I. — De la carie
On procède contre la carie de deux manières : 1° en détruisant les tissus altérés ; 2° en les enlevant jusqu'aux tissus sains, comme toute autre dégénérescence.
I. Destruction des tissus cariés. — Elle s'opère parles caustiques ou le cautère actuel.
10 Les caustiques. — On commence par mettre à nu toute l'étendue de la carie, en anticipant même un peu sur les limites de l'os sain, et en enlevant toutes les végétations qui la recouvrent.
Si la carie est très superficielle, les cathétériques légers suffisent; si elle est plus profonde, et surtout comphquée d'un ramollissement très avancé, il faut des caustiques énergiques.
2° Le cautère actuel. — On met à nu la carie, et l'on enlève d'abord avec la rugine, ou la gouge et le maillet, tout ce qu'il est possible d'enlever, pour que l'action du feu agisse plus promptement sur la partie saine de l'os. Tout écoulement de sang ayant cessé, on procède à la cautérisation.
11 faut, avant tout, garantir les chairs voisines de l'action du feu. Petit les recouvrait de compresses mouillées, ou conduisait le cautère à travers un entonnoir de fer-blanc; mais un moyen plus simple et plus sûr est celui que Percy tenait de Camper. C'est un carton épais de 2 millimètres, dont on coupe des bandes plus ou moins larges, selon la profondeur à laquelle se trouve l'os carié. Moyennant des plis faits à propos, on leur donne la forme d'un carré, d'un losange, etc., selon la figure delà plaie;
quand les marges de cette plaie sont élevées, le carton s'y tient de lui-même par son propre ressort, sinon il faut le fixer avec des pinces à pansement qu'on applique sur son bord extérieur, afin que l'autre bord appuie le plus près de l'os; il serait utile de tailler aussi le bord profond de telle sorte qu'il s'accommodât à la surface osseuse; autrement il porterait à faux, et pourrait laisser passer sous lui la sanie bouillante que le cautère fait quelquefois exsuder du fond de la carie.
II. Excision. — Elle se fait de plusieurs manières : ou bien avec la rugine; mais cet instrument ne convient que pour les caries très superficielles, encore exposcrait-il à ne pas mettre complètement à nu le tissu sain; ou bien avec la cuillère tranchante, avec la gouge, en évidant, creusant, sculptant pour ainsi dire l'os carié, procédé admirable surtout pour la carie des os courts, tels que ceux du carpe et du tarse ; ou bien en s'aidant du maillet ^ pour faire pénétrer plus avant soit la gouge, soit le ciseau; ou enfin, selon le besoin, avec les cisailles, les tenailles incisiveSy les scies de diverses formes, le trépan, etc.
Tous ces procédés ont pour but de ménager les portions d'os restées saines ; l'unique règle est à'enlever complètement tout te qui est altéré.
Appréciation, — Les caustiques et le cautère actuel ont pour effet de transformer la carie en une eschare sèche dont il faut attendre l'exfoliation ; l'excision met à nu immédiatement la portion saine de l'os, de laquelle s'élèvent des bourgeons charnus de bonne qualité. Cette dernière est donc plus prompte ; elle est d'ailleurs la seule à employer pour les os voisins des viscères, que l'action du feu surtout pourrait offenser, et au voisinage des articulations.