VIII. — Exostose sous-unguéale du gros orteil
On confond souvent avec l’ongle incarné une exostose qui, née de la face supérieure de la dernière phalange du gros orteil , soulève plus ou moins l’ongle, le déforme, et rend la marche douloureuse. Elle est pyramidale, ordinairement molle et spongieuse à l’intérieur, et revêtue à l’extérieur d’une couche compacte mince.
Procédé de Dupuylren. — A l’aide d’un bistouri, on fait de chaque côté de l'ongle une incision demi-circulaire qui cerne la tumeur; on la coupe à sa base avec le même instrument, ou, au besoin, avec la gouge et le maillet. On respecte l’ongle, et surtout sa matrice, à moins d’une indication spéciale.
Procédé de M. Velpeau. — On commence par enlever l’ongle; puis on enlève l’exostose avec le bistouri tenu à pleine main comme un canif, et enfin on cautérise avec le fer rouge.
A. Coope.r se servait d’une petite scie; la gouge seule y suffirait parfaitement, à mon avis.
Mais il faut bien savoir une chose : c’est que la tumeur e t sujette à récidiver; et, d'un autre côté, son excision n’est pas sans danger: un opéré de Blandin en est mort. En conséquence, Liston préfère l’amputation de la phalangette; et MM. Velpeau et I.cnoir se sont rangés de cet avis (I).
(I) Revue médico-chirurgicale y t. VIII, p. 21.