‹ Manuel de médecine opératoire (volume 4)Chapitre 59 sur 259 · TUMEURS ÉRECTILES · texte numérisé non relu

TUMEURS ÉRECTILES

section horizontale; M/^Fayolle a employé les sections verticales.

VrocètU de Faijolle. — A3 millimètres de la base de la tumeur, on enfonce une épingle qui traverse d'un côté à l'autre, eu passant dans les tissus sains ; et l'on en place ainsi, parallèlement les unes aux autres, à intervalles égaux et plus ou moins rapprochés, autant qu'il en faut pour embrasser toute l'étendue de la tumeur. On passe ensuite autour des épingles un fd entortillé en huit de chiffre, comme dans la suture de ce nom, en prenant soin que ce fil passe successivement sous toutes les épingles, et soit assez serré pour que, s'il s'agit d'une simple tache, par exemple, elle soit convertie par le rapprochement de ses bords en un bourrelet saillant, allongé, et perpendiculaire à la direction des épingles.

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Tumeurs érectiles. Procédé de Fayolle.

Il convient de remarquer que la suture entortillée fait ici l'office d'une ligature simple, et serait remplacée par celle-ci avec autant d'avantages.

Troisième méthode. Ablation ou destruction de la tumeur. — On a employé ici tous les procédés usités contre les tumeurs en général : le bistouri, lahgature, l'écrasement linéaire, le fer rouge, les caustiques. Je pouuais renvoyer à ce qui en a été dit (page 13^), cependant il sera bon d'ajouter quelques mots.

1® Ablation par le bistouri. — Un précepte auquel on a attaché

MALGAIGNE. — MÉD. OPÉR. 8^ édit. I. — 9

li OPÉRATIONS GÉNÉRALES.

longtemps une grande importance était de s'éloigner autant que possible, dans la dissection, des limites de la tumeur, de peur d'avoir affaire, si l'on divisait la tumeur même, à une hémorrhagie en nappe presque incoercible. Cette précaution est sage pour les tumeurs d'un très-grand volume ; pour celles d'un volume médiocre, on peut l'omettre sans danger.

2° Ligature en masse. — L'application de la ligature à rablation des tumeurs érectiles remonte à A. Paré : « Celles gui sont médiocrement larges et esleuées en tumeurs, dit-il, seront liées selon leur largeur et grosseur, passant une aiguille au travers de leur racine en trois ou quatre endroits, plus ou moins, qui est le moyen de les faire tomber, n'ayant plus de nourrissement et de vie. »

Tous les procédés de ligature sont applicables ici, et la striction est suffisante en serrant les fils par un double nœud.. C'est pour ces sortes de tumeurs que Rigal a imaginé son procédé de suture (voy. p. 26), dont il a obtenu de très-beaux résultats, et que j'ai appliqué avec le même succès. La tumeur, ainsi étreinte à sa base, se mortifie enbloc, devient dure et noire, et, en se détachant, laisse une surface couverte de superbes bourgeons charnus,

3° Écrasement linéaire. — M. Chassaignac y a eu recours avec succès et sans qu'il y ait eu d'hémorrhagie.

k° Cautère actuel. — Maunoir en a obtenu un succès complet. Dupuytren le regardait comme un des moyens les plus puissants eî les plus rationnels ; mais les résultats étant plus graves que ceux de l'extirpation avec le bistouri, il convient d'en réserver l'emploi pour les tumeurs trop étendues, trop minces, trop confondues avec les tissus sains pour qu'il soit possible de les extirper ou pour consumer les débris du tissus morbide qui auraient échappé au bistouri.

5° Caustiques. — On a employé divefs" caustiques. Wardrop appliquait la potasse caustique, non pas pour cautériser la tumëûr>n masse, mais pour y déterminer une ulcération qui, d'après lui, s'étendait rapidement à la totalité du tissu érectile. A. Bérard, pour de petites tumeurs, préférait la pâte de Vienne ; mais la pâte de Vienne exposant aux hémorrhagies, Bonnet la réservait pour attaquer les téguments, et y substituait immédiatement la pâte de chlorure de zinc.

Appréciation. — On comprend que le choix entre les méthodes

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et les procédés dépend singulièrement du siège, de l'étendue, de la profondeur de la tumeur éreciile.

Pour les très-pelitcs tumeurs, l'ablation par la ligature ou les caustiques, et particulièrement par le chlorure de zinc, me paraît la méthode la plus simple et la plus efficace.

Pour les tumeurs volumineuses, où l'ablation entraînerait une trop large perle de substance et une cicatrice difforme, mieux vaut tenter de sauver les téguments; j'ai employé avec succès le procédé de Fayolle, et la ligature des vaisseaux de la base me paraît aussi mériter une attention sérieuse.

Pour les énormes tumeurs érectiles avec dilatation des artères, et qui siègent le plus souvent au crâne et à la face, la seule ressource mise en usage jusqu'à présent a été la ligature des carotides. Il est remarquable que ce moyen a réussi principalement pour les tumeurs érectiles de l'orbite, et^ le plus souvent, a échoué lorsqu'elles siégeaient ailleurs. J'ai proposé de combiner avec la ligature des carotides les irfcisions profondes à travers la tumeur ; la cautérisation en lignes profondes avec le chlorure de zinc et la cautérisation en flèches offriraient peut-être encore de plus utiles ressources.

Enfin, il est de ces tumeurs qui intéressent si profondément les membres, qu'elles ne pourraient être enlevées qu'avec le membre lui-même, et le plus sage est de n'y pas toucher.

Il y a cependant une circonstance qui doit faire modifier les procédés opératoires pour les tumeurs érectiles : c'est quand, étant si volumineuses que leur destruction entraînerait de trop grandes cicatrices, leur guérison sur place laisserait encore une tumeur difforme. L'ablation partielle peut, sans contredit, être tentée par les mêmes moyens que l'ablation complète. Je parlerai seulement des procédés qui ont été appliqués jusqu'ici avec succès.

Procédé de Lallemand. Excision et suture. — Dans un cas de tumeur érectile siégeant à la lèvre^ il enleva un lambeau en coin du centre de la tumeur, et réunit par la suture entortillée : la guérison fut prompte et complète.

Procédé de l'auteur. Excision combinée avec les ligatures verticales. — J'ai commencé par étreindre la base de la tumeur à l'aide d'épingles, comme dans le procédé de Fayolle, ou de fils doubles serrés sur un bout de sonde, comme dans la suture enchevillée. Puis, j'ai excisé avec les ciseaux ou le bistouri la portion exubérante de la tumeur, ce qui se fait sans hémorrhagie, attendu

la striction exercée par les ligatures ; et enfin j'ai réuni les bords de mon excision par la suture entrecoupée. J'ai ainsi obtenu deux remarquables succès.

Procédé d'A. Bérard. Excision consécutive. — A. Bérard attend que la tumeur ait subi la transformation fibreuse. Il avertit même de ne pas trop se hâter, car il a vu de ces tumeurs, ainsi guéries, continuer à s'affaisser pendant des mois et des années, jusqu'à rendre toute excision inutile. Si celle-ci paraît cependant nécessaire, il est bon d'être averti que le tissu nouveau offre une résistance' singulière, et ne se laisse diviser qu'avec difficulté.

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