ART DD DENTISTE
vant qu’on remplace ; la perle d’une dent profonde ayant peu d’inconvénients. Alors il se présente deux cas : ou bien la dent perdue a laissé'sa racine dans l’alvéole, ou la racine manque elle-même. Dans le premier cas, on a recours aux dents à pivot; dans le second, aux dents à crochets, appelées aussi dents à ressorts.
1° Dents à pivot. — Le pivot est tantôt métallique, et soudé aux dents de porcelaine, ou vissé ou rivé dans une dent naturelle, celleci sciée préalablement au niveau de son collet. D’autre part, on rase la racine restante jusqu’au niveau des gencives; ou cautérise le nerf dentaire, et l’on agrandit son canal à l’aide d’un foret. Le pivot, entouré d’un peu de feuille d’or ou de soie, est enfoui dans ce canal, de telle sorte que la dent soit solidement assujettie.
Un dentiste de Rio-Jaueiro a remplacé les pivots métalliques par des pivots fabriqués avec un bois du Brésil dont on fait un secret, qui a l’avantage de se gonfler par l'humidité, ce qui le retient solidement dans le canal de la racine, et qui de plus unit, dit-on, l’avantage inestimable d’une, complète incorruptibilité.
Quoi qu’il en soit, pour employer les dents à pivot, il faut que les racines soient saines et les gencives non douloureuses. Cette dernière contre-indication pourrait disparaître avec le temps et un traitement convenable; l’autre exige l’arrachement de la racine, ou tout au moins un procédé de prothèse tout différent.
2" Dents à crochets. — La dent artificielle est fixée en arrière h des crochets d’or, disposés de façon à embrasser les dents voisines sans blesser la gencive et sans être apparents en avant.
11. Prothèse de plusieurs dents. — On peut user encore des dents à pivot, des dents à ressorts, et des plaques dites osanorcs.
1" Dents multiples à pivots. — On comprend que si toutes les dents perdues ont laissé des racines, on peut les remplacer une à une par des dents à pivot ; cependant il est préférable de les monter toutes sur une plaque d’or ou de platine, laquelle se moulera exactement sur la partie postérieure des gencives; et sur celte plaque seront rives deux pivots qui s’enfonceront dans deux racines aux deux bouts de la brèche à réparer.
2" Dents multiples à ressorts. — Toutes les dents nécessaires sont pareillement montées sur des plaques métalliques, comme il vient d’être dit , et ces plaques sont munies aux endroits convenables de. crochets d’or pour embrasser les dents saines.
On fait aussi des pièces d’un seul morceau, comprenant la plaque, les dents et les crochets, tout en hippopotame. Les crochets n’ont pas alors l’élasticité de l’or, et ne méritent plus le nom de ressorls.
lot MÉDECINE OPÉRATOIRE.
Enfin, lorsque les dents perdues sont isolées, on fait tenir les dents nouvelles entre les dents restées saines, en interposant entre elles de petits coins de bois qui se gondent par l’humidité.
3° Plaques osanores. — Je ne sais d’où vient ce nom; et plusieurs dentistes se disputent la priorité de l’invention môme.
Quoi qu’il eu soit, on appelle ainsi des plaques d’hippopotame surmontées d’autant de dents qu’il est nécessaire, mais sans crochets ni pivots ; les dents remplissent juste la place qu’elles doivent remplir sans être serrées par des coins de bois; en un mot, le mérite très réel de ces appareils est de tenir seuls, sans soutien extérieur, et uniquement parce que la surface gengivalc est si exactement sculptée sur celle des gencives, qu’elle s’y colle et y adhère par le seul inter- i médiairc de la salive, même à la mâchoire supérieure. Le moindre effort extérieur suffit pour les enlever; on les replace avec la même facilité ; et le sujet ayant seulement la précaution d’aspirer l’air qui pourrait demeurer entre la plaque et les gencives, la solidité est telle, qu’on peut mâcher môme les corps les plus durs. Je n’ai trouvé jusqu’ici à ces appareils qu'un seul inconvénient : leur tendance à s’altérer et à jaunir, surtout chez les fumeurs; on retarde cette dégradation en les enlevant la nuit et les déposant dans un verre d’eau. Je leur donne donc une préférence absolue sur tous les autres; seulement il importe de savoir qu’ils doivent être sculptés avec une précision rigoureuse, et que le moindre défaut de correspondance avec la surface gengivalc nuirait essentiellement â leur solidité.
111. Prothèse des deux arcades dentaires. — On a alors deux ressources : les râteliers à ressorts, et les râteliers osanores.
1° Râteliers à ressorts. — Ce sont deux arcades dentaires complètes, soit de porcelaine, montées sur des plaques d’or, soitd hippopotame, et réunies de chaque côté par des ressorts en or, qui, allant d’une arcade à l’autre, les tiennent assujetties contre les gencives des deux mâchoires dans les divers mouvements exigés par la parole cl la mastication.
2° Râteliers osanores. — Les deux arcades sont taillées dans l'hippopotame, mais s’appliquent isolément, comme il a été dit des pièces partielles. L’application en est, dit-on, tout aussi solide, môme pour la mâchoire supérieure ; mais je ne saurais ]c< confirmer par mon expérience, n’ayant pas vu fonctionner jusqu ici de râtelier osanorc complet.