‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 172 sur 259 · RÉSECTION DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

RÉSECTION DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR

zygomatique au devant du tragus, divisant ainsi le nerf facial, l'artère du même nom et le conduit de Sténon.

On dissèque et l'on relève ce lambeau en rasant l'os autant que possible; après quoi on scie le corps de l'os en avant. Puis, écartant en dehors la moitié à désarticuler, on isole l'os à la face

FiG. 213.

RÉSECTION DU MAXILLAIRE ISFÉr.IECR.

A; Parties molles recouvrant le maxillaire ioférienr. — B, Lèvre inférieure. — G, Coupe du maxillaire inférieur. D, Langue. — E, Masséter coupe et reli'vé avec la peau, en avant bout supérieur de l'artère faciale. — F, Bucciiiat'Ur coupé. — H, Partie postérieure du ptérygoidien interne. — - II', Sa partie moyenne et extérieure coupée. — I, Art. faciale. — J, Nerf lingual. — K, Art. dent. iuf. — P, Ptérygoidien externe. — T; Apoph. coronoide.

interne, en rasant sa surface, pour éviter le nerf lingual, et en s'arrêtant au-dessous du col ; alors, abaissant l'apophyse coronoïde, on glisse en arrière un bistouri mousse à tranchant concave^ ou mieux des ciseaux courbes sur le plat, avec lesquels on coupe

MALGAIGNE. — MÉD. OFÉR. 8*" édit. I. — 24

de dedans en dehors le tendon du temporal. Puis, abordant Farticulation, on attire le condyle en avant pour diviser le ligament externe ; et enfin luxant le condyle en dehors, on divise avec d^s ciseaux tout ce qui reste de la capsule, et on termine en portant derrière le col un bistouri mousse pour couper le ptérygoïdien externe.

[ Maisonneuve a proposé et mis en pratique une manœuvre qui facilite beaucoup le dernier temps de l'opération et le plus difficile, la désarticulation. Après avoir détaché avec l'ongle ou l'extrémité de ciseaux maintenus fermés les insertions du masséter et du ptérygoïdien interne, il abaisse fortement le maxillaire, coupe avec des ciseaux courbes le tendon du temporal, puis imprimant à l'os un mouvement de bascule en bas et en même temps de torsion, il sépare l'os de ses rapports avec le périoste et l'arrache sans que l'articulation se trouve ouverte. Ce procédé a l'avantage de mettre à l'abri de la blessure de la maxillaire interne et d'abréger beaucoup l'opération ; mais il a l'inconvénient d'exposer à la fractura de l'os au niveau du condyle, et cet accident qu'on doit redouter quand le maxillaire est atteint de cancer devient une véritable complication. Il faut alors saisir le condyle avec un davier, et si l'arrachement était difficile, on le faciliterait en sectionnant verticalement sur sa face antérieure la capsule articulaire.]

Dans un cas où l'apophyse coronoïde très-longue ne permettait pas d'atteindre commodément le tendon du temporal, Lisfranc procéda à la désarticulation pour terminer par la section de ce tendon. J'ai eu à vaincre une difficulté de ce genre dont je suis venu à bout sans trop de peine, en substituant au bistouri les ciseaux courbés sur le plat.

Cette opération est beaucoup plus grave que les résections dans la continuité. Des trois premiers opérés, deux succombèrent, mais on avait lié préalablement la carotide. Koch cite ensuite quatre cas de Cusack, avec trois succès ; contre-balancés par deux autres d'Aderson et de Dzondi, terminés par la mort. Au reste, il serait utile de pousser plus loin cette statistique, mais surtout en vérifiant scrupuleusement tous les faits, qui ont été^ fréquemment défigurés.

Page 1