PROCÉDÉ D'OLLIER
mence la dénudation de l'os et l'on ouvre largement la capsule articulaire dans le sens de l'incision extérieure. Dans la portion moyenne et oblique, l'incision suit approximativement l'interstice du triceps et de l'anconé. Cela fait, on étend un peu le bras et avec la rugine on détache le tendon du triceps en ayant soin de conserver sa continuité avec le périoste cubital. Lorsque tout l'plécrâne se trouve dénudé, l'articulation est largement ouverte en arrière. On se reporte alors sur l'humérus; on dépouille de son périoste toute la tubérosité externe en ménageant le ligament latéral externe qu'on a délaché de l'os avec la rugine. On luxe alors l'humérus en dehors, on le sépare de ses attaches capsulaires et ligamenteuses internes et antérieures; la luxation
devient plus complète à mesure qu'on détache ces adhérences. On scie l'humérus ; on dénude également de leur périoste et de leurs attaches ligamenteuses le radius et le cubitus, et on les. coupe, le plus habituellement avec une cisaille , à cause du ramollissement des os enflammés. On doit commencer généralement par le radius.
Appréciation. — Les résections sous-capsulo-périostées ont la prétention de permettre la reproduction des surfaces osseuses avec leur forme et leurs mouvements; rien n'est plus faux. Ce qu'on enlève surtout dans une résection, c'est la partie articulaire recouverte à l'état normal par le cartilage; or, comme il n'y a pas en ce point de périoste, il serait difficile de la faire souspériostée et plus difficile encore de voir reproduire par un périoste qui n'existe pas l'extrémité articulaire des os. Du reste, comme je l'ai dit plus haut à propos des résections en général, j'ai eu l'occasion, il y a quelques années, de voir à Lyon un assez grand nombre de malades réséqués du coude par Ollier et sur aucun d'eux je n'ai retrouvé la forme de l'extrémité inférieure de l'humérus. En revanche, j'avais pu constater que les résultats obtenus obtenus par ce chirurgien étaient biea supérieurs à ceux que j'avais obtenus moi-même par les méthodes anciennes. Il importe de donner les motifs de ce réel progrès, parce que nous y trouverons un guide dans la pratique de l'opération.
Dans les procédés anciens on sectionnait le tendon du triceps au-dessus de l'olécrâne et l'on enlevait avec elle toute la partie du tendon insérée à cette apophyse. Le muscle se rétractait librement, perdait tout rapport avec le cubitus et, le plus souvent mais non toujours, les mouvements actifs d'extension étaient perdus. De même on sectionnait en travers les ligaments latéraux, ou même on les enlevait avec les os sur lesquels ils s'arrêtaient, et lorsque la guérison était obtenue l'humérus et le cubitus n'étaient plus réunis en arrière et sur les côtés que par la peau, et dans la profondeur par quelques liens fibreux de nouvelle formation. L'avant-bras n'était le plus souvent articulé avec le bras que comme les deux parties d'un fléau à battre.
Dans les procédés actuels, au contraire, on détache avec soin de l'olécrâne la totalité du tendon du triceps et l'opération achevée on cherche à le suturer aux parties molles qui en arrière recouvrent le cubitus réséqué ; le tendon prend un nouveau point d'implantation sur le cubitus avec lequel il se continue par des lambeaux de périoste et, lorsque la guérison est obtenue, le triceps retrouve avec son nouveau point d'implantation
la possibilité de mouvements actifs d'une certaine étendue. Les ligaments latéraux sont détachés avec soin de leur insertion au cubitus et à l'humérus, lis restent entiers dans le manchon de peau qui entoure l'articulation, ils lui donnent de la force, de la résistance et ils se trouvent en quelque sorte réimplantés après la guérison sur le cubitus et le radius qui se sont rapprochés l'un de l'autre par le fait même de la cicatrisation. C'est en cela qu'est utile la méthode conseillée et pratiquée par Ollier; c'est pour cela que les bons résultats, jadis exceptionnels, sont aujourd'hui devenus la règle.
Appareil de soutien. — Je dois encore appeler l'attention sur un autre point. Quelquefois l'arliculation nouvelle manque
FiG. 226.
APPAREIL DE COLLIN POUR LA l'.ÉSECTION DU COUDE.
de solidité et le malade ne peut que difficilement ou même ne peut pas fléchir activement l'avant-bras. Par un phénomène dif-
ficile à expliquer ce mouvement actif devient possible si l'on saisit le bras du malade avec la main de manière à comprimer son biceps. J'ai eu l'occasion de constater ce phénomène chez quatre malades.
Pour réaliser cette pression, Collin a imaginé un appareil embrassant le bras et l'avant-bras dans une gouttière de cuir ; dans les parties brachiales et antibrachiales est fixé un arc métallique qui passe en avant de la partie moyenne du bras et qui est traversé par une vis pressant sur une plaque métalique mobile comprimant le biceps. Le mouvement actif de flexion devient possible, lorsque la plajue appuie convenablement sur la partie moyenne de la face antérieure du bras.