Résection du sternum
Galien a enlevé avec succès une notable partie du sternum, mais sans rendre compte de son procédé; et d'autres non pas moins bien réussi.
Le sternum a été réséqué dans une partie de sa longueur et dans toute son épaisseur pour enlever des parties cariées de l'os (Dietz, Jaeger, Gunter, Cittadini, Bruns, Kuhn, Heyfelder, Ferrand, Blandin, Kuchler). Assez souvent il a été trépané pour donner issue à des collections purulentes en arrière de cet os (J.-L. Petit, Des Foix, Freind, Flajani, Lecat, Bourdelin, etc. D'autres fois on s'est borné à réséquer les couches superficielles (Velpeau, Fergusson, Rothmuud).
Rizzoli a enlevé le sternum dans sa presque totalité sans la partie xyphoïdienne, la malade guérit et il y eut reproduction de l'os. J'ai fait la même opération en 1885, mais j'ai été moins heureux. Mon malade, atteint depuis dix aas d'une carie du sternum, n'avait, ce que je ne sus que l'opération faite, accepté la résection que comme un mode de suicide passif, pensant mourir pendant l'opération. Son espoir ayant été déçu il voulut se laisser mourir de faim et cette fois, malgré la sonde œsophagienne introduite de force par les fosses nasales, il arriva à son but.
L'opération ne présente ni les diflicultés, ni la gravité qu'on serait tenté de lui attribuer à priori. L'inflammation épaissit le périoste et le tissu fibreux sous-sternal, de sorte que le médiastin antérieur est protégé.
Une incision verticale aux deux extrémités de laquelle on fait tomber une incision transversale permet de découvrir l'os. On détache le périoste avec le rugine et l'on coupe successivement les
cartilages costaux. L'artère mammaire interne qui passe à 12 millimètres de l'os est assez facilement évitée. Verneuil l'a blessée dans une résection partielle, mais il est venu à bout de l'hémorrhagie en comprimant l'artère avec une pince laissée à demeure. Linoli en 1842 a réséqué l'appendice xiphoïde, dont la pointe renversée en arrière exerçait une pression douloureuse sur Testomac; il divisa le péritoine pour porter le doigt sous l'appendice. Son malade, âgé de vingt-deux ans, guérit en dix-huit jours de l'opération et de ses vomissements incessants. Si une pareille opération, qu'on ne saurait conseiller, était jugée nécessaire, la première règle serait de respecter le péritoine.