ABLATION DE L'UN DES OS DE L'AVANT-BRAS
même à la scie. Malgaigne en a rapporté trois cas ; A. Séverin dit que son opéré guérit; Rognetta en a vu un autre qui, sauf une légère déviation de la main en dedans, s'en servait, dit-il, comme avant l'accident. Celui qu'il a observé n'était pas encore guéri au bout de huit mois, et tous les mouvements de la main paraissaient perdus sans retour.
La résection a été faite aussi pour des affections pathologiques et l'on a enlevé quelquefois alors une grande étendue du cubitus, Une simple incision des téguments met à nu l'articulation, que la section du cubital postérieur permet de détruire avec facilité. A. Guérin conseille de conserver le ligament inter-articulaire en sciant l'apophyse styloïde à sa base; on évite ainsi d'ouvrir l'articulation radio-carpienne, et ce conseil devra êtr3 suivi toutes les fois que la lésion le permettra. ♦
Malagodi a enlevé, non seulement l'extrémité articulaire du cubitus, mais tout le corps de cet os jusqu'à 3 centimètres audessous de la base de l'olécrâne. Deux mois après, le sujet se livrait aux travaux des champs, aussi bien, est-il dit, d'un bras que de l'autre. 11 y a là pour le moins beaucoup d'exagération. A. Guérin a enlevé les quatre cinquièmes inférieurs du cubitus; l'opéré conserva une grande force dans le membre, mais grâce à la soudure des os du carpe avec le radius.
Vlll. — Ablation lie l'un des os de l'avant-bras.
On dit que Butt (de ^'irginie) a enlevé en 1825 le radius tout entier, et que son opéré a guéri. Il eût fallu savoir comment fonctionnait le membre.
Malagodi, en 1851, a enlevé à son tour tout le cubitus pour cause de carie et de nécrose. Moins de quarante jours après, le sujet pouvait plier et étendre l'avant-bras, serrer les doigts; en un mot, on n'aurait pas dit qu'il avait perdu le cubitus. J'ai peur que l'auteur n'ait été trop ébloui de son succès pour voir bien au juste en quoi il consistait.