‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 104 sur 145 · PHIMOSIS · texte numérisé non relu

PHIMOSIS

frein peut fuir devant eux, ou que le malade peut reculer, ce qui forcerait a y revenir à deux fois. La pratique répond victorieusement à ces objections ; les ciseaux coupent mieux et coupent plus vite ; et c'est assez pour les préférer.

3" Phimosis.

Le traitement chirurgical du phimosis comprend trois méthodes : l'incision, l’excision et la circoncision.

I. Incision. Procédé ordinaire. — Le malade est assis sur une chaise, le dos fortement appuyé contre un meuble ou un mur pour qu’il ne puisse pas reculer , ou bien couché sur le côté droit de son lit. Le chirurgien pince le côté droit de l’ouverture du prépuce avec le pouce et l'indicateur gauches, et le tire un peu en avant. Il insinue entre le prépuce et le gland , à la face supérieure et sur la ligne moyenne jusqu’au cul-de-sac de la muqueuse , une sonde cannelée ordinaire.

Un aide soutient la verge en rapport avec la sonde , et attire la peau en arrière afin que l’incision ne l’intéresse pas trop loin. Le. chirurgien tient lui-mème la sonde de la main gauche, et de la droite fait glisser sur sa cannelure un bistouri droit a lame étroite et à pointe aiguë. Dès qu’il est arrivé au cul-de-sac de la soude, il abaisse le manche pour faire sortir 1a pointe à travers la peau, et retirant vivement. la lame contre soi, il incise d’un coup le prépuce d’arrière en avant.

La peau est d’ordinaire divisée plus loin que la muqueuse , et celle-ci est sujette à former un petit cul-de-sac au delà de l’incision ; il faut le diviser à l.’aide des ciseaux. Lorsque le filet du gland sè prolonge jusqu’à l’orifice de l'urètre, il convient aussi de le couper

Quelques chirurgiens conseillent de garnir la pointe du bistouri d une boulette de cire, et de 1 introduire à plat, sans sonde cannelée entre le gland et le prépuce, pour en retourner ensuite le tranchant vers la peau et achever l’incision à l’ordinaire. 11 faut pour cela avoir un bistouri a lame extrêmement étroite, pour ne pas blesser le gland ou le prépuce en pénétrant; et nous préférons le procédé qui permet de se servir du bistouri ordinaire.

Procédé de M. J. Cloi/uei. — Il consiste à pratiquer l’incision à la partie inférieure du prépuce. On porte le bistouri sur l'un des côtés du frein à l’aide de la sonde cannelée, et l’on incise de même jusqu au cul-de-sac de la muqueuse. Si le frein parait se prolonger trop avant, on le divise lui-mème d’un coup de ciseaux. Ce procédé trouve décrit daus Cclse.

Procédé de Cull crier. - Il sc borne à inciser In membrane mu-

queuse da prépuce, eu commençant par son bord libre, comme pour débrider l’ouverture.

Pi océdc de Cosier. C’est une sorte de débridement multiple , qui consiste en trois incisions peu profondes sur le bord libre du prépuce, et sur ses faces dorsale et latérales.

M. Malapert a modifié ce procédé en faisant deux incisions au prépuce et la troisième au filet; ces incisions, placées à intervalles égaux, doivent être étendues à proportion du resserrement de l’orifice, et avoir de 9 à 12 millimètres, mais jamais plus.

II. Excision. Procédé ordinaire. — Après l’incision dorsale , telle que nous l’avons décrite, ou saisit l’une après l’autre les deux lèvres pendantes de la plaie ; ou les tend suffisamment et l’on en excise un lambeau triangulaire avec de forts ciseaux ou le bistouri.

Procédé de Lis franc. — Il a transporté au prépuce un des procédés d excision des levres. Il saisit le bord dorsal du prépuce, l'écarte du gland, et avec des ciseaux courbes sur le plat et bien tranchants, il excise un lambeau semi-lunaire , dont la plus grande hauteur répond à la région moyenne de la face dorsale du prépuce.

III. Circoncision. Procède de Lis franc. — On saisit le prépuce pa r sou extrémité libre , à l’aide de plusieurs pinces qui embrassent la peau dans le sens de son épaisseur. Des aides portent cette peau libre en avant, tandis que l’opérateur l’embrasse transversalement avec les mors d une pince à anneaux, entre les pinces tenues par des aides et le bout du gland ; et il incise d’un seul coup de ciseaux tout ce qu’il veut emporter au-devant des pinces. Ce procédé est décrit par Guillemeau, qui indique même deux manières de le pratiquer.

Procédé de M. Ricord. — L’opération est divisée eu trois temps. Dans le premier temps, on tire le prépuce en avant ; on trace, avec de l’encre ou du nitrate d’argent, la ligne sur laquelle ou veut inciser; puis on abandonne le prépuce à lui-même. Parlé on s’assure du retrait qu’il éprouvera après la section, et si la ligne fixée se trouve trop en avant ou trop en arrière de Iacouronne'du gland, on en trace une autre au point convenable.

Dans le second temps, on ramène le prépuce en avaut ; ou place immédiatement derrière la ligne tracée des pinces à pansement ,*et on coupe au-devant d’elles tout ce qui les dépasse.

Le troisième temps a pour objet d’Cmportérun excès restant delà membrane muqueuse; on saisit donc le bord de cette membrane au milieu de sa partie supérieure, on la fend d’un coup de ciseaux jusqu’au niveau de la peau ; on l’ébarbe de chaque côté, et l’on détache le frein. Ce troisième temps est peu douloureux.

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