DE L'ONCLE INCARNÉ. H
on trois niôlliotles secondaires, selon qu'on se borne à corriger la (liroclion de l'ongle , ou bien qu'on enlève l'ongle en paitie ou en lotalilé , ou enfin qu'on s'allaquc à sa matrice même.
Première méthode. Ablation des chairs. — On emploie à cet effet le bistouri ou les causiiques. Lisfranc préférait le premier.
Procédé de Lisfranc. — On enfonce à plat, de dedans en dehors, la pointe d'un bistouri droit immédiatement entre l'ongle et les chairs qui le recouvrent, de manière à comprendre tout ce qui dépasse le niveau. On achève le lambeau du côté de l'exlrémilé de Torteil ; puis, en le soulevant et en retournant le bistouri, on le détache à sa base.
Levrat-Perroton donnait au contraire la préférence à la potasse caustique, employée comme il a été dit (voy. p. /42) ; seulement en proportionnant l'ouverture de l'emplâtre et la quantité de potasse à l'étendue des chairs à enlever.
Deuxième méthode. Déplacement des chairs. — Au lieu de retrancher les chairs malades, on a cherché à dégager l'ongle en raccourcissant la peau exubérante.
Procédé de Guyon. — On fait transversalement aux deux exlrémités des chairs ulcérées deux incisions, qu'on réunit par une troisième. On détache ainsi un petit lambeau quadrilatère dont la base répond à la partie malade. Ceci fait, on enlève de la face latérale de l'orteil une portion de peau (B A) correspondant au déplacement qu'on veut obtenir; en réunissant par la suture le bord du lambeau et le bord de la plaie ainsi agrandie, on tire sur l'ulcère et Ton dégage le bord incarné de l'ongle.
FiG. 77.
Procédé de Guyon.
Troisième méthode. Hedressement de l'ongle. — C'est assuré-
Hà OPÉRATIONS GÉNÉRALES.
ment la méthode qui va le moins directement au but ; elle semble cependant assez bien indiquée dans les cas où l'ongle a contracté une courbure anormale.
Procédé de Desaidt. ■ — Il se servait d'une lame de fer-blanc, longue de U centimètres et d'un centimètre de large, dont il introduisait l'extrémité légèrement recourbée entre l'ongle et les chairs. De cette façon, il soulevait l'un et déprimait les autres, garnies préalablement d'une petite compresse enduite de cérat ; puis, recourbant la lame de dedans en dehors, de manière qu'elle embrassât exactement le bourrelet formé par les chairs, il la maintenait dans cette position à l'aide d'une bande roulée autour du gros orteil.
Je ne citerai que pour mémoire les procédés de Richerand, qui employait une lame de plomb ; de Dudon qui préférait des agrafes d'argent, etc.
Quatrième méthode. Ablation de l'ongle. — Quelques-uns ont essayé d'amincir avec un grattoir le milieu de l'ongle pour en rapprocher ensuite les deux moitiés. Guilmot a eu l'idée de couper l'angle interne de l'ongle, pour que la pression de l'empeigne cessât de le repousser en dehors et d'enfoncer dans les chairs son bord externe.
Cela n'est vraiment pas sérieux. Il n'y a ici que trois procédés qui méritent d'être reproduits : 1° l'ablation de la portion incarnée de l'ongle ; 2° l'ablation de tout un côté de l'ongle ; l'ablation de l'ongle tout entier.
1° Ablation de la portion incaniée de l'ongle. Procédé de Fabrice d'Acquapendente. — Il isolait d'abord l'ongle de la chair avec un peu de charpie ; puis, avec des ciseaux, il coupait en long sa portion incarnée jusqu'au point où elle adhérait aux chairs, et, la saisissant avec des pincettes, il l'arrachait, sans user d'aucune violence, d'avec le reste de l'ongle. Il recommençait le lendemain et les jours suivants, jusqu'à ce que toute la portion incarnée fût complètement arrachée.
C'est ce procédé que j'ai adopté en le simplifiant, et qui est surtout facilité par ce fait curieux d'anatomie, que la portion incarnée a cessé en grande partie d'adhérer aux chairs sous-jacentes. J'incise donc avec précaution, avec les ciseaux ou la pointe d'un bistouri, toute la portion incainée de l'ongle jusqu'à l'endroit où il sort de sa matrice; je la saisis avec la pince à disséquer et je l'attire en haut et en dehors, de manière à la déchirer : elle se