‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 45 sur 259 · Ouverture des abcès très-profonds · texte numérisé non relu

Ouverture des abcès très-profonds

Lorsque la fluctuation demeure obscure, ou qu'on a aménager des organes importants, on a recours aux procédés suivants.

Premier procédé. — On se sert d'un bistouri convexe, et l'on divise couche par couche toutes les parties qui recouvrent l'abcès, en s' assurant avec le doigt à chaque incision de la position des organes à éviter, et en essayant de mieux saisir la fluctuation.

Beuxiéme procédé. — On pratique une première incision à la peau ; puis, avec une sonde cannelée ou le manche d'un scalpel, ou mieux encore avec le doigt, on écarte les tissus, on déchire les brides du tissu cellulaire qui font obstacle à cet écartemeut, et l'on arrive ainsi au foyer purulent, sans employer l'instrument tranchant.

Troisième procédé. — Après avoir incisé couche par couche une épai-seur notable des tissus, si l'on n'ose aller plus loin, soit par crainte d^ léser certains organes, soit pour attendre que l'abcès soit mieux formé et s'ouvre de lui-même, on s'arrête avant de pénétrer jusqu'au foyer, et l'on remplit la plaie avec de la charpie. Après quelques jours, l'abcès se fait jour parla plaie, même quand elle n'aurait pas répondu directement à son centre ; ce qui s'explique,

d'une part, parce qu'on a diminué en ce point la résistance des parois de l'abcès ; d'autre part, par la propagation jusqu'au foyer purulent de l'inflammation développée dans la plaie.

Graves (de Dublin) a appliqué ce procédé aux abcès du foie ; j'ai vu Dupuytren y recourir avec succès pour un abcès profond de la cuisse.

Page 1