‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 149 sur 259 · DE LA NÉCROSE · texte numérisé non relu

DE LA NÉCROSE

rapproche le plus de l'une des extrémités du séquestre et de l'inférieure de préférence.

La malade doit être couché, le membre reposant dans toute son étendue sur une planche garnie d'un drap en plusieurs doubles, et offrant d'ailleurs à découvert la partie sur laquelle on doit opérer. Après s'être assuré de nouveau de la disposition et de la mobilité du séquestre, on agrandit 'ouverture de la peau par une incision longitudinale, ou en T ou en croix, selon l'indication. S'il s'écoule trop de sang à la suite de cette dissection, on panse la plaie à sec, et l'on remet le reste au lendemain ou à un autre jour.

On s'occupe ensuite d'agrandir le cloaque, de manière à se rapprocher de l'une des extrémités du séquestre; si l'os est encore tendre, on peut se servir d'un fort bistouri ; sinon l'on a recours au trépan, ou au ciseau. On fait avec le trépan autant d'ouvertures qu'on le juge convenable^ et l'on détruit avec la scie en crête de coq ou mieux encore on fait sauter avec le ciseau et le maillet les intervalles osseux qui les séparent. L'extrémité du séquestre étant enfin mise à nu, on la saisit avec de fortes pinces; on l'incline de côté et d'autre pour la détacher, et on l'extrait ainsi sans employer de violence, d'abord pour ménager la membrane qui revêt Pintérieur du nouvel os; ensuite, pour ne pas s'exposer à rompre ou à courber celui-ci; quelquefois même on est forcé de mettre le se*questre à nu dans toute sa longueur.

Le séquestre enlevé, on garnit mollement la plaie avec delà charpie, et on la traite comme une plaie qui doit suppurer. Quand la cicatrice sera terminée, il faudra encore, avant de permettre au malade l'usage de son membre, attendre que l'os nouveau-^oit assez solide, et la perte de substance qu'il a subie assez bien réparée pour n'avoir à craindre ni une incurvation, ni une fracture. Cette recommandation est surtout importante pour les membres inférieurs.

[Ollier, Larghi, Borelli ont conseillé, dans les cas oùil existe une nécrose un peu étendue, de réséquer l'os malade dans toute son épaisseur en conservant seulement le périoste, qui devait reproduire l'os. Quel que soit l'intérêt légitime qui s'attache aux expériences faites sur le rôle physiologique du périoste, on ne saurait admettre les théories émises à propos des résections sous-périostées, et j'en dirai plus loin les raisons en traitant des résections en général. Il y a intérêt à ne pas sacrifier l'os de nouvelle formation, etVévidement qui permet la sortie des séquestres, tout en conservant la plus grande partie de l'os nouveau, est préférable de beaucoup dans les cas de nécrose aux résections sous-périostées.]

ARTICLE IV

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