‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 30 sur 145 · I. — Du NETTOYAGE DES DENTS · texte numérisé non relu

I. — Du NETTOYAGE DES DENTS

Instruments. — Ou emploie de petites rugiues à tranchant ordinaire ou en biseau, des poinçons carrés, etc. On peut se borner aux instruments suivants : I" la rugine en tangue de carpe, espèce de grattoir tranchant des deux côtés; 2" la rugine en forme de ciseau ou bec d'dne ; 3° une rugine à gouttière ou à bec de cuiller; 4" un poinçon carré taillé en biseau à une seule pointe; 5“ une rugine carrée à biseau, coudée à angle droit; ajoutez un petit miroir de 13 centimètres de long sur 3 de large, sans autre monture qu’une mince peau collée derrière.

Procédé opératoire. — Le malade assis , la tète appuyée sur le dossier d’un fauteuil, on lui met une serviette sur l’épaule pour essuyer les instruments; et l’on prépare de l’eau et une cuvette pour rincer la bouche durant l’opération. L’opérateur se place devant lui, les doigts de la main gauche servant, selon le besoin, à écarter les lèvres, ou à tenir la tète fixe, ou à la faire tourner avec douceur, sans que jamais la main appuie sur la figure.

On commence par la mâchoire supérieure. La langue de carpe tenue de la main droite comme un canif, la lèvre supérieure relevée, on soutient avec le pouce droit chaque dent qu'on nettoie, et l’on enlève le tartre des faces antérieure et latérale droite de chaque dent incisive. Pour la face latérale gauche, on tient l’instrument comme une plume à écrire, et l'on prend son point d’appui avec le petit doigt et l’annulaire sur les dents voisines.

La rugine en forme de ciseau sert à nettoyer la face externe des dents molaires, en agissant ou de haut en bas, ou d avant en arrière. L’interne se nettoie avec la rugine coudée; pour le côté droit, on prend son point d'appui sur le pouce de la main gauche ; pour le côté gauche et les dents antérieures, on appuie la paume de la main sur le menton, préalablement garni d’un bout de serviette.

Pour les incisives de la mâchoire inférieure, l'opérateur se place derrière le malade, et agit avec In langue de carpe, comme il a été

AKÏ DU DENTISTE.

(lit. Après avoir enlevé tout ce qu’il a pu, il revient en devant, écarte la lèvre avec le pouce gauche garni d’un linge ; soutient les dents avec l’index gauche si elles sont, branlantes, et fait agir la rugiuede bas en haut.

Les molaires se nettoient comme celles de la mâchoire supérieure ; les instruments sont aussi les mêmes pour la face interne de toutes les dents.

Le poinçon a deux usages : il sert à enlever tout le tartre qui existe dans les intervalles des dents; quand la couche tartreuse est fort épaisse, on commence par y faire pénétrer sa pointe jusqu’à la dent, et, en imprimant à l’instrument un mouvement de rotation, on fait éclater le tartre. La rugine en biseau est aussi, pour cet objet, d’une grande utilité.

La rugine en bec de cuiller sert à détacher le tartre du collet des dents, en suivant le contour de la gencive, et sans l’offenser.

Règles générales. — 1° Il faut soutenir avec soin les dents branlantes, et couper le tartre sur la dent même en plusieurs fragments, sans secousse, et en restant toujours maître de son instrument.

2° Les instruments doivent toujours agir du collet vers le bord de la dent, pour ne pas blesser la gencive.

3° On ne peut espérer de blanchir les canines autant que les incisives, les premières étant toujours un peu plus jaunes.

On ne peut atteindre la même blancheur et le même brillant chez tous les individus. 11 faut donc se contenter d’enlever tout le tartre et le limon, sans toucher aux taches de l’émail même qui sont indélébiles.

'>" Quand on trouve le tissu dentaire ramolli ou privé d’émail, il faut procéder avec précaution, et il est souvent prudent de laisser un peu de tartre.

(>" Il ne faut jamais div iser les gencives ni les séparer des dents.

Le gros de l’opération achevé, on passe un cure-dent de plume entre les dents; on les frotte avec une boulette de coton ou une racine mouillée et chargée de poudre dentifrice, et, av ec le miroir, on examine à l’intérieur si rien n'a été laissé.

Quand le limon est difficile à enlever avec la rugine, soit parce qu’il est près du collet, ou qu’il occupe les gravures de la dent, on peut se servir d’une tige, de bois pointue, qu'on trempe dans un mélange d’acide chlorhydrique avec cinq parties d’eau. On frotte le limon avec cette pointe; il est bientôt décomposé; et l’on mouille tout de suite les parties avec de l’eau pure pour délayer l'acide, et l’empêcher d’agir trop fortement sur la dent même.

MÉDECINE OrÉlUTOUlE,

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