PROCEDE DE BUTCHER
de gangrène, et il préfère les couper en travers, dans l'espérance qu'ils se réuniront. En conséquence, il fait directement, à la face postérieure du poignet, une incision semi- circulaire, comprenant tout ensemble la peau et les tendons.
[Appréciation. — Parmi tous ces procédés un bon nombre n'ont été essayés que sur le cadavre, et quelques-uns, comme ceux de Roux et de Dubled, sont à peu près impraticables. On ne peut espérer pratiquer l'opération en respectant tous les tendons, puisque celui du long supinateur inséré au radius doit être sectionné, et il est presque impossible sur le vivant de ne pas conpcr les tendons des radiaux externes.
/i32 OPÉRATIOISS GÉNÉRALES.
Le procédé de Velpeau est plus théorique que pratique ; les tendons extenseurs mis à nu par la dissection d'un lambeau cutané, tiraillés, séparés pour opérer à travers leur écartement sera'ent voués à une exfolialion à peu près, sinon tout à fait certaine. Pour éviter toute difficulté, on a coupé en travers tous les tendons extenseurs comme dans le procédé de Stanley, ou en conservant seulement les tendons du pouce comme dans celui de Butcher. Or le procédé de Stanley plus ou moins exactement suivi par Erichsen, Fergusson et Lister dans des premières opérations adonné des résultats assez bons et même inattendus, puisque Ton a vu parfois le mouvement d extension se communiquer aux doigts par l'intermédiaire de la cicatrice. Du reste, Butcher a fait observer non sans raison que le principal mouvement était celui du pouce.
Pratiquement, le meilleur procédé est celui de Lister, car il ménage les tendons principaux tout en rendant l'opération relativement facile. Bœckel, en adoptant la môme incision radiale, supprime l'incision cubitale antérieure ; mais il se crée ainsi des difficultés que ne compense pas une amélioration notablement plus grande du résultat.
Un point important est le dégagement de la face antérieure des os du carpe, car on s'exposerait en procédant par dissection à ouvrir largement les gaines des fléchisseurs et à blesser l'arcade palmaire profoniie. Il faut donc saisir ces os les uns après les autres avec un davier, après avoir sectionné leurs ligaments dorsaux, et les énucléer. La difficulté principale siège au niveau du trapèze, du pisifcrme et de l'apophyse de l'os crochu; aussi est-il préférable de laisser tout d'abord en place les deux premiers os qu'on enlève s'il y a lieu à la fin de l'opération, et l'on coupe avec des cisailles l'apophyse de l'os crochu.
Si, maintenant, en dehors de la préférence à donner à tel ou tel procédé, nous recherchons quels sont les résultats obtenus par la résection, ils nous paraîtront tout d'abord assez défectueux.
Champion avait vu pratiquer cette résection par Moreau père, -en 179^ ; le sujet avait succombé. Roux a mis son procédé en usage dans un cas où il put se borner à la résection du radius et du cubitus ; un an après, la main restait sans mouvement, et de nombreuses fibtules rendaient l'amputation imminente. Le procédé de Stanley a été appliqué par Erichsen, par Fergusson : chez le premier sujet, la résection porta sur le radius, le cubitus, et la première rangée du carpe ; l'opéré succomba au bout de dix mois, avant même d'avoir vu sa plaie cicatrisée. Fergusson enleva une fois la plupart des os du carpe, en se bornant à nettoyer avec la gouge l'extrémité articulaire du radius. Six mois après, il fallut