‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 19 sur 259 · Procédés d'application de la ligature · texte numérisé non relu

Procédés d'application de la ligature

La première règle est de choisir un lien suffisamment fort pour les parties qu'il doit embrasser,

La nature du lien avarié ; on l'a choisi en soie, en fil de chanvre, en ficelle ou en fil métallique, soit de fer, soit d'argent recuits : toutes ces substances peuvent avoir leur utilité. Si le fil est de soie ou de chanvre, on le frotte de savon afin qu'il glisse mieux. Pour étreindre lentement le pédicule d'un spina-bifida, Page s'est servi d'un cordon de caoutchouc.

Une autre règle, non moins importante, est de n'embrasser qu'une épaisseur modérée de tissus : Qui trop embrasse malétreint (Mayor).

Enfin, on recommande de ne pas comprendre la peau dans la ligature, à moins que le pédicule ne soit très-étroit, ou que la peau ne soit ulcérée ou dégénérée. La section de la peau sous la ligature est très-lente et très-douloureuse, de plus la peau protège les parties qu'elle recouvre contre la pression du fil; aussi, lorsque le pédicule de la tumeur est volumineux, il est utile souvent de diviser la peau avec le bistouri à l'endroit où doit être appliquée la ligature.

Les procédés varient selon le volume des parties.

Premier procédé. — Lorsqu'on n'a qu'une légère couche de tissus à diviser, il suffit de la comprendre dans un anse de fil transformée en anneau par un nœud fortement serré ; la suture entrecoupée n'est pas autre chose. Or, de même qu'on a réuni les plaies par d'autres sutures, dites entortillées et enclievillées, on comprend que l'on peut étreindre les tissus en entortillant le fil sur une épingle ou en le serran* sur des chevilles ; de là l'erreur de

LIGATUKK.

iielcjues chirurgiens, qui ont donné le nom de sutiur à des ligaures serrées de cette manière, comme nous le v(!rrons à l'article

<1 tui

des Tumeurs érectiles.

FiG. 18.

Nœud doulile.

Nœud du cliinirifieu.

Si, au lieu d'une simple division, on a à étrangler une tumeur pédiculée, on serre de même l'anse de fil autour du pédicule.

Lorsqu'enfm la tumeur affecte une forme conoïde, et que le fil glisse de la base vers le sommet, on le retient à la base, soit avec les doigts, soit en implantant sur la base même les crochets d'une pince à érigne jusqu'à ce que la striction soit assurée (Mayor). Le premier effet de la ligature est alors de pédiculiser la tumeur.

Deuxième "procédé. — Quand la base est trop épaisse, on passe au travers une aiguille armée d'un fil double. On isole les deux portions du fil, et on lie séparément chaque pédicule. Ce procédé paraît avoir été appliqué dès l'époque d'Hippocrate pour les hémorrhoïdes.

Tumeur péJiculée par la ligature au moyen de deux épingles placées en croix.

On peut tout aussi bien passer à travers la base des tumeurs une épingle qu'on laisse à demeure, ou deux aiguilles en croix sous lesquelles on serre un lien unique ; procédé déjà connu de Celse, et

MALGAIGNE. — MÉD. OPÉR. 8^ édlt. 2

qui empêche à la fois la ligature de glisser et favorise la pédiculisation de la tumeur.

Troisième procédé (Mayor). — Applicable aux tumeurs à base très-large, et qu'on veut lier en plusieurs portions. On se sert d'une grosse aiguille d'acier non trempé, pour qu'elle puisse prendre la courbure convenable et pour qu'elle risque moins de se casser; sa longueur et sa grosseur étant proportionnées d'ailleurs au lien employé et au trajet à parcourir. Soit, par exemple, une tumeur allongée verticalement, et que l'on veut lier en trois portions. On enfile l'aiguille avec un long fil, dont les deux bouts seront d'égale longueur; on la dirige par-dessous la tumeur, d'abord au niveau du tiers inférieur de"^^ celle-ci et degauclie à droite, puis de droite à gauche au niveau du tiers supérieur. Si l'on coupe le fil au niveau du chas de l'aiguille, en

FiG. 20.

Ligature suivaut le procculé de Rigal (de Gailla'>). — fassage du lit double.

retirant celle-ci, on aura d'abord une anse de fil libre, qu'il ne s'agit que de serrer pour étrangler la portion moyenne de la tumeur,

LIGATUHE.

après quoi, en coup:inl au milieu Taulre boni du fil, on en fera deux nouvelles anses, l'une poui' la poilion supriieure, l'autre pour la portion inférieure. Un arriverait au même résultat en

FiG. 21.

.Mi'^uie ligature api es li striction des an^es de lil,

armant le fd de deux aiguilles qui traverseraitnl a^ors Iri tumeur dans le même sens.

A chacune des anses de fil ainsi placées (fig. 20), Rigal

FiG. 22.

-Ligature passée au moyen de quatre aiiruilles et de quatre Dis séparés.

ajoute une épingle qui traverse aussi la tumeur à sa base, juste au mdieu de l'anse ; les fils passent sons les extrémités saillantes de

l'épingle qui les retient dans la striction. C'est l'application du procédé de Celse aux ligatures multiples.

Lorsque la tumeur est trop volumineuse ou trop allongée pour pouvoir être prise entre trois anses de fil et qu'on est obligé de placer un plus grand nombre de ligatures, on peut avoir recours à trois procédés. Le premier consiste à traverser la tumeur avec autant d'aiguilles et de fils qu'on veut placer d'anses. Le fil entraîné par Faiguille A (fig. 2 "2) formera une anse avec les deux extrémités A' A" devenues libres après que l'aiguille aura été retirée par la section du fil à ce niveau, comme cela est supposé efTectué pour Taiguille B. Le fil A'^ s'unira avec le fil B' pour former une deuxième anse. Les fils B" et C formeront la troisième en se nouant en 0. L'anse formée par les fils C" et D', noués en P, est complétée par le second nœud en P' qui, en se serrant, complétera la striction. Cette manière de placer les ligatures est très-défectueuse, car elle multiplie les nœuds et augmente les chances de voir les anses se desserrer en rendant la striction incomplète.

FiG. 23.

Liijatm-e passée an moyen de cinq aiguilles eiililées sur un seul fil.

Le deuxième procédé (fig. 23) consiste à enfiler un mémefû simple avec un nombre d'aiguilles en rapport avec le nombre d'anses qu'on veut placer dans le centre de la tumeur. On a toujours comme dans le premier procédé ci-dessus décrit une anse de plus que le nombre

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