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II. — Incisions de dedans en dehors

Celles-ci se font tantôt avec le bistouri, d'autres fois avec les ciseaux, qui cependant, à vrai dire, coupent à la fois de dehors en dedans et de dedans eu dehors. Mais la manière de s'en servir étant suffisamment connue, nous ne nous occuperons que des incisions au bistouri. Elles se pratiquent avec ou sans conducteur.

1° Sans conducteur. Premier procédé. — Le bistouri droit, tenu en seconde position (fig. 1 1 ) pénètre d'abord par une ouverture déjà existante, ou plonge lui-même presque perpendiculairement dans une collection liquide; puis s'abaissant de telle sorte que le dos de l'instrument fasse avec la peau un angle de 45 degrés, il marche ainsi en tendant et en divisant, sur son tranchant oblique, la portion de peau à diviser, et se relève perpendiculairement pour finir l'incision.

Si l'on veut inciser contre soi par ce procédé, il faut tenir le bistouri en première position, la pointe en arrière (fig. 10).

Deuxième procédé. — Le bistouri droit tenu en quatrième position, on fait un pli à la peau; on traverse ce pli à sa base, en enfonçant le bistouri jusqu'au talon, et l'on coupe le pli en entier en retirant l'instrument et faisant agir le tranchant du talon à la pointe.

Si le pli était petit, du même coup on traverserait sa base et on l'inciserait tout entier; c'est ce qu'on fait aussi pour quelques abcès superficiels.

Troisième procédé. — Unepremière incision étant faite, si l'on veut l'agrandir ou y en joindre une autre, on enfonce le bistouri à plat, en quatrième position, sous la peau, aussi loin qu'on le juge nécessaire ; alors on retourne le tranchant en haut ; par un mouvement d'abaissement du poignet, on traverse la peau avec la pointe, et l'on retire ainsi le bistouri avec la peau qu'il soutient, et qui se coupe de la pointe au talon sur son tranchant oblique.

C'est ce procédé que l'on suit quelquefois pour les dernières branches des incisions en T ou en croix.

Quatrième procédé. Incision àlambeau. — On n'en use guère que dans les amputations. La portion qui doit être taillée en lambeau est soulevée avec les doigts de la main gauche; on la traverse à la i)ase, de part en part, avec le bistouri tenu entroisième position, mais à plat ; et, en retirant le bistouri et par des mouvements de scie, s'il est nécessaire, on coupe un lambeau demi-circulaire, aussi long et aussi épais qu'on le désire.

2° Avec un conducteur. Premier procédé. — Une sonde cannelée «tant introduite sous la peau jusqu'au point où doit finir l'incision, on place la pointe du bistouri sur sa cannelure, l'instrument en quatrième position incliné à 4.5 degrés. On le fait marcher ainsi en incisant jusqu'au cul-de-sac de la sonde; là on le relève perpendiculairement, et on le relire, soit seul, soit en même temps que la sonde.

Deuxièmeprocédé. — La sonde introduite à l'ordinaire, on glisse le bistouri à plat en quatrième position, jusqu'au cul-de-sac; alors on relève à la fois le tranchant et la pointe ; celle-ci traverse les téguments et l'on achève l'incision comme il a été dit.

m. — IncL-^ions sous-cutanées.

Elles se pratiquent soit avec le bistouri droit ordinaire, soit avec le ténotome, ou quelque autre instrument spécial. Elles ont pour objet essentiel de faire à la peau la plus petite ouverture possible, afin que la cicatrisation de cette petite plaie s'opère du jour au lendemain et permette aux tissus divisés plus profondément de se réunira leur tour hors du contact de l'air, et sans qu'une inflammation trop vive y appelle la suppuration.

Premier procédé. — La peau tendue comme pour une incision ordinaire, on porte aplat le bistouri sous la peau jusqu'à l'endroit oii doit commencer l'incision; alors on dirige le tranchant en bas, en haut, ou de côté, selon le sens dans lequel on veut couper, et on le retire en pressant, de telle sorte que l'incision finit à l'endroit même de la piqûre.

Deuxième procédé, — On fait faire un pli à la peau, et l'on traverse ce pli à la base, sans faire cependant sortir la pointe de l'autre côté; après quoi, le pli étant abandonné à lui-même, on se comporte comme dans le premier procédé.

M\LGAIGNE et LE FORT. — 9» édit. î. — 3

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