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RÉSECTION DE L'OS MAXILLAIRE INFÉRIEUR

rai peu de sang; on applique dessus les doigts d'un aide, ou on les lie à mesure qu'on les coupe.

Un accident beaucoup plus grave est la rétraction de la langue en arrière, après la division de ses attaches à l'os maxillaire; elle se renverse alors dans le pharynx, abaisse l'épiglotte sur le larynx; de là une suffocation imminente, et, au dire de Bégin, Lallemand fut même obligé, pour sauver un de ses opérés, de pratiquer la laryngotomie. Certes on ne comprendrait plus aujourd'hui qu'un chirurgien s'avisât d'une pareille ressource; et il suffit de ramener la langue en avant avec une érigne. Toutefois, pour prévenir cet accident, Delpech a eu recours au procédé suivant»

Procédé de Delpech. — Avant de scier l'os, on plonge un bistouri en arrière, et l'on fait passer par cette incision un gorgeret de bois qui garantit les chairs; un autre gorgeret protège la langue et la lèvre supérieure. La section de l'os pratiquée, on saisit la langue à sa pointe par une érigne double confiée à un aide; alors seulement on divise ses attaches. Puis, en pratiquant la suture, on a soin de faire passer une anse de fil à travers le frein de la langue, ou même à travers les muscles sus-hyoïdiens ; cette anse de fil embrasse également les lambeaux cutanés, si l'on fait la suture entrecoupée, ou elle s'attache à l'une des épingles, si l'on préfère l'entortillée. Dans un cas, Delpech traversa la pointe de la langue avec un fil d'or qu'il fixa aux dents voisines; peu à peu le fil coupa la portion du tissu lingual embrassée, mais l'adhésion était déjà suffisante.

On a cherché aussi à accomplir la résection avec moins de dommage pour les parties molles.

Ainsi les procédés ordinaires laissent une cicatrice sur la ligne moyenne; et Gensoul avait remarqué que cette ligne de tissu inodulaire, étendue de la lèvre à l'os hyoïde, et qui tend à se rétracter toujours, finit par attirer la lèvre en bas, et aplatir le menton de formation nouvelle. En conséquence, il pratiquait l'incision sur l'un des côtés du menton, pour mettre celui-ci à l'abri de la rétraction consécutive. Mais cette incision laisse encore une cicatrice assez désagréable à la figure.

Procédé de Malgaigne (sans incision de la peau). — 11 consiste à détacher la lèvre inférieure de haut en bas, en incisant au fond de la gouttière qui la sépare des gencives, et rasant l'os jusqu'au menton et à quelques millimètres au-dessous, dans une étendue égale à la longueur delà lèvre elle-même. Cette dissection faite, on rabat le lambeau par-dessous le menton, où il est retenu par la saiUie de l'os même; on a celui-ci sous les yeux,

et J'on peut procéder à sa section, soit avec la scie ordinaire, ou, ce qui est plus facile, avec la scie à chaîne passée en arrière de l'os; quelques-uns même se sont servis de fortes cisailles. En ramenant alors ce lambeau à sa place, on n'a besoin d'appareil d'aucune espèce et la difformité est mieux masquée que par aucun des procédés connus.

On ne peut guère agir ainsi que dans le cas oii l'on ne voudrait réséquer que la partie moyenne de l'os, et même dans ce cas je crois que l'opération ne serait pas facile.

Lorsque la résection porte sur une certaine étendue du corps de l'os maxillaire, le rapprochement des deux portions latérales a quelquefois pour effet de rétrécir excessivement le plancher buccal, et de refouler la langue en arrière; cause éminente d'asphyxie, à laquelle les opérateurs n'ont échappé qu'en fixant la langue aux parties molles extérieures par un point de suture spécial. Rigal (de Gaillac), à qui Maîgaigne communiqua son procédé, émit l'idée de tenir écartées les deux portions de l'os par un corps étranger intermédiaire, comme une plaque ou un coin de plomb ou d'ivoire, afin de conserver à la bouche son ampleur primitive, pour le moins dans les premiers jours qui suivront l'opération; et plus tard peut-être d'une façon définitive, en permettant à un tissu fibreux de formation nouvelle de combler le vide produit par la résection. Cette idée, assurément fort ingénieuse, a été réalisée par un dentiste de Lyon de la façon suivante. Un morceau d'ivoire ayant la forme et à peu près la dimension de la partie que l'on se propose d'enlever, porte sur une de ses extrémités deux pointes d'acier. A l'autre extrémité est un fragment plus petit de même forme, glissant sur deux curseurs intérieurs et pouvant s'éloigner ou se rapprocher de la pièce principale dont on augmente ou diminue à volonté la longueur. Une vis oblique, mise en mouvement par une clef de montre, règle cet écartement. Cette petite pièce porte aussi deux pointes sur son extrémité libre. L'opération terminée, on remplace l'os réséqué par la pièce d'ivoire, on en écarte les deux parties par l'action de la vis. Les tiges pénètrent dans les surfaces de section du maxillaire et tiennent ainsi les fragments écartés pendant tout le traitement.

2° Résection de la moitié de la partie horizontale. — On a tracé de diverses manières les incisions extérieures. J. Cloquet a pratiqué un lambeau à base inférieure, moyennant une incision horizontale partant de la commissure labiale, et deux verticales, l'une descendant du bord libre et de la lèvre jusqu'à la base de

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