LIGATURE
(l'aiguilles (employées. Une fois le fil coupé au niveau des aiguilles, il suffit de serrer les extrémités des anses devenues indépendantes pour comprimer toute la tumeur. Toutefois, ce procédé a l'incon-
FiG. 2li.
Passage du fil dans le protétlé d'Ei'iclisen.
vénient de causer un peu d'embarras au chirurgien par l'emmêlement du fil entraîné par trois ou quatre aiguilles.
FiG. 25.
Procédé d'Ericbsen, séparation des anses par la section du fil.
Le troisième procédé, décrit par Ericlisen, n'a pas ces inconvé-
nients. Une longue aiguille est enfilée dans le milieu (Viin fil blanc solide, long d'un mètre au moins, et dont la moitié a été colorée en noir avec de l'encre, l'autre moitié restant avec sa couleur primitive. L'aiguille, après avoir traversé cinq fois, par exemple, la tumem% forme quatre anses doubles (2, 3, Zi, 5), fig. 24. En coupant d'un côté toutes les anses noires, et, de l'autre côté, toute les anses blanches (fig. 25), on a six anses qui, étant serrées, étranglent toute la tumeur.
Ce passage des aiguilles demande quelques précautions. Il faut aller lentement, guider l'aiguille à son entrée avec l'indicateur droit, et l'attendre à la sortie avec l'indicateur gauche. Si la base de la tumeur touche à des organes importants, au lieu de passer l'aiguille par-dessous, on lui fait traverser la tumeur même, en l'introduisant toujours par le côté le plus périlleux, et la faisant sortir du côté où l'on a le moins à craindre.
Mais il faut bien reconnaître que cette manière de faire peut avoir l'inconvénient de laisser une partie de la tumeur en dehors de l'action de lahgature et d'exposer à des récidives. En se servant d'un artifice très-simple, on peut dans ces cas employer des aiguilles à peu près mousses. La peau étant la' seule partie très- résistante, on peut, une fois la peau traversée, faire cheminer sans grande difficulté, à travers les tissus sous-jacents, une aiguille assez peu piquante pour qu'une artère fuie devant sa pointe ; il faut donc dans ce cas faire avec un bistouri très-aigu une petite ponction à la peau, à l'endroit où l'on veut faire pénétrer l'aiguille mousse, et lorsqu^'elle reparaît de l'autre côté de la tumeur sous les téguments qu'elle soulève, mais qu'elle ne peut perforer, une seconde ponction faite sur le point saillant permet à l'aiguille de sortir à l'endroit voulu. Si cependant, quelle qu'en fût la cause, le passage de l'aiguille déterminait une hémorrhagie, le mieux serait de laisser l'aiguille en place et de jeter sur elle un fil comme on le ferait pour une suture enchevillée. Si cette manœuvre ne réussissait pas on pourrait, avec le fil mince que porte l'aiguille, entraîner un gros fil ou une petite mèche imbibés de perchlorure de fer.