IV. De LA CAUTÉRISATION
Premier procédé. — On fait rougir au feu d’une chandelle ou d’une bougie une sonde métallique à pointe très line, ou tout simplement un bout de fine aiguille à tricoter aiguisé suivant le calibre du trou de la carie ou du canal, et monté sur un porte-crayon. Pour que l'opération réussisse, il faut que le malade soit courageux, cl que le trou de la dent soit situé de manière à permettre l’introduction prompte du cautère.
Deuxième procédé. — Un dentiste italien, au rapport de Laforgue, a proposé de, diriger sur la pulpe dentaire un courant d’hydrogène enflammé: il enfermait l’hydrogène dans une vessie, et fixait au col de la vessie une canule de la seringue d'Ancl.
Troisième procédé. — On emplit la cavité de. la dent cariée avec une petite boulette de coton imbibée d'alcool ou d’une teinture alcoolique, ou, pour agir plus énergiquement, d'acide nitrique ou chlorhydrique, soit pur, soit mitigé. On réitère plusieurs fois cette application.
On a également conseillé de porter dans la cavité un petit fragment
de potasse caustique , ou d’un mélange à parties Égales de nitrate d’argent et d’acétate de plomb; ou recouvre la cavité d'une boulette de coton qu’on retire aussitôt que l’efTot est produit.
D’autres y portent directement une goutte d’acide liquide au bout d’une aiguille à tricoter, du bec d’une plume, etc. Mais on n'est pas assez sûr de la quantité de caustique employée, ni de la manière de l’introduire; delà le procédé suivant.
Quatrième procédé (Turck, de Nancy). — L’instrument dont se sert M. Turck est un tube de verre à parois très minces, de 18 millimètres à peu près de diamètre, renflé eu boule à uue extrémité, s’effilant à l’autre eu un tube d’une finesse capillaire , courbé au degré convenable. En prenant à pleine main le tube et la boule, on échauffe suffisamment l’air qu’il contient pour en chasser une petite quantité. Si l’on plonge alors l’extrémité capillaire dans un acide, en laissant refroidir l’instrument, une quantité plus ou moins considérable de liquide monte dans le tube. Rien déplus facile que de graduer cette quantité. On porte l’instrument ainsi chargé au point qu’on veut cautériser, et, en l’échauffant avec la main, on chasse immédiatement le liquide.
Appréciation. — La cautérisation est une opération douloureuse, sujette à amener des inflammations du périoste alvéolaire. 11 faut donc éviter de l’appliquer sur les dents qui sont très sensibles au choc de la sonde et à l’impression du chaud et du froid; on cherche d’abord à éteindre cette sensibilité par l’application de diverses teintures Gariot). Mais une autre objection plus importante, c’est qu’elle réussit rarement, et que la pulpe dentaire repullule d'un jour à l’autre, à mesure qu’on la touche avec les acides Laforgue).
Si l’on se résout à cautériser, il est évident que le cautère actuel est préférable pour les dents de la mâchoire supérieure. Pour les autres, le procédé de M. Turck nous paraît le plus sûr et le plus ingénieux de tous.