RESECTION DE LA CLAVICULE
arrière de l'os. On pourrait également recourir à la scie à chaîne ou aux cisailles. 11 faut ensuite relever le fragment interne, afin de pouvoir plus facilement détacher de sa face postérieure le muscle sous-clavier et le ligament costo-claviculaire. Sédillot recommande à cet effet le tire-fond implanté au centre de l'os; le davier me paraîtrait plus commode encore. Ce chirurgien ajoute que le temps le plus difficile fut la section des ligaments postérieurs de l'articulation sterno-claviculaire, la sous-clavière (c'était du côté gauche) soulevant à chaque battement toute la surface delà plaie. Il serait fort simple, en pareil cas, de glisser un morceau de cuir ou de carton sous l'articulation.
[A. Cooper rapporte l'histoire d'une malade à laquelle Davie (de Bungay) réséqua l'extrémité interne de la clavicule luxée en arrière du sternum et comprimant l'œsophage de manière à rendre la déglutition difficile. Wutzer fit l'opération chez un enfant de dix ans pour une carie, Pu^noli pour une fracture suivie de nécrose^ Chassaignac pour une nécrose consécutive à une fracture spontanée chez une femme syphilitique.]
^t"" Ablation complète de Vos. — Pratiquée avec un plein succès par V. Mott, dans un cas d'os'éosarcome. La tumeur avait le volume des deux poings réunis, et s'étendait en haut jusque près de l'os hvoïde et de l'ande de la mâchoire.
Le chirurgien commença par une incision en demi-lune à convexité inférieure, étendue d'une articulation à l'autre, au-dessous de la tumeur ; il en fit une autre supérieure, étendue de f acromion au bord externe de la jugulaire externe, coupa le peaucier et une portion du trapèze, passa une sonde cannelée sous l'os, près de l'acromion, puis une scie à chaîne, et fit une première section en cet endroit. Ne pouvant néanmoins renverser encore la tumeur, il réunit en dedans la première incision avec la seconde, lia la jugulaire externe sur deux points, et en fit la section dans l'intervalle ; coupa encore la portion externe du sterno-mastoïdien, fut obligé dorlier et de diviser la jugulaire interne, de séparer avec le manche du scalpel la veine sous-clavière et même le canal thox'acique des tissus dégénérés; revint en bas diviser le muscle grand pectoral, le Hgament costo-claviculaire, le muscle sous-clavier, et termina enfin la désarticulation de l'os près du sternum. Plus de quarante ligatures furent faites. La plaie était à peu près guérie un mois et demi après ; et, moyennant une machine appropriée remplaçant la clavicule, l'opéré conservait presque tous les mouvements du bras.
[Meyer (de Zurich) enleva également avec succès toute la clavicule cariée chez un homme de trente et un ans. Un jeune homme
AbO OPÉRATIONS GÉNÉRALES.
•de vingt et un ans, opéré par Wedderburn, conserva, comme le malade de Mott, tous les mouvements du bras. Les opérés de Roux, de Warren, moururent, l'un trois jours, l'autre treize jours apr^s F opération.
Le procédé par trois incisions, circonscrivant un lambeau quadrilatère, paraît préférable ; mais, quelle que soit Tincision employée, il faut avoir grand soin, quand on opère pour une carie ou une nécrose, de détacher et de conserver le périoste. Outre qu'on est ainsi beaucoup plus à l'abri de la blessure des vaisseaux sousclaviers, on peut espérer voir la clavicule se reproduire en grande partie; c'est ce qui est arrivé dans les cas de iMoreau (1765), Vinson (de la Réunion), Meyer (de Zurich), bien que le périoste n'ait été conservé q l'accidentellement, et parce qu'en raison de la nature du mal il adhérât aux parties molles, tandis qu'il se détachait de l'os.
J'ai eu récemment (juin 1873) l'occasion de pratiquer l'ablation complète de la clavicule dans un cas où cet os s'était nécrosé en quelques jours à la suite d'une périoatite phlegmoneuse aiguë chez une jeune fille de dix huit ans. La diaphyse s'était séparée spontanément au niveau de l'extrémité articulaire sternale ; l'extrémité externe, dont le périoste s'était en partie détaché, présentait les lésions déjà avancées de l'ostéite, bien que la maladie ne datât que de quelques jours. Le périoste laissé intact reproduira- t-il la clavicule? C'est le secret de l'avenir. Je ne connais qu'un seul cas analogue : celui de Vinson, On eut le tort de laisser la clavicule, ■spontanément détachée à son extrémité interne et saillante hors de la plaie, se détacher d'elle-même à son extrémité acromiale, ce qui n'eut lieu qu'après quatre mois d'une abondante suppuration. •Cependant le malade guérit.]