DE LA NÉCROSE. UZ
Procédé opératoire. — On fait choix à l'avance du lieu où les parties molles sont le moins épaisses, et où il existe de plus grandes ouvertures de communication entre le séquestre et l'extérieur ; s'il y a plusieurs de ces cloaques rangés sur une ligne verticale, il suffira d'enlever un ou plusieurs des ponts osseux qui les séparent; sinon on choisit celle des ouvertures qui est la plus grande, qui se rapproche le plus de l'une des extrémités du séquestre et de l'inférieure de préférence.
Le malade doit être couché, le membre reposant dans toute son étendue sur une planche garnie d'un drap en plusieurs doubles, et offrant d'ailleurs à découvert la partie sur laquelle on doit opérer. Après s'être assuré de nouveau de la disposition et de la mobilité du séquestre, on agrandit l'ouverture de la peau par une incision longitudinale, ou en T ou en croix, selon l'indication. Pour ne pas être gêné par le sang, on pratique l'ischémie, par la bande d'Esmarch.
On s'occupe ensuite d'agrandir le cloaque, de manière à se rapprocher de l'une des extrémités du séquestre ; si l'os est encore tendre, on peut se servir d'un fort bistouri ; sinon l'on a recours au trépan, ou au ciseau. On fait avec le trépan autant d'ouvertures qu'on le juge convenable, et l'on en fait sauter avec le ciseau et le maillet les intervalles osseux qui les séparent. L'extrémité du séquestre étant enfin mise à nu, on la saisit avec de fortes pinces; on l'incline de côté et d'autre pour le détacher, et on l'extrait ainsi sans employer de violence, pour ne pas s'exposer à rompre ou à courber celui-ci; quelquefois même on est forcé de mettre le séquestre à nu dans toute sa longueur.
Le séquestre enlevé, on referme la plaie, et on la traite comme une plaie qui doit suppurer. Quand la cicatrice sera terminée, il faudra encore, avant de permettre au malade l'usage de son membre, attendre que l'os nouveau soit assez solide, et la perte de substance qu'il a subie assez bien réparée pour n'avoir à craindre ni une incurvation, ni une fracture. Cette recommandation est surtout importante pour les membres inférieurs.
Ollier, Larglii, Borelli ont conseillé, dans les cas où il existe une nécrose un peu étendue, de réséquer l'os malade dans toute son épaisseur en conservant seulement le périoste, qui devait reproduire l'os. Quel que soit l'intérêt légitime qui s'attache aux expériences faites sur le rôle physiologique du périoste, on ne saurait admettre les théories émises à propos des résections souspériostées, et j'en dirai plus loin les raisons en traitant des résections en général. Il y a intérêt à ne pas sacrifier l'os de nouvelle formation, et Yévidement qui permet la sortie des
séquestres, tout en conservant la plus grande partie de l'os nouveau, est préférable de beaucoup dans les cas de nécrose aux résections sous-périostées.
ARTICLE IV