III. — Des tumeurs érectiles
On comprend sous ce nom générique des tumeurs fort diverses dans leur nature et leur volume, depuis certains nœvi materni jusqu'au tissu érectile accidentel, depuis les tumeurs variqueuses congénitales jusqu'aux anévrysmes par anastomoses. Ces derniers méritent d'être étudiés à part. A. Bérard en a fait trois classes, selon que la lésion porte sur les vaisseaux capillaires de la peau, sur les veines sous- cutanées, ou enfin sur les branches artérielles. On comprend par là la difficulté de bien apprécier la valeur des nombreux procédés qui ont été proposés, souvent sans distinction du vrai caractère de la tumeur.
La multiplicité de ces procédés faisait un véritable chaos de leur histoire, lorsque je les ai enfin ralliés à trois méthodes thérapeutiques générales. Ils ont tous en effet pour objet : V ou d'empêcher le sang d'arriver à la tumeur; 2" ou bien d'oblitérer par inflammation les vaisseaux dilatés dans la tumeur ; 3° ou enfin d'opérer la destruction et l'ablation de la tumeur.
Première méthode. — On pourrait l'appeler me7/ioc?e /iémostotique. Elle comprend cinq principaux procédés :
1'' Les topiques astringents et réfrigérants, moyens peu efficaces , qui ont cependant réussi une fois à Abernethy pour une tumeur congénitale assez étendue. Les badigeonnages au perchlorure de fer, ou l'application permanente de linges trempés dans une solution non caustique de ce sel ont quelquefois suffi à amener la guérison de nœvi materni. J'ai obtenu sur un enfant portant un naîvus de la paupière et de la partie voisine de la joue un succès remarquable après six mois d'application de cette méthode, (L. L. F.)
2° La compression, moyen infidèle, souvent dangereux quand la tumeur est volumineuse, mais qui peut être utile contre les tumeurs très-petites et situées de manière à pouvoir être exactement aplaties.
3° La ligature des arthes. — En comprimant les artères qui vont à ces tumeurs, on les voit devenir flasques, molles ; leurs battements disparaissent, leur volume diminue. De là l'idée de