DES TUMEURS ÉRECTILES
31' toutes les artères du second ordre qui s'y rendent, tentative li n'a pas eu de succès.
On a essayé de lier le tronc principal et l'on a lié la carotide •imilive pour des tumeurs vasculaires du crâne, de la face, de M'bite. Les résultats n'ont pas été merveilleux. Sur kl opéra- Dns faites pour tumeurs de crâne ou de la face il y eut 16 décès,
sur ?)0 observations dans lesquelles le résultat de l'opération t spécifié, nous ne trouvons que 6 giiérisons et 12 améliorations, i statistique est un peu plus favorable pour ce qui concerne s tumeurs de l'orbite, 16 opérations ont donné comme résultat 3 guérisous, 3 améliorations, 1 insuccès et 2 morts. (L. L. F.)
U" Incision des vaisseaux de la périphérie. Procédé de Physich. -On pratique autour delà tumeur une incision circulaire, compreint toute l'épaisseur de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, lur diviser tous les vaisseaux qui arrivent au tissu érectile par sa iriphérie, et en s'en écartant assez pour n'intéresser que des tissus ins, afin d'éviter une trop forte hémorrhagie. On lie toutes les tères qui donnent du sang ; puis on remplit la plaie de charpie )ur la faire suppurer.
5° Ligature des vaisseaux de la base. — Je range ici un pro- ;dé fort confus d'A. Bérard, qui n'y avait aperçu qu'une variété ! séton. 11 commençait en effet par passer à travers la tumeur, le us près possible de sa base, une série de fils doubles, a U on millimètres de dislance, figurant autant de petits sétons. Mais au )ut de deux ou trois jours, il retirait ces sétons qui lui servaient liquement à entraîner des anses de fil embrassant les parties inrmédiaires au trajet des premiers, et il serrait chacune de ces ises sur un bout de sonde élastique. C'était donc une série de liitures multiples, qu'on obtiendrait beaucoup plus facilement par
procédé de Mayor (voy. p. 26). Mais ce qui caractérise celui d'A. &rard, c'est qu'il laisse libres les deux extrémités de la tumeur, 1 sorte qu'elle reçoit encore par là assez de vaisseaux pour l'emf;cher de se mortifier. Quand les tissus embrassés par les ligatu- (S ont été coupés, la tu raeur avec la peau qui la recouvre forme ne espèce de pont qui ne tarde pas à se recoller aux tissus proinds ; mais elle a subi une sorte de transformation fibreuse ; ses liisseaux sont atrophiés, ses cellules oblitérées; les téguments ont ;pris leur couleur naturelle ; enfin elle s'affaisse jusqu'au niveau parties environnantes, ot il ne reste d'autres traces de l'opéraon que deux cicatrices linéaires et parallèles.
Dans ce procédé, les ligatures, traversant la tumeur môme, y dé-
OPÉRATIONS GÉNÉRALKS.
veloppent une inflammation qui le rattaclie en partie à la deuxièmi méthode ; mais c'est surtout par la section des vaisseaux qu'il opère ; et si la tumeur, trop petite, obligeait à passer les fils dans les lissus sains, on aurait à peu près autant de chances de réussir sati toucher aux tissus altérés.
Deuxième méthode. — Je la caractériserais volontiers sous le nom de méthode phlogistique. Elle comprend d'ailleurs trois mé-'â thodes secondaires, selon qu'on cherche à provoquer l'inflammation à l'extérieur, ou à l'intérieur, ou à l'extérieur et l'intérieur h la fois.
L'inflammation déterminée à l'extérieur doit cependant être assez forte pour s'étendre à toute sa tumeur; aussi ne convient-elle qu'à des tumeurs très-petites. Les deux procédés usités jusqu'ici ^ sont la cautérisation et la vaccination. '
1° Cautérisation. — Guthrie a recommandé le nitrate d'araren* ' quand il n'y a qu'un naevus petit et peu épais. On pourrait auss -f bien l'ecourir à d'autres caustiques à petite dose, ou même à une !' pointe de feu légèrement appuyée. ''
Sédillot dit avoir fréquemment employé avec succès, pour d( petites taches érectiles étoilées de la face, l'extrémité d'un style rougi à la flamme d'une lampe à alcool. ■».
2° Vaccination. Procédé de Cumin. — On pratique à la surface { de la tumeur des piqûres de vaccine plus ou moins multipliées.- i pour y provoquer des boulons qui suppurent. Ce procédé a donné ! de notables succès pour des tumeurs peu étendues. ;
L'inflammation à l'intérieur est provoquée de plusieurs manières par le broiement, la cautérisation, les injections, et les sctom de nature diverse .
1° Broiement. Procédé de Marshall Hall. — On plonge (huu la tumeur une aiguille à cataracte, avec laquelle on divise et ron broie en tous sens le tissu éreclile. Ce moyen paraît avoir réussi çour des tumeurs de petit volume,
2° Cautérisation. — Quelques chirurgiens ont essayé d'enfoncer dans des tumeurs profondes de fortes aiguilles rougie.s au feu. "Wordswortha guéri ainsi par des cautérisations ponctuées un na'vu' de la paupière, Les flèches de pâle de Canquoin pourraient êtrf
ÎUMEURS ÉRECTILES.
mployées Je la même manière. Criissel a proposé d'y faire passer Il fil de platine rougi par le galvanisme.
3° Injections. Procédé de Lloyd. — Il consiste à faire pénétrer ans la tumeur, à travers une ponction préalable, la canule d'une élite seringue chargée d'un liquide excitant. Avant de pousser injection, on refoule autant que possible par la compression le uig de la tumeur; le liquide injecté est laissé de cinq à dix miales, après quoi on l'expulse par une pression dirigée du côté de i piqûre.
Lloyd, en 1828, préférait à tout autre liquide un mélange de 10 15 parties d'éther nitrique avec une partie d'acide nitrique concen- ■é; Stanley a réussi avec une injection vineuse ; Brainard avec une )lulion de 15 centigrammes de lactate de fer sur 10 à 11 gramles d'eau distillée. 11 faut d'ailleurs répéter ces injections à plueurs reprises : dans l'un des cas de Lloyd, pour une tumeur du olume d'une grosse orange, elles furent faites d'abord deux fois ar semaine, puis une fois tous les quinze jours ; la guérison delanda onze mois. Wood, en 1853, et peu après Michon et Choisy mployèrent le perchlorure de fer. Deux injections suffirent pour mener la guérison. Le perchlorure de fer paraît préférable à tout utre liquide. Nous verrons que Broca, en '1870, a obtenu par ce loyen la guérison d'un énorme anévrysme cirsoïde.
h° Sétons ordinaires. Procédé de Macilwain. — On passe à travers i tumeur autant de sétons que l'on juge nécessaire, et on les lisse à demeure jusqu'à ce que les vaisseaux soient oblitérés, ela demande quelquefois fort longtemps; aussi, pour activer l'inammation, Fawdington veut que le séton soit chargé de substanes caustiques.
5° Sétons métalliques. Procédé de Lallemand. — Il se servait 'épingles longues et déliées, qu'il enfonçait de manière à traverer la tumeur ou une portion de la tumeur de part en part ; on »eut on mettre de quatre à douze à la fois, disposées parallèlenontelle plus près possible les unes des autres. Si l'on n'a pu unbrasser qu'une partie de la tumeur, trois jours après on place lur un autre point une seconde douzaine d'épingles : Lallemand en i passé ainsi plus de cent vingt dans la même tumeur. On les laisse |în place sept ou huit jours ou plus, jusqu'à ce que la suppuralion soit bien établie ; après quoi on les retire. Après la cliuie n'unepremière série d'épingles parallèles, si l'inflammation ne pal aissait pas suffisante pour amener la guérison, on en introduirait
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d'autres dans une dircclion perpendiculaire aux premières, avani que l'inflammation se fût dissipée. '
Le but de ce procédé est d'exciter la suppuration dans le li'ajoi des épingles ; toutefois j'ai eu occasion de l'employer sur un enfant qui portait à la racine du nez un naevus violacé de l'élendur d'une pièce de vingt-cinq centimes ; et sans la moindre suppuration, la couleur du nœvus a disparu dans les points qui avaient étr piqués, pour prendre une couleur rosée franche. Mais le plus souvent j'ai échoué, n'ayant pu déterminer le degré d'inflammation nécessaire à l'oblitération des vaisseaux dilatés.
A. Bérard a substitué aux épingles des tiges d'ivoire ou dej corne déliées et acérées; il n'a pas mieux réussi.
Enfin, on excite Vmfltmmatïon ù l'extérieur et à l'intérieur, soif par des incisions nettes, soit par des sections lentes à l'aide de ligatures.
1° Incisio)i avec réunion immédiate. — Lallemand a réussi une fois en incisant simplement la tumeur, et réunissant la plaie aussitôt par la suture entortillée.
2° Incision suivie de suppuration. On fait une profonde incision qui divise dans sa plus grande longueur et dans toute son épaisseur la tumeur érectile, en faisant passer le bistouri là où les dilatations artérielles sont le plus nombreuses et le plus saillantes. Il s'écoule un large jet de sang; mais aussitôt on étend sur toute la circonférence de la tumeur une éponge fine que l'on comprime avec force durant quelques secondes, de manière à exprimer le sang contenu dans la tumeur. On prend alors une compresse épaisse qu'on applique entre les lèvres de la plaie; et à la première éponge, qui ne pressait que sur les bords de la tumeur, on en substitue une autre d'environ 25 millimètres d'épaisseur qui comprime toute la tumeur jusqu'au dehi de sa circonférence et qu'on fixe à l'aide des bandelettes agglulinalives et d'une bande. . Cette compression ne permet pas au sang d'aborder ; cependanti l'inflammation suppurative qui survient tend à oblitérer les vaisseaux divisés et même ceux qui les avoisinent; et la guérison est d ordinaire complète en quelques semaines.
Peut-être le procédé serait-il simplifié si l'on comprimait la circonférence de la tumeur et la tumeur môme avant de faire l'incision; on éviterait ainsi une hémorrhagie tout au moins inutile.
3° Sections lentes par les ligatures. — .l'ai déjà noté (|ue le procédé d'A. Bérard agissait en partie de celte manière, par une