LIGATURE DES ARTÈRES
Il faut ici se donner de garde de faire des incisions trop étendues. L'incision de la peau doit permettre de voir jusqu'au fond de la plaie; Fincision de l'aponévrose d'enveloppe doit avoir, pour la même raison, à peu près la même longueur. Mais, l'artère découverte, les dernières incisions n'ont plus d'autre objet que de permettre de l'isoler et de glisser par-dessous l'instrument qui porte
FiG. 138.
Incision, en dédolant, de la gaine des vaisseaux.
la ligature ; les prolonger au delà de ce qui est nécessaire est inutile et nuisible. La dissection de la gaîne celluleuse surtout doit
riG. 139.
Incision de la gaîne, sur la sonde cannelée.
être extrêmement restreinte, attendu qu'elle s'accompagne toujours
de la destruclion des vasa vasorum; rarement on a besoin de l'étendre au delà d'un demi-centimètre.
Pour ouvrir cette gaîne, on la saisit avec la pince à disséquer, et l'on y fait l'incision convenable avec le bistouri tenu à plat et endédolant(fig. 138).
Puis passant la sonde cannelée par l'ouverture faite à la lamelle aponévrotique qui forme la gaîne et que l'on vient d'inciser, on la glisse sous cette membrane qu'on soulève et qu'on incise sur la sonde (fig. 139).
On a alors l'artère sous les yeux, mais elle se trouve voilée par dîi tissu conjonctif plus ou moins serré, lequel englobe en quelque sorte et réunit l'artère et ses veines satellites. Pour la dégager et pour l'isoler on saisit avec la pince à disséquer le tissu cellulaire, le plus près de l'artère ; l'artère se soulève avec les tissus saisis, on la repousse alors à sa place avec l'extrémité mousse de la sonde cannelée (iig. IZiO). Quand on l'a dégagée d'un côté, on répète de
Fig. UO.
Isolement Je rai'tL'i\
l'autre côté la même manœuvre. Il faut avoir grand soin de nel saisir avec la pince ni l'artère, ni les veines, ni les nerfs. Le dégagement opéré, l'artère isolée dans une étendue qui ne doit pas,, s'il est possible, dépasser un centimètre, on chercbe à engager audessous d'elle la sonde cannelée. Rien de plus facile, si rartèrej a été bien isolée. 11 suffit de saisir le tissu celhilaire de la gaîne j avec la pince, comme dans la manœuvre de l'isolement ; et même, le
LIGATURE DES AUTÈRES.
passage de la sonde peut être effectué, au moment où après avoir dégagé l'artère d'un côté, on a achevé de la dégager de l'autre.
On passe alors sous le vaisseau la sonde cannelée, tenue comme une plume à écrire ; pour les artères un peu profondes, on courbe le bec de la sonde ; pour celles qu'elle ne pourrait aisément atteindre, on a recours à l'aiguille de Deschamps (fig. 1/il).
En général, pour les vaisseaux d'un petit calibre, s'il y a un nerf collatéral, on commence par introduire la sonde entre l'artère et le nerf; s'il n'y a qu'une veine, entre la veine et l'artère : en effet, la plus grande résistance se trouve au point où doit sortir la
Fig. 141.
Placement du Cl avec l'aiguille de Desehamps, la sonde cannelée déprimant les parties voisiaes.
sonde, et en néghgeant le principe indiqué, on risquerait, ou de heurter le nerf, ou de déchirer la veine. Mais si la veine est trèsvolumineuse, sa lésion étant plus grave, c'est entre elle et Tartère qu'il faut faire pénétrer la sonde.
Quand l'artère est d'un gros calibre, comme la crurale, elle fuit devant la sonde ou s'aplatit devant elle, et peut quelquefois être traversée de part en part. Pour éviter ce danger, il faut la fixer
OPÉRATIONS GÉNÉUALES.
avec le pouce et l'indicateur gauches^ immédiatement au-dessus et au-dessous du point où doit sortir la sonde.
Si la sonde avait soulevé avec l'artère des parties importantes, on isolerait l'artère avec une autre sonde avant de retirer la première ; mais s'il ne s'agit que de veinules ou de filets nerveux trèspetits, ce n'est pas la peine de les séparer.
3° Pow placer la ligature. — En général, la ligature est enfdée dans le chas d'un stylet aiguillé, que l'on conduit sur la sonde cannelée par dessous l'artère ; après quoi on relire les deux instruments en laissant le lien. Si l'on se sert de l'aiguille de Deschamps qui porte son chas près de sa pointe, dès que la pointe a passé sous l'artère on dégage le fil, et l'on retire l'aiguille par le même chemin qu'elle a parcouru.
Les aiguilles de Cooper et de Deschamps, telles qu'on les fabrique d'ordinaire, ont une courbure trop grande, j'ai fait faire de ces aiguilles à courbure plus courte et qui peuvent se placer sur la
FiG. 1^2.
Aiguilles de Cooper et de Pescliamps rannlées sur nno pince à ligatures.
pince porte-aiguilles : Quand l'artère est à une certaine profondeur, pour passer l'aiguille sous l'artère on déprime avec l'extrémité de la sonde cannelée les muscles et les parties qui forment la gaine, en plaçant la sonde du côté où l'aiguille doit pénétrer (fig. ll\i). Avant de serrer la ligature, on soulève l'artère sur le fil, et l'on
s'assure par ses ballements, ou sur le cadavre par son aspect et sa texture, que Ton n'a pas fait de méprise; alors on procède à la striclion, de la même manière que pour les artères liées à la surface d'une plaie (voy. ci devant, p. 76), en observant ces deux préceptes : que l'anse du lil tombe bien en travers du vaisseau, et qu'elle soit serrée de manière à ne pas glisser. Si l'on avait décollé la gaine celluleusc dans une grande étendue, la ligature devrait être repo'lée vers le tronc à l'endroit môtue où Tartère adhère encore à sa gaine, afin de conserver tous les vasa vasonmi du bout supérieur.
J'ai parlé ailleurs du choix des ligatures; je n'y reviendrai pas. La ligature médiate sur un petit cylindre de toile, préconisée par Scarpa et qu'il avait fini par abandonner lui-même, est justement rejelée.
§ II. — Ligatures des artèiœs du système aoutiquh: