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RÉSECTION DES COTES

sur sa face externe; l'autre supérieure, plus grosse, qui garde encore en chirurgie le nom d'artère intercostale, et qui se place dans la gouttière de la côte supérieure entre les deux muscles intercostaux. Après un trajet d'environ 8 centimètres, elle quitte cette gouttière vers le tiers antérieur de la côte, et regagne le milieu de l'espace intercostal, pour s'anastomoser avec les branches de la mammaire interne ou se perdre dans les muscles de l'abdomen. On n'a donc à la redouter que depuis l'angle costal jusque vers le tiers antérieur de la côte ; et si les données qui précèdent n'avaient pas suffi pour l'éviter, c'est une artère de fort médiocre calibre, qu'il serait facile de lier au fond de la plaie.

Gûnther a réuni 70 cas de résection des côtes, mais le résultat est connu seulement dans 49 cas, 4 fois la résection fut faite pour des cancers, 42 fois pour carie, 2 fois pour périostite, une fois pour cause non spécifiée il y eut 13 morts et 36 guérisons.

OPÉRATION D'ESLANDER

En 1875, Letiévant (de Lyon) ayant fait la résection de deux côtes pour arrêter par tamponnement de la cavité pleurale, une hémorrhagie grave chez un malade ayant une fistule consécutive à une opération d'empyèmc et constatant le retrait plus facile des côtes après cette résection, proposa la fracture ou la section des côtes pour faciliter la rétraction des parois thoraciques. Eslander (d'Helsingfords), dans le but précis de permettre ce retrait dans les fistules pleurales persistantes, pratiqua la résection d'un fragment de plusieurs côtes. Son exemple a été suivi un grand nombre de fois et l'opération est entrée aujourd'hui dans la pratique chirurgicale courante.

Procédé opératoire. — Eslander pratique une incision parallèle à la côte qu'il se propose de réséquer. Arrivé sur les digitationsdu grand dentelé on incise le muscle demanière àmettre l'os à nu. Avec une rugine on détache le périoste, puis les insertions des intercostaux. Avec une rugine courbe on rase la face interne de la côte aux deux points extrêmes où doit se faire la section afin de l'isoler complètement et on la coupe avec des cisailles. On saisit alors avec un davier le fragment isolé, on le fait basculer et on le détache des parties profondes. Par une seule incision on peut enlever deux côtes adjacentes.

Au lieu de ces incisions multiples, Bouilly fait une incision en U à convexité inférieure et détache un lambeau cutané compris entre les bords du grand dorsal et du grand pectoral. On met

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ainsi à nu les côtes recouvertes par le grand dentelé. Le reste se fait comme précédemcient. Trelat a proposé une incision verticale aux deux extrémités de laquelle on fait une incision transversale. C'est ainsi que j'ai pratiqué l'opération et c'est l'incision qui me paraît préférable, car on peut après l'opération fermer l'incision longitudinale, et glisser dans la plaie un drain qui sort au niveau des deux incisions transversales.

On n'est pas d'accord sur l'étendue de la résection costale. Des résections de 10 à 15 centimètres me paraissent inutiles et par conséquent nuisibles. Une résection de 2 à 3 centimètres pour les côtes extrêmes, de 5 à 8 centimètres pour les côtes moyennes me paraissent suffisantes pour mobiliser la paroi et lui permettre de s'infléchir en dedans à la rencontre du poumon. Les deux lignes de section des côtes doivent former une sorte de parenthèse (). Si au contraire on donne aux lignes de section la figure d'un triangle à base inférieure en faisant une très large excision sur la côte la plus basse, la présence de la côte sous-jacente restée intacte s'oppose au rapprochement des deux bouts de la côte voisine excisée, quelque large qu'ait été la section.

Appréciation. — L'opération d'Eslander est une excellente opération qui a donné dans quelques cas de très beaux résultats, mais elle est encore à l'étude et il est difficile de préciser encore nettement ses contre-indications. Elle semble contre-indiquée quand la cavité pleurale est encore vaste et qu'il n'y a pas de tendance au retrait des côtes. Cormac en 1885 a donné une statistique de ii cas, comprenant 10 succès complets, 10 guérisons incomplètes, 8 améliorations, 3 insuccès et 10 morts. .

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