‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 166 sur 259 · III. — Réseclion «les côtes · texte numérisé non relu

III. — Réseclion «les côtes

La portion altérée sera mise à nu, soit par une simple incision droite ou courbe, soit par une incision cruciale, oa enfin en taillant un lambeau quadrilatère à bord supérieur. On divisera ensuite audessus et au-dessous de la côte les muscles intercostaux qui s'y insèrent, ou plutôt on tâchera de les décoller avec le périoste. Ce décollement sera poursuivi, s'il se peut, à la face interne de la côte, en ménageant à la fois la plèvre et l'artère intercostale. Enfin il ne restera plus qvdk couper la côte, soit avec une scie, soit avec des cisailles.

Ordinairement la plèvre est épaissie au-dessous de la côte malade, et de plus adhérente au feuillet pulmonaire, en sorte que sa lésion même serait insignifiante, et n'ouvrirait pas la cavité pleurale. Richerand en a fait l'excision dans un cas où elle était jugée cancéreuse ; l'air se précipita à l'instant dans la poitrine, accident grave qui toutefois n'empêcha pas le malade de guérir.

Le même opérateur se montre fort effrayé de l'hémorrhagie foudroyante que devait lui donner la section des artères intercostales. Sa résection portait sur la sixième et la septième côte, dans la région du cœur; mais à sa grande surprise, il ne coula pas, dit-il, une goutte de sang. Je crains qu'il n'ait poussé aussi loin l'exagération dans sa joie que dans sa terreur; mais, au total, le danger de l'hémorrhagie est fort peu de chose. Si l'on suit le trajet des artères intercostales, on voit qu'à partir des articulatiojas costo-verlébrales jusque vers l'angle des côtes et même un peu au delà, chacune d'elles traverse obliquement de bas en haut l'espace intercostal correspondant. Au niveau de l'angle, elle se divise en deux branches, l'une inférieure, petite, qui longe quelque temps le bord supérieur de la côte qui est au-dessous, avant de se perdre sur sa face externe; l'autre supérieure, plus grosse, qui garde encore en chirurgie le nom d'artère intercostale, et qui se place dans la gouttière de la côte supérieure entre les deux muscles intercostaux. Après un trajet d'environ 8 centimètres, elle quitte cette gouttière vers le tiers antérieur de la côte, et regagne le milieu de l'espace intercostal, pour s'anastomoser avec les branches de la

mammaire interne ou se perdre dans les muscles de l'abdomen. On n'a donc à la redouter que depuis l'angle costal jusque vers iQ^.tiers antérieur de la côle ; et si les données qui précèdent n'avaient pas suffi pour l'éviter, c'est une artère de fort médiocre calibre, qu'il serait facile de lier au fond de la plaie.

Gûnther a réuni 70 cas de résection des côtes, mais le résultat! est connu seulement dans 49 cas, U fois la résection fut faite pour; des cancers^ 42 fois pour carie, 2 fois pour périostite, 1 fois pour cause non spécifiée il y eut 13 morts et 36 guérisons.

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