PROCÉDÉS HÉMOSTATIQUES APRÈS LES OPÉRATIONS
Le sang, après l'opération, peut s'écouler par les artères, parles veines et par les capillaires.
L —~ Hémorrhagies éapiltaires;
Les tissus^ au moment de leur division, se rétractant à un degré plus ou moins considérable, les vaisseaux capillaires, comprimés par ce mouvement de réaction, cessent d'ordinaire presque aussitôt de donner du sang; mais chez quelques sujets, soit par idiosyncrasié
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ou par quelque diathèse morbide, le sang continue de couler en nappe. Souvent aussi, quelques heures après le pansement, cette hémorrhagie, d'abord arrêtée, reparaît.
Quelquefois la réunion immédiate suffit pour boucher tous ces petits vaisseaux, d'autres fois^ le sang se fait jour malgré elle.
1° Exposition à l'air. — Après avoir soigneusement enlevé tous les caillots de la surface de la plaie, à Taide d'une éponge imbibée d^eau froide, qu'on exprime d'une certaine hauteur sur la plaie et qu'on applique tour à tour, on laisse la surface saignante exposée à l'air durant une demi-heure, ou même pendant trois à cinq heures, recouverte d'une simple compresse sans bande ni appareil, et l'on ne pose l'appareil qu'au bout de ce temps. Cette manière d'agir est assez généralement adoptée.
Quand l'hémorrhagie revient après l'application de l'appareil, on enlève complètement celui-ci et l'on met la plaie à l'air. Il faut rechercher alors si le bandage n'était pas trop serré, si la position n'était point gênante ou déclive ; et un bon moyen est d'élever la partie le plus possible.
T' 2° Styptiques. — Si ce premier moyen ne réussit pas, on recourt à l'application de diverses substances que nous comprendrons sous le titre général de styptiques. Tels sont :
Les réfrigéranis : les aspersions d'eau très-froide ; les applications de compresses mouillées, soit sur la plaie, soit aux environs; l'application de la glace pilée; les lotions évaporantes avec l'eau et l'alcool, l'eau et l'éther, le mélange de Schmucker, ou enfin le camphre en poudre étendu entre deux linges mouillés, que l'on arrose quand l'eau est évaporée.
Les absorbants : substances molles et spongieuses, comme la charpie, l'éponge fine et sèche, l'amadou, l'agaric de chêne, préférable aux précédents, et enfin la toile d'araignée, plus puissante que tout le reste; ou bien à l'état pulvérulent, comme la gomme arabique en poudre, la fibrine du caillot séchée et pulvérisée, etc. On étend ces poudres en nappe sur la plaie, ou bien on en imprègne des boulettes de charpie. Les Arabes faisaient aussi grand cas du poil de lièvre.
Les astringents : soit en poudre, comme l'alun, la "colophane, le benjoin ; soit à l'état liquide, comme les solutions de sulfate de fer ; de sulfate de cuivre, d'alun, de nitrate d'argent^ de perchiorure
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du fer, l'eau vinuigiée, le suc de citron, l'eau de Uabel, l'eau créosotée, l'eau de Binelli.
3° Cautérisation. — On emploie ici rarement les caustiques. Cependant le nitrate d'argent réussit assez bien pour les piqûres de sangsues, et j'ai eu recours quelquefois au chlorure de zinc en pâte 01.1 en solution.
Mais c'est au cautère actuel que l'on donne généralement la préférence. Son application est soumise ici à des règles plus rigoureuses que les cautérisations simples. L'expérience a démontré : 1° que, quand le cautère n'est chaud qu'à demi, soit qu'on l'ait laissé refroidir, soit qu'il ait été éteint par les flots de sang, il s'attache plus ou moins àl'eschare qu'il ramène, et le sang continue de couler; 2° qu'il s'attache de même quand, ayant été appliqué trèschaud, on le laisse trop séjourner sur la plaie; 3° que quand l'eschare est peu épaisse, elle tombe trop promptement, et l'hémorrhagie recommence. De là ces conditions essentielles : que le cautère soit chauff'é à blanc, appliqué promptement, retiré avant qu'il ait cessé d'être rouge ; que la surface de la plaie soit complètement abstergée de sang et de liquide au moment de l'application; enfin, que- l'eschare ait une épaisseur suffisante. Si donc le premier cautère avait agi trop superficiellement, on en réappliquerait un second, suivant les mêmes principes (Percy).
/i° Compression. — Exercée par les doigts d'un aide, si la plaie est petite ; quelquefois par les lambeaux mêmes, si elle est plus grande. D'ordinaire, on forme avec des boulettes de charpie ou des disques d'agaric une sorte de pyramide appliquée par sa base sur la surface saignante, et maintenue par une bande ou un appareil approprié.
Enfin, on peut recourir, selon les cas, au tamponnement, qui n'est qu'une variété de la compression directe, ou à la ligature médiate, suivant des procédés qui seront indiqués plus tard ; ou enfin à la compression des artères principales du membre. J'ai vu un cas d'hémorrhagie capillaire, survenue à quatre plaies de la cuisse et de la jambe, que. je ne pus arrêter que par la compression de l'artère fémorale sur le pubis.
Il est quelques cas difficiles où l'on veut tenter la réunion par première intention, et où les procédés indiqués échouent ou ne conviennent point. Dans une opération de blépharoplastie pratiquée par Dieffenbach, le sang, coulant en nappe, empêchait d'appliquer le lambeau. Le chirurgien frictionna d'abord la plaie avec de la charpie sèche, tenta ensuite la ligature en masse maintenue seulement une
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ou deux minutes; tout avait échoué. Il épongea alors fortement la plaie, appliqua immédiatement le lambeau, comprima dessus pour chasser le sang qui se serait accumulé daus la plaie, fit ses points de suture à T accoutumée ; après quelques minutes, Thémorrhagie avait disparu , et la réunion s'opéra par première intention.
Enfin, chez des sujets à tendance hémorrhagique, et surtout lorsque le sang affaibli par des pertes antérieures coule presque comme de l'eau, tous ces moyens échouent l'un après l'autre ; or en est réduit à les associer, à les accumuler, sans pouvoir répondre du résuhat. J'ai vu, dans im cas d'amputation sous-astragalienne, le sang suinter opiniâtrement de toute la surface de la plaie pendant prés de dix heures ; et déjà on songeait à la transfusion comme ultime ressource, quand une dernière application d'alun mêlé à la poudre de benjoin réussit, contre toute espérance, à arrêter enfin le sans.