‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 104 sur 259 · LIGATURE DE L'ARTÈRE VERTÉBRALE · texte numérisé non relu

LIGATURE DE L'ARTÈRE VERTÉBRALE

Appréciation. — Fraeys conseille une incision faite le long du bord interne du sterno-mastoïdien; Chassaignac, comme Nunciante, fait, au contraire, son incision le long du bord externe; Sédillot sépare les deux faisceaux du sterno-mastoïdien. Quel est sur le vivant le procédé le meilleur? c'est ce que l'avenir démontrera, sans doute, mais jusqu'à présent les procédés sont plus nombreux que les opérations. On n'a fait qu'une seule fois la ligature de la vertébrale, et cela dans la plaie même et pour des hémorrhagies consécutive à une plaie par armes à feu. Maisonneuve fit une incision pour aller au-devant de l'artère source de l'hémorrhagie ; il aperçut l'orifice par lequel le sang s'écoulait, saisit l'artère et la lia. La malade guérit; mais un peu moins d'un mois après la blessure, cette malade fut prise tout à coup d'une violente douleur dans la région cervicale, poussa un cri, tomba immédiatement dans un coma profond et mourut le soir même.

Cette ligature aurait pu être faite dans d'autres circonstances ; mais, jusqu'à présent, son histoire ne comprend que des erreurs de diagnostic. Chiari (de Naples) croyant à un anévrysme traumatique d'une des branches de la carotide externe, lia la carotide primitive. L'autopsie montra qu'il s'agissait d'un anévrysme de la vertébrale au niveau ie la courbure qu'elle décrit entre les deux premières vertèbres. Une seconde fois, également à Naples et dans un cas semblable, Rispoli proposa la ligature delà vertébrale. Les consultants crurent qu'il fallait, au contraire, lier la carotide. L'autopsie montra encore qu'il s'agissait d'un anévrysme vertébral. Ossieur (de Roulers), Kluyskens (de Gand), Richard (de Rristol), Watson, Voisin, Lucke, South (de Liverpool), un chirurgien de l'hôpital San José, de Lisbonne, lièrent la carotide pour des anévrysmes traumatiques ou des plaies de la vertébrale, prises pour des blessures de la carotide. Le malade de Kluyskens mourut, quatre ans après, delà rupture de l' anévrysme ; les autres moururent deTopération ou malgré l'opération qui ne pouvait être d'aucune utilité. Ce qui explique ces erreurs, c'est qu'en examinant le malade et en cherchant à comprimer la carotide, on comprimait en même temps la vertébrale et qu'on attribuait à tort à la compression de la carotide, la cessation momentanée de l'hémorrhagie.

Nous verrons que Smyth( de New-York) a lié la vertébrale après une ligature du tronc brachio-céphalique et en agrandissant la plaie faite lors de cette première opéralioQ.J

Vil. — Lls;afui'e de ïa iMammaîre interne.

[L'artère mammaire interne naît à angle droit de la sous-'clavière

au même niveau que la thyroïdienne inférieure mais du côté opposé de la circonférence de Tarière. Elle se dirige directement en bas (fig. 160), passe entre le tronc brachio-céphalique veineux et la face postérieure de la clavicule, et croisant le cartilage de la première côte pénètre dans la poitrine. Elle descend alors le long du bord du sternum dont elle est distante de 5 à 10 millimètres, placée

Fig. 16:j.

Page 1