‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 36 sur 145 · AUX DU DENTISTE · texte numérisé non relu

AUX DU DENTISTE

On commence par nettoyer la dent eu raclant sa cavité cl eu enlevaut toute l’humidité qui s’y trouve à l’aide de boulettes de coton; l si cette cavité semblait trop unie, on y pratiquerait avec la rugine quelques inégalités pour mieux retenir le métal ; puis on fait tenir au malade la bouche ouverte, de peur que la salive n’aille de nouj veau mouiller la dent. On forme alors entre ses doigts avec les feuilles : métalliques une boule trois fois plus grosse que la cavité à remplir;

avec le fouloir pointu, on la fait entrer de manière à combler d’abord ■ les anfractuosités les plus profondes, en comprimant et piquant le métal pour le faire mieux adhérer. Le second fouloir sert à faire la compression plus forte. Quand la cavité est bien remplie, s’il reste du métal excédant à l’extérieur, on le coupe avec une rugine, et l’on polit avec le brunissoir. On fait chauffer cet instrument pour qu’il polisse mieux, quand on s’est servi de feuilles de plomb.

11 xaut mieux faire la boule trop grosse que trop petite, le métal qu’on ajoute ne s’unissant jamais bien au premier.

Il ne faut pas plomber les dents douloureuses; et s’il survient de la douleur après l’opération, on doit sans hésiter enlever le métal et chercher à la calmer.

Afin de mettre le nerf à l’abri de la pression et prévenir la douleur, Delabarre plaçait au fond de la cavité, au-dessus du nerf, une petite plaque d’or concave, semblable à un œil de couteau,, et plombait pardessus cette plaque. Procédé insignifiant et généralement rejeté.

2" Plombage avec le mêlai fusible. — On peut employer les mêmes instruments: seulement, comme il faut les chauffer à un degré suffisant, ils devront porter a quelque distance de leur extrémité un renflement capable de conserver le calorique nécessaire.

La dent nettoyée et desséchée, on porte dans la cavité ou à son orifice un grain de métal fusible, à l’aide de pinces à disséquer, ou en y enfonçant la pointe de la sonde. On applique dessus l'extrémité du cautère chauffé a la bougie; le métal fond et remplit la cavité. On enlève le superflu avec le cautère ou le brunissoir également chauffé, ou, au besoin, avec les rugincs.

Le procédé est préférable a l’autre pour la mâchoire inférieure; à la supérieure il est souvent impossible de l’appliquer.

M. — De l'arrachement des dents.

I. Instruments. — Parmi la multitude des instruments imaginés pour cette opération, les uns sont absolument mauvais el doivcnlêlro rejetés, comme le pied-de-hirhe ; les autres superflus ou peu utiles comme la plupart des modifications de la clef et du davier Nous n’en décrirons que six, qui peuvent remplacer avantageusement Ions

Inc 'llllcne

1° Le dcchaussoir. Instrument terminé par une petite lame tranchant mousse et concave, et servant à détacher de la dent les gencives trop adhérentes.

2” La clef de Garengeot, modifiée. Elle se compose d’un manche transversal solidement fixé à la tige, d’une tige, d’acier deux fois coudée pour n’ètre point généc par les dents antérieures quand on l’applique au fond de la bouche, et d’un panneton ou plaque quadrilatère placée sur le côté et à l’extrémité de la tige. Les crochets s’y fixent par une vis mobile à tète plate. Ils doivent offrir une courbure telle que leur extrémité seule touche la dent à extraire; car lorsque le milieu du crochet vient à appuyer sur la couronne de la dent, on risque de la casser : aussi la forme coudée, donnée par Delabarre à scs crochets, nous parait préférable. 11 convient d'en avoir deux ou trois qui varient de grandeur : un d’étendue moyenne terminé par une pointe tranchante, et enfin un coudé en Z pour les dernières molaires.

3° Le tir loir, façonné sur le principe, de la clef, avec cette différence que le manche fait suite à la tige, et que le panneton et le crochet se présentent directement à l’extrémité de la tige.

1° Le davier, sorte de. pince droite ou courbe, et de grosseur variable. Un seul à mors moyen nous paraît d’autant plus suffisant, que eet instrument ne doit servir qu’a arracher les dents déjà ébranlées. Il faut le prendre courbe, et à mors écartés latéralement plutôt que de haut en bas.

ri0 Ix levier se. compose d’une tige légèrement coudée, terminée par une sorte de pyramide quadrangulaire, a deux faces beaucoup plus larges que les autres. Au lieu de le terminer en pointe, nous préférons y laisser un bord presque tranchant, de sorte quel instrument ne ressemble pas mal à un tourne-vis. Le manche peut être transversal ou continu avec la tige.

(j° ix pélican, «pii a subi de nombreuses modifications , consiste essentiellement en une tige de bois ou d’acier prenant son point d'appui sur une partie commode de l’arcade alvéolaire, et armée de. longs crochets qui s’écartent à droite ou à gauche pour aller saisir et arracher les dents profondes.

II. Procédés généraux. — On fait asseoir le malade en face du mur, sur un siège à dossier pour y faire appuyer la tète ; si ce dossier manque, on fait pincer le malade contre un aide, un mur, un meuble, nu même contre le genou de l’opérateur, (.elui-ci sc place ci. avant ou sur le côté, pour les dents de la mAcho.ro inferieure; pour les dents de la niAchoiro supérieure, il vaut mieux qu il so.t en

ART Dl' DENTISTE.

i arrière; le malade s'assied alors sur un tabouret très bas, ou même ! à terre, la tète renversée et appuyant contre l’opérateur. Enfin, en s cas de besoin, on peut opérer au lit.

On commence par reconnaître la dent malade et s’assurer de son état de fermeté ou d’ébranlement. Si elle est ébranlée et que la gencive paraisse très adhérente, c’est le cas de la déchausser à l’avance. Dans les cas ordinaires, et quand les adhérences ne paraissent pas bien fortes, on s’abstient du déchaussement, qui allonge l’opération, et n’empêche pas toujours la gencive de se déchirer avec i une portion de l’alvéole.

1° Avec la clef. — Après avoir armé la clef d’un crochet convc- I nahle, et déterminé les points sur lesquels on doit agir, on introduit l’instrument de la main droite, l’indicateur longeant la tige, le médius tenant le crochet relevé, ou vice versd; puis, en s’aidant de ! 1 indicateur gauche, on place l'extrémité du crochet sur la dent mai lade, au-dessous de la couronne, le [dus près possible de l'alvéole, en ayant soin toutefois que le milieu du crochet ne touche point la dent; et l’on prend un point d’appui avec le panneton sur la gencive de l’autre côté. 11 faut que le crochet tombe perpendiculairement sur la dent : la moindre obliquité expose à casser la couronne.

L’instrument bien assujetti, on empoigne le manche avec la main droite, la tige passant entre le médius et l'indicateur; avec la gauche on soutient fortement le côté de la mAchoirc sur lequel on opère, et l ’on communique à l'instrument un mouvement de torsion tendant à renverser la dent du côté du panneton. Ce mouvement doit être mesuré, sans brusquerie; dès qu’on s’aperçoit que la dent cède, on peut y joindre un mouvement d’élévation qui jette la dent hors de l’alvéole, et quelquefois hors de la bouche; mais [tour cela il faut avoir acquis une certaine habitude.

’Voici ce qui arrive : les adhérences de la dent avec le périoste alvéolaire sont détruites, le cordon dentaire déchiré; une petite portion de 1 alvéole, du côté où la dent a été renversée, est brisée d ordinaire; I habileté consiste à en briser le moins possible : c’est a quoi tend le mouvement d’élévation.

On cherche quelquefois, pour ménager l’alvéole, à n’opérer la luxation qu imparfaitement; l’extraction s’achève alors avec le davier.

2 Avec le tirloir. — On saisit le manche à pleine main, le pouce et 1 indicateur le plus rapprochés possible de l’extrémité agissante, et fixant a la fois la tige du panneton et celle du crochet. Le crochet et le Panneton s’appliquent comme il a été dit pour la clef. On commence par un léger mouvement de renversement de la dent en dehors; quand on sent qu’elle cède, ou rehausse légèrement le panneton sur la gencive; pinson recommence le mouvement de renversement,

de manière à faire sortir progressivement, par ces mouvements alternatifs, la dent de l’alvéole, sans fracturer ni l'une ni l’autre. C’est le meilleur instrument et le meilleur procédé pour l’extraction des dents; malheureusement on ne peut en faire usage (pic pour les dents antérieures.

3" Avec le davier. — ■ La dent fortement saisie entre les branches, de manière que les mors descendent très près de l'alvéole, on communique à la dent un léger mouvement de rotation dans son alvéole, puis on l’en extrait perpendiculairement. Plusieurs chirurgiens emploient le davier pour toutes les dents de devant, môme très solides; mais ils risquent de les fracturer.

4“ Avec le levier. — On glisse l’extrémité du levier entre deux dents, entre une dent saine et une dent à demi rongée par la carie, entre une dent saine et un chicot, en sorte que la dent saine serve de point d’appui; ou enfin entre le chicot et sou alvéole, en prenant alors un point d’appui sur l'indicateur de la main droite ou le pouce de l’autre main. L’instrument suffisamment engagé, on le fait agir de deux manières : s’il est entre deux dents, on lui communique un mouvement de torsion qui tend à les écarter et à renverser la dent malade; si l’on opère sur des chicots, on le fait agir par un mouvement de bascule, comme un levier du premier genre, de manière à jeter le chicot hors de l’alvéole. Il faut assujettir à l’avance avec le doigt la dent sur laquelle on prend le point d’appui, agir avec mesure pour ne pas laisser échapper son instrument, et revenir plusieurs fois à la tâche quand on n’a pu achever en une seule.

Quel que soit l’instrument employé, une fois que la dent est renversée, et ne tient plus qu’un peu à l’alvéole, on achève l'extraction avec le davier; si elle adhère beaucoup à la gencive, on l'en détache avec le déchaussoir. La dent enfin extraite, on rapproche les gencives avec le pouce et l’indicateur, et l’on fait gargariser la bouche avec de l’eau vinaigrée pour arrêter l’écoulement du sang.

5° Avec le pélican. — On appuie l’extrémité du pélican suffisamment rembourré sur le point de l'arcade alvéolaire le plus commode eten même temps le plus rapproché de la dent à extraire; on embrasse celle-ci avec un crochet approprié, et on la renverse par un mouvement de bascule, comme avec la clef de Garengoot. Le pélican de M. Oudct a son point d’appui mobile sur la tige, ce. qui en rend le jeu plus facile.

Il faut que la couronne soit encore très solide pour employer les trois premiers instruments. Quand elle est creusée d'une grande cavité, on a conseillé de In plomber d'abord; il vaut mieux recourir au levier.

Lorsqu’on a cassé la dent près des racines, il est en général fort difficile d’extraire immédiatement celles-ci ; il faut attendre quel-

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