profondeur, telles que certaines tumeurs îcliles ou des champignons cancéreux. On éteint donc sur la lu- !ur un ou plusieurs cautères rougis à blanc ; si la croûte carboée était assez épaisse pour empêcher la cautérisation de pénér au delà, il faudrait s'arrêter, sauf à recommencer après la ite de l'eschare.

V. Galvanocaustique, — Elle est applicable à toutes les tuîurs ; mais elle est surtout indiquée dans les cas de tumeurs ;culaires ou siégeant dans des régions abondamment pourvues de isseaux. On peut combiner ce moyen avec l'écrasement linéaire, circonscrire, par une ou plusieurs chaînes, le pédicule qu'on a mé en disséquant la circonférence de la tumeur avec le cautère ivanique.

VI. Caustiques. — Deux grandes indications président à l'em- )i des caustiques : ou bien détruire la tumeur en totalité ou bien déraciner à sa base. On peut chercher aussi à la détruire de deux inières, en l'attaquant directement par dehors, ou en portant les ustiques à l'intérieur.

Premier procédé. Bestruction de la tumeur par l'extérieur. — On plique les caustiques, en suivant les règles générales, tantôt sur ite la surface de la tumeur, tantôt sur une partie seulement, and elle est d'un trop grand volume ; dans ce cas on recomînce le lendemain sur une autre partie, et ainsi de suite jus- 'à ce que toute la surface soit attaquée. Alors on attend que les emières eschares soient tombées, pour faire de nouvelles applilions, et l'on poursuit de la même manière jusqu'à la destruction impiété.

I Deuxième pi'océdé. Destruction par l'intérieur. — Depuis long- Imps on a conseillé l'injection de l'acide nitrique dilué, moyeniint une ponction préalable, dans'l'inlérieur des tumeurs érectiles. us récemment, on a enfoncé dans divers points des flèches de Ue de Canquoin, à travers des ponctions de la peau faites par bistouri. Los injections d'acide acétique, proposées pour provolaor la régression de la tumeur, n'ont pas produit de résultat llile, et paraissent aujourd'hui abandonnées.

OPÉRATIONS GliNÉRALES.

Troisième procédé. Éradication de la tumeur. — Cette éradication s'obtient de deux manières : ou bien en étreignant la base de h tumeur, do telle sorte que le caustique n'ait à diviser qu'un pédicule très-étroit ; ou bien en glissant sous sa base des flèches de pâte de Canquoin sans pédiculisalion préalable. Mais je renverrai les détails de ces deux procédés à l'article du cancer du sein, auquel ilont été plus spécialement appliqués.

Vn. Électrolyse ou galvanocaustique chimique. — Nous avonvu (page 56) la manière dont on fait usage de celle méthode. Ell( n'off're d'avantages réels que pour les tumeurs profondément situées, et difficiles à atteindre par d'autres moyens, telles que les polypeinaso-pharyngiens.

Appréciation. — L'emploi des caustiques contre les tumeurs s f repris dans ces derniers temps une grande vogue, déjà souvent ob- i tenue, et aussi souvent perdue. On sauve ainsi aux malades pusillanimes l'appareil des instruments tranchants et la vue du sang; ; comme avantages plus sérieux, on ajoute que les plaies par cautérisation sont généralement à l'abri des érysipèles, des phlegmons diffus, des phlébites et de l'infection purulente. Il est très-vrai i qu'elles y exposent moins que les plaies par instruments tranchants, et là est leur supériorité relative. Mais la cautérisation détermine plus de douleurs que le bistouri, et surtout des douleurs qui devront se renouveler plusieurs fois ; elle ne permet pas la réunion par première intention, et laisse à sa suite des cicatrices larges cl difi'ormes.

La bgature détermine l'éradicalion des tumeurs, comme lé dernier procédé décrit pour la cautérisation ; elle a comme celle-ci l'avantage de prévenir à peu près sûrement toute hémorrhagie ; el la section qu'elle opère est si lente, que lorsqu'elle e&t achevée, la plaie qui reste est déjà recouverte de bourgeons charnus, condition éminemment favorable pour écarter les dangers de phlébite ci de résorption purulente. Mais cette lenteur même entraîne des in-»^ convénients, car la tumeur se putréfie sur place, et le procédé de Fiigal, qui échapperait à cette complication périlleuse, laisse craindre d'autres inconvénients.*

L'écrasement linéaire, par la rapidité relative de son action, s esl presque complètement substitué à la ligature ; mais il n'est vraiment applicalole que pour les tumeurs facilement isolablcs, pédiculées ou tout au moins à peu près énucléables. 11 est à peu près inapplicable dans beaucoup de tumeurs cancéreuses du .sein.

La galvano-causlique thermique a contre elle la nécessité d'une

DES LIPOMES.

5trumentation spéciale, d'un entretien assez coûleux et fort diffie pour beaucoup de personnes. Cependant, elle peut rendre, ns certains cas, d'incontestables services. J'estime donc que le bistouri est toujours préférable quand il y a sez de téguments pour tenter la réunion immédiate, et lorsque lle-ci ne rencontre d'ailleurs aucune contre-indication.

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