‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 50 sur 259 · Kystes sébacés · texte numérisé non relu

Kystes sébacés

Anatowie. — Formés par le développement des utricules sébacés de la peau, quand ces kystes sont très-petits, on les nomme tannes, et leur orifice se trahit par un point noir à l'extérieur. ]\]ais souvent cet orifice n'existe plus ; Ui tumeur prend un volume très-considérable ; elle contient tantôt un liquide visqueux, transparent ou blanchâtre ; ou une substance pulpeuse ressemblant à du miel, de la bouillie, du suif épaissi, du son mouillé, etc. Les parois semblent formées de lames cartilagineuses, et adhèrent peu ;iu tissu cellulaire sous-jacent.

On a proposé contre ces kystes les injections, le séton, la cautérisation avec la potasse quand la tumeur est volumineuse, avec l'acide nitrique pris au bout d^une paille ou d'une plume quand elle est petite (Tenon), V incision, l'excision, V extirpation. Cette dernière seule mérite d'être conservée.

Extirpation. Procédé orcïinaire. — On incise en lonçr avec un bistouri convexe la peau qui recouvre la tumeur, sans entamer le kyste, si c'est possible. Alors on le sépare du tissu cellulaire ambiant, soit avec le bistouri, soit avec une spatule, en le soulevant et l'attirant avec les doigts ou une érigne, ou à l'aide d'un fil dont on l'a traversé.

Procédé cl' A. Cooper. — Quand le kyste est ancien et à parois consistantes, le chirurgien l'incise du même coup que la peau, le vide en partie ou en totalité de ce qu'il renferme ; puis, détachant ses parois de la peau dans une petite étendue, le saisit fortement entre le pouce et les doigts munis d'une compresse, de peur de glisser, et arrache tout le kyste à l'aide d'une traction suffisante,

qu'on favorise en déchirant le tissu cellulaire avec le pouce de la main gauche. C'est aussi le procédé que suivait Dupuytren : l'opération, peu douloureuse, ne dure pas une minute.

Lorsque le kyste est d'un petit volume, je le divise du même coup que les téguments, et j'en opère l'énucléation à l'aide de la spatule.

Toutes les opérations^ sanglantes pratii:[uées pour la destruction et l'extirpation des tumeurs sébacées exposent à l'érysipèle ; une méthode beaucoup plus simple et sans danger doit leur être préférée. Elle consiste à faire sur le sommet de la tumeur une cautérisation linéaire avec un peu d'acide nitrique monolujdralé ; un morceau de bois, une simple allumette, suffisent pour cela. On obtient ainsi une eschare jaunâtre et molle qui doit être proportionnée au volume du kyste. Après avoir tracé l' eschare linéaire, on enfonce à son centre l'extrémité effilée d'une alluniette, trempée également dans l'acide nitrique, de manière à pénétrer jusque

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Cautérisation des tannes. — Celle qui se trouve au-dessus de l'oreille a été cautérisée et montre son eschare linéaire. Sur le coté, kyste après l'extirpation surmonté do l 'eschare qui y adhère.

dans le kyste. Le travail inflammatoire amené par l'élimination de l'eschare suffît pour détacher le kyste de la peau qui le recouvre.

et lorsque Tescliarc est devenue libre sur les bords, il suffit de la saisir avec une pince pour enlraînor avec elle le kyste qui se présente sous forme d'une petite boule blancbalre (fig. 83). Il est important, pour éviter l'érysipèle, de ne pas avoir le moindre écoulement de sang ; il est donc prudent de ne rien brusquer et d'attendre pour retirer l'escliare que sa séparation soit complète,

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