LIGATURE DU TRONC BRACHIO-CÉPHALIQUE
TBC. Tronc braeliio-céphaliqne. — SCI. Sons-clavière. — AG. Art. carotide prim. — .II. .lugul. iat. — VTI. Yeinc thyroïdienne inférieure. — P?iG. Pneumogastrique. — S/M. Sterno-niastoïdion coupé. — CZM. Cléido-mastoïd. — S!H, Sterno-liyoïdien coupé. — ■ ScH, Scapalo-liyoidien. — F. Fil embrassant l'artère innominée.
ser une opération dont l'histoire n'est qu'un long martyrologe. » Ce que je disais, il y a treize ans, je puis encore le dire aujourd'hui maigre le succès obtenu par Smyth (de New-York) grâce à la ligagalure de la vertébrale. En effet, le danger de la ligature de l'innominée et de la sous-clavière en dedans des scalènes n'est pas dans la non-oblitération du tronc brachio-céphalique, mais sans l'impossibilité d'obtenir un caillot solide dans la partie de la sous-clavière qui fournit la vertébrale et la thyroïdienne inférieure. Le rétablissement trop facile, trop rapide de la circulation collatérale est la cause principale de la mort qu'amènent des hémorrhagies, lesquelles ont apparu le septième jour (Cuvellier), le onzième (Liston), le dixseptième (Blanc), le vingtième (Lizars),le vingt et unième (Cooper), le vingt-troisième (Mott) plusieurs semâmes après (Graefe). Smyth ai-je dit plus haut, guérit son malade. Que se passa-t-il? Le 15 mai 186-^ ce chirurgien lie à la fois la carotide et le tronc brachio-
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céphalique pour un anévrysme de la sous-clavière. Quarante-huit heures après, une faible ondulation se perçoit dans les artères du poignet. Le treizième jour, le fil de la carotide se détache; mais le lendemain une grave hémorrhagie survient. Une syncope l'arrête ; on remplit la plaie de charpie, vain effort: le lendemain, nouvelle hémorrhagie. On comble alors la plaie avec des plombs de chasse: on réussit, mais, peu à peu^ les plombs s'enfoncent, et Smyth, craignant de ne plus pouvoir les retirer s^il attend plus longtemps, en extrait une partie. L'hémorrhagie reparaît, on replace les plombs. Cependant, le 5 juillet, cinquante jours après la ligature, survient une hémorrhagie terrible. Smyth accourt, trouve son malade mourant, mais l'hémorrhagie arrêtée. Cependant, à la visite du matin, Smyth est tout étonné de retrouver son malade, qui affirme à son chirurgien qu'il vivra si l'on parvient à empêcher de nouvelles hémorrhagies. Smyth consulte ses auteurs. Heureusement Erichsen, dans ses trois premières éditions et dans un passage supprimé dans l'édition de 186/i, attire l'attention sur les dangers de la perméabilité de la vertébrale ; Sm.yth se décide- à la lier. L'opération est faite le 8 juillet; le pouls cesse au poignet, le bras s'œdématise, se refroidit; mais on peut, sans nouvelle hémorrhagie, retirer de la plaie les 70 grammes de plombs de chasse qui y avaient séjourné trente-huit jours. Peu à peu, la circulation se rétablit dans le bras, la plaie se guérit sans accident et, le 15 septembre, la guérison peut être considérée comme complète. Le succès de Smyth ne doit pas faire lever la proscription qui pèse sur la ligature de l'innominée. Nous ne voyons pas de cas dans lesquels cette opération soit indiquée, car s'il devenait urgent, indispensable, d'oblitérer le tronc brachio-céphalique, il y aurait moins de péril à lier la carotide et la sous-clavière en dedans des scalènes, mais en y joignant, comme nous le conseillions en 1863, la hgature de la vertébrale et de la thyroïdienne inférieure.]