RÉSECTION DE LOS MAXILLAIRE INFÉRIEUR
J'os, l'autre longeant en arrière la branche de l'os jusqu'un peu au-dessous de son angle. Mieux vaudrait assurément, ainsi qu'a fait Cusack, tailler le lambeau en sens inverse, en faisant l'incision horizontale sous la base de la mâchoire. On n'aurait pas de cicatrice transversale de la joue, et le lambeau s'appliquerait sur la plaie par son propre poids.
Malgaigne a cherché par le procédé suivant à éviter la cicatrice verticale.
Procédé de Malgaigne. — On pratique une incision semilunaire, longeant la branche de l'os en arrière depuis l'oreille jusqu'à l'angle dé la mâchoire, et de là se recourbant sous sa base qu'elle suit jusque vers le menton. Le lambeau disséqué et relevé en haut et en dedans, on scie le corps de l'os selon les procédés décrits; et en l'écartant en dehors, on a toute facilité pour scier ensuite sa branche.
On divise nécessairement en avant l'artère maxillaire externe, facile du reste à saisir et à lier. En arrière, il faut se souvenir que le carotide externe longe quelquefois la branche de la mâchoire; c'est pourquoi il est utile d'écarter celle-ci en dehors pour la détacher des parties molles en rasant le plus près possible sa face interne.
Quelques-uns ont conseillé de ne comprendre dans le lambeau que la peau et les muscles cutanés, et d'enlever le masséter à la même hauteur que l'os. Cela n'a pas de raison d'être , il faut laisser à ce côté de la face toute l'épaisseur possible, et conséquemment conserver le plus qu'on pourra du masséter.
3° Résection de toute la partie horizontale. — Le meilleur procédé pour les incisions extérieures serait assurément celui qui étendrait à l'autre côté de la mâchoire l'incision semi-lunaire que je viens de décrire pour un seul côté. Alors même le lambeau unique, pouvant être relevé directement en haut, laisserait une bien plus grande facilité pour scier le corps de l'os ; section qui permet d'écarter en dehors chacune des deux branches et de les isoler avec sécurité.
Dans les opérations sur le maxillaire inférieur, il faut autant que possible empêcher le sang de pénétrer dans la bouche, c'est ce que Verneuil a cherché à réaliser en faisant la plus grande partie des opérations sans intéresser la partie libre dé la lèvre et la muqueuse buccale.
D'un autre côté, surtout s'il s'agit d'une nécrose et non d'un cancer, il faut s'efforcer de conserver le périoste qui donnera
plus tard une certaine solidité à la partie privée de l'os normal ; ces deux indications sont réalisées dans le procédé suivant généralement suivi aujourd'hui.
Dans la fosse mentonnière, un peu sur le côté de la ligne médiane et sans intéresser la face buccale de la lèvre, on pratique une incision verticale descendant jusqu'au-dessous du bord inférieur du maxillaire. De ce point on fait partir une incision d'abord horizontale, un peu en arrière du bord inférieur, et on la prolonge plus ou moins au delà de l'angle, toujours en suivant le maxillaire. Cela fait, on dissèque ce lambeau et l'on dénude l'os sur sa face antérieure avec la rugine, mais de manière à ne pas intéresser la muqueuse buccale. Puis on pratique une semblable dénudation sur la face postérieure de l'os, toujours s'arrêtant à la muqueuse. On perfore alors la muqueuse, on passe la scie à chaîne et l'on scie l'os au point extrême où l'on veut faire porter la résection. On repète la même manœuvre à l'autre extrémité de la dénudation, on saisit le fragment avec un davier et on sépare la muqueuse du fragment. La cavité buccale n'est, de cette manière, ouverte qu'à la fin de l'opération.
La gravité de l'opération varie surtout avec la maladie qui a nécessité la résection. Les opérations pour cancer sont fort peu encourageantes, car elles sont presque toujours suivies d'une récidive rapide.
ARTICLE m
DES RÉSECTIONS ARTICULAIRES
Nous les étudierons successivement au tronc, aux membres supérieurs et aux membres inférieurs.