‹ Manuel de médecine opératoireChapitre 229 sur 310 · RÉSECTION DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

RÉSECTION DE LA HANCHE

soin la cavité cotyloïde, et si, comme cela n'est que trop fréquent dans la coxalgie, elle est cariée sur quelques points, on se sert de la gouge à main pour enlever toutes les parties malades. L'opération faite, on applique quelques points de suture, mais en laissant une ouverture suffisamment large pour permettre l'écoulement facile de la suppuration.

Les résultats de la résection de la hanche doivent être envisagés séparément suivant qu'il s'agit d'une coxalgie ou d'une fracture par coup de feu. Dans mon mémoire de 1860 je rapportais 85 opérations ayant donné, sur 72 cas dont la terminaison était connue, 29 cas de mort, soit une mortalité de 40,8 pour 100. Good a con-

FiG. 239.

Incision de Ch. White.

m ^fc"

FiG. 240.

Incision de Textor.

tinué dans sa thèse inaugurale cette statistique qu'il prolonge jusqu'en 1867 en l'augmentant de 1 12 cas. De ces 112 opérés, 52 ont guéri, 60 sont morts, la mortalité a donc été de 52,29 pour 100. Cette élévation du chiffre de la mortalité tient à ce que la résection a depuis 1860 été faite 14 fois en France avec le résultat qui n'est que trop ordinaire dans nos hôpitaux, car sur 14 opérés il y eut 2 guéris et 12 morts; tandis que lors de la publication de mon mémoire, la France ne figurait au chapitre de ces résections que pour une seule opération, celle de Roux. Cette excessive mortalité tient à l'infériorité de notre hygiène hospitalière et en même temps à cette circonstance, que l'opération

fréquemment a été faite trop tard. Une mortalité moyenne de 50 pour 100 est sans doute très élevée, mais si l'on examine quel est le sort des malades atteints de coxalgie suppurée, on voit que la résection est d'une incontestable utilité. Gibert, dans un travail sur les résultats de l'expeclation dans la coxalgie, rapporte douze cas tirés de la pratique de l'hôpital de Sainte- Eugénie ; sur ces 12 cas il y eut une guérison, 3 non-guérisons et 8 morts, c'est une mortalité de 66 pour 100.

Jusqu'en 1861, époque de la publication de mon mémoire, la résection avait été pratiquée J2 fois pour plaies d'armes à feu, un seul opéré avait guéri, ce fut un soldat réséqué par O'Leary devant Sébastopol. Un remarquable travail d'Otis nous a donné les résultats de 64 résections de la hanche, faites pendant la guerre de la Sécession. Il y eut 6 guérisons et 58 morts. Si nous ajoutons à ces faits 9 opérations, la plupart faites en Allemagne pendant les guerres de 1864 et 1866 et une sous Paris en 1870, ayant donné 2 guérisons et 8 morts, nous arrivons à un total de 8 guérisons et 66 morts sur 74 opérations, ce qui donne une mortalité de 89,1 pour 100; chiffre à peu près égal à celui que donne l'amputation de la hanche pour plaies d'armes à feu ; puisque sur 185 opérations nous comptons 18 guérisons et 167 morts, soit une mortalité de 90,2 pour 100.

Quant à la conservation, j'ai montré en 1870 que si l'on analyse les faits et les chiffres donnés par Otis, bien que l'abstention ait donné une mortalité de 93 pour 100, c'est encore à la conservation qu'il vaut mieux recourir, à la condition toutefois de ne pas rester simple spectateur des accidents, d'enlever les esquilles mobiles et surtout détachées, et de permettre une issue facile à la suppuration.

Page 1