‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 147 sur 259 · DE LA CARIE · texte numérisé non relu

DE LA CARIE

pie sèche; le lendemain, tout écoulement de sang ayant cessé, on procède à la cautérisation.

Il faut, avant tout, garantir les chairs voisines de l'action du feu. Petit les recouvrait de compresses mouillées, ou conduisait le cautère à travers un entonnoir de fer-blanc; mais un moyen plus simple et plus sûr est celui que Percy tenait de Camper. C'est du carlon épais de 2 millimètres, dont on coupe des bandes plus ou moins larges, selon la profondeur à laquelle se trouve l'os carié. Moyennant des plis faits à propos, on leur donne la forme d'un carré, d'un losange, etc., selon la ligure de la plaie; quand les marges de cette plaie sont élevées, le carton s'y tient de lui-même par son propre ressort, sinon il faut le fixer avec des pinces à pansement qu'on applique sur son bord extérieur, afin que l'autre bord appuie le plus près de l'os; il serait utile de tailler aussi le bord profond de telle sorte qu'il s'accommodât à la surface osseuse ; autrement il porterait à faux, et pourrait laisser passer sous lui la sanie bouillante que Te cautère fait quelquefois exsuder du fond de la carie.

' On applique le feu à diverses reprises. La première fois, on cautérise légèrement pour tranquilliser le malade ; il faut même éviter, s'il se peut, qu'il aperçoive de la chaleur. Dans les applications suivantes, on appuie davantage, surtout dans les endroits où la carie est présumée plus profonde ; et quand un premier cautère est refroidi, on en prend un autre. Quand la chaleur se fait sentir profondément, c'est une marque qu'elle a atteint la partie saine de l'os. Si cette sensation subsiste quelques heures après l'opération, on juge que la cautérisation est suffisante; mais si, au contraire, elle cesse presque à l'instant, il faut revenir encore une fois à l'application du feu, avec prudence toutefois, et en se hâtant de retirer le cautère dès que le malade se plaint d'une sensation de brûlure plus vive qu'il n'en a encore éprouvé.

Après cinq ou six jours de la dernière application, les bords de Feschare osseuse s'éloignent des chairs : du dizième au quinzième jour, si l'on appuie le doigt fortement sur le milieu de cette eschare, le malade y ressent une sensation douloureuse; c'est une marque certaine que l'os se sépare, et que déjà des chairs grenues s'élèvent par-dessous.

On juge, au contraire, quand ces signes manquent, que la cautérisation n'a pas été suffisante. On attend cependant jusqu'au vingt-cinquième jour pour donner le temps d'agir à la nature; et passé ce terme, on réapplique le feu suivant les principes indiqués.

II. Excision. — Elle se fait de plusieurs manières : ou bien avec

la rugine; mais cet instrument ne convient que pour les caries très-superficielles, encore exposerait-il à ne pas mettre complètement à nu le tissu sain ; ou bien avec la gouge , en évidant, creusant, sculptant pour ainsi dire Tos carié, procédé admirable surtout pour la carie des os courts, tels que ceux du carpe et du tarse ; ou bien en s' aidant du maillet, pour faire pénétrer plus avant soit la gouge, soit le ciseau; ou enfin, selon le besoin, avec les cisailles, les tenailles incisives, les scies de diverses formes, le trépan, etc. Tous ces procédés ont pour but de ménager les portions d'os restées saines ; Punique règle est à' enlever complètement tout ce qui est altéré.

Appréciation. — Les caustiques et le cautère actuel ont pour effet de transformer la carie en une eschare sèche dont il faut attendre r exfoliation ; l'excision met à nu immédiatement la portion saine de l'os, de laquelle s'élèvent des bourgeons charnus de bonne qualité. Cette dernière est donc plus prompte ; elle est d'ailleurs la seule à employer pour les os voisins des viscères, q';e l'action du feu surtout pourrait offenser, et au voisinage des articulations.

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