‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 56 sur 259 · II. — Des lipomes · texte numérisé non relu

II. — Des lipomes

Les lipomes, ou tumeurs graisseuses, adhérent généralement (rès-peu aux tissus voisins. Il suffit pour l'ordinaire d'une incision qui mette largement à nu la surface de la tumeur, après quoi on se sert du doigt pour la détacher et l'énucléer. Si sa face extérieure adhérait aux téguments, on la disséquerait avec le bistouri jusqu'au point où la mollesse des adhérences permettrait de se servir du doigt.

Tel est le procédé que je préfère. Si la tumeur offrait un trèspetit pédicule, sans doute on pourrait recourir à la ligature ou à l'écrasement; encore faut-il mettre en ligne de compte l'étendue de la cicatrice.

Enfin, chez de jeunes femmes qui redouteraient même la cicatrice linéaire laissée par le bistouri^ on pourrait recourir au broiement tel que l'a institué Bonnet (de Lyon).

Procédé de Bonnet. — On enfonce un ténotome à 2 ou 3 millimètres de la base de la tumeur; on passe sous la base de celle-ci en traversant son plus grand diamètre; et, retournant le tranchant du ténotome vers les téguments, on commence par diviser le lipome en deux parties égales; puis on en divise chaque moitié à droite, à gauche, en tous sens, de manière à le réduire en fragments ayant au plus l'épaisseur d'un centimètre. Il est bon de prolonger les incisions de 1 à 2 centimètres en dehors de la tumeur, afin de décoller la peau des parties sous-jacentes, et d'augmenter les surfaces par lesquelles la graisse du lipome doit être absorbée. Enfin, l'instrument retiré, il faut presser et malaxer avec force la tumeur entre les doigts, pour achever de rompre les cellules adipeuses qui auraient échappé à l'instrument tranchant.

Cette opération a besoin d'être répétée deux ou trois fois , à quinze jours ou trois semaines d'intervalle, pour les lipomes un peu volumineux; Bonnet excluait ceux qui dépassent le volume du poing. Il n'y a, en général, ni suppuration ni autres accidents; et au bout de deux ou trois mois, si l'opération est suivie de succès^ l'absorption réduit la tumeur à un noyau fibreux de peu de volume.

Malheureusement le succès est rare, et l'excision par le bistouri est encore le meilleur et le plus sûr moyen d'obtenir la guérison.

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