‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 179 sur 259 · RÉSECTION DU RADIUS · texte numérisé non relu

RÉSECTION DU RADIUS

procéder à une nouvelle résection; trois mois plus tard, on sentait encore des os cariés au fond de la plaie. Sur un autre opéré, il emporta tous les os du carpe, à l'exception du trapèze, l'apophyse styloïde du radius et la base de trois métacarpiens ; au bout de neuf mois, le sujet fut renvoyé de l'hôpital avec une suppuration abondante et ne fut pas revu depuis. Un troisième était presque guéri^ dit l'observation, lorsqu'il mourut de phthisie. A peine si j'ose parler d'un autre individu opéré par Simon, par un monstreux procédé consistant en deux incisions longitudinales médianes, l'une sur le dos, l'autre à la paume de la main ; il enleva aussi tous les os du carpe, sauf le trapèze et le pisiforme, et réséqua la tête d'un métacarpien ; l'opéré mourut treize mois après^ sans cicatrisation. Butcher a appliqué son procédé sur une femme qui succomba le huitième jour.

[Souvent, quand les opérés ont échappé aux premiers périls, ils traînent pendant longtemps un membre aussi malade qu'auparavant, et pour lequel l'amputation est la dernière ressource. C^est ce qui est arrivé pour une malade de Bœckel, laquelle paraissait guérie lorsque Tobservation fut publiée ; mais Bœckel, dans son mémoire de 1867, nous apprend que la maladie a reparu et que l'amputation est la seule ressource. Ces cas sont assez fréquents, et il n'est pas douteux que la guérison complète soit assez rare. Cependant on en possède des exemples sur les opérés de Green, J. F. Heyfelder, Lister. Sur 15 résections faites par ce dernier chirurgien, il y eut 2 morts, 1 insuccès complet, 2 guérisons douteuses et 10 guérisons. Ce n'est donc pas, comme le disait Malgaigne dans la dernière édition de cet ouvrage, «une opération déplorable et qu'il est temps de rayer absolument delà pratique )) . Aucun appareil prothétique ne peut remplacer une main, même défectueuse ; la conservation est ici une règle dont il ne faut s'écarter que lorsqu'on ne peut faire autrement. L'immobilité complète du poignet longtemps prolongée, aidée de la compression^ procurera des guérisons à ceux qui les chercheront patiemment et assidûment; la résection trouvera ensuite sa raison d'être en cas d'insuccès. Quant à l'amputation, cet aveu d'impuissance de la part du chirurgien, on n'y aura recours qu'à la dernière extrémité.]

YL — Résection de l'extrémité articulaire du radius.

On dit que cette résection a été pratiquée deux fois sur l'os luxé à travers les téguments : d'abord par Cooper de Bungay, et le

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A3i OPÉRATIONS GÉNÉRALES.

sujet, ajoute-t-on, ne perdit que peu ou point de la force et des mouvements de f articulation: puis par Saint-Hilaire, avec ua succès analogue. Mais il est inGniment probable que la prétendue luxation était une simple disjonction de l'épiphyse ; et Saint- HUaire, par exemple, raconte naïvement que la surface articulaire du radius était dépouillée de son cartilage.

Au total cependant, on n'a pas à craindre ici l'ouyerture de la grande synoviale médio-carpienne ; on reste aussi bien loin des synoviales des tendons flécbisseurs, et enfin on ne dépouille pas dans une aussi grande étendue les tendons extenseurs. Tout dansrer n'est pas écarté pour cela, et cette résection pratiquée par Roux, Texlor, Beck, Bucbanec, a été suivie de mort. Nous avons en revanche sept cas où les sujets ont réchappé, et ont même conservé un certain nombre de mouvements. Hublier a enlevé l'extrémité articulaire du radius dans un cas de fracture comminutive ; à l'aide de fortes pinces, il alla saisir l'un après l'autre les fragments articulaires, qu'il sépara en tournant du côté des os la pointe du bistouri. En sept semaines, la cicatrisation était complète , cinq mois plus tard, on disait que la malade consei-vait les mouvements de tous les doigts, sauf de l'auriculaire, et l'on espéiait qu'elle pourrait dans la suite reprendre ses travaux habituels; mais l'observation s'est arrêtée là. Moreau fils a aussi réséqué l'extrémité du radius frappée de carie ; l'opérée, dit-il, avait conservé les mouvements des doigts et même ceux du poignet ; mais il ne l'avait pas revue et n'en parlait que d'ouï dire. Enfin Piicord a donné une observation plus complète, et smlout avec une modification heureuse du procédé opératoire.

Procédé de Ricord. — Il fit une incision longitudinale sur le bord externe du radius, prolongée en bas jusqu'au-dessous de Tapophvse styloïde, après avoir préalablement attiré la peau en arrière, pour prévenir le parallébsme entre la plaie extérieure et celle des parties plus profondes. Le radius fut ensuite isolé dans tout son tiers inférieur à l'aide d'un bistouri courbe .sur le plat, en erattant sur l'os, de manière à ménager les muscles et leurs tendons. Puis à l'aide de la scie à chaîne on le scia vers l'union du tiers moven avec le tiers inférieur ; et enfin, en écartant les bords de la plaie avec des crochets mousses, on divisa avec le bistouri les ligaments externes et antéro-postérieurs de l'articulation radio carpienne ; après quoi l'articulation radio-cubitale ne nécessita que deux coups de cisailles de Liston.

Il fallut six mois pour obtenir la cicatrisation Un an plus tard, le sujet fut présenté à l'Académie : la main, bien quen partie lyriv''?

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