‹ Manuel de médecine opératoireChapitre 241 sur 310 · AMPUTATION DE L'AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

AMPUTATION DE L'AVANT-BRAS

Le motif pour lequel on remet le membre en position moyenne, c'est que cette position devra être gardée pendant la cicatrisation, et qu'ainsi la surface des os sciés restera toujours au même niveau.

Les artères à lier sont ordinairement au nombre de quatre, savoir, de haut en bas : 1° la radialey située en avant du radius ; le nerf est assez écarté en dehors pour qu'on n'ait à ce sujet aucune inquiétude; 2° Vinterosseuse antérieure, située à peu près sur le milieu de la face palmaire du ligament interosseux; elle est côtoyée par un filet nerveux qu'il est bon d'éviter; 3" Vinterosseuse postérieure, située en arrière de ce ligament, et aussi à peu près sur la ligne moyenne; mais, passé le milieu de l'avantbras, elle est divisée en ramuscules qui n'exigent plus la ligature; 4° la cubitale, placée en avant du cubitus, entre le cubital antérieur et les deux fléchisseurs.

Quelques chirurgiens se contentent de faire relever la peau suivant le procédé de J.-L. Petit; on n'est jamais sûr alors d'en avoir assez pour recouvrir convenablement les os.

D'autres, après avoir disséqué et relevé la peau en manchette, glissent le couteau à plat sous les muscles pour les tailler en lambeau; de cette façon, le lambeau musculaire est isolé à la fois par sa face cutanée et sa face profonde, ce qui accroît les surfaces de suppuration.

Pour les muscles interosseux, on a conseillé de faire passer un couteau à double tranchant successivement autour de chaque os, ce qui constitue l'incision en huit de chiffre. Mais, outre que l'étroitesse de l'espace interosseux rend cette manœuvre fort difficile, là oii il y a des muscles, on ne les coupe jamais régulièrement; là oii il y a des tendons, ils glissent sous le couteau impuissant à les diviser. Aussi ce procédé est-il généralement abandonné.

Enfin, quand on coupe les os au niveau de la section des muscles profonds, ceux-ci, se rétractant plus ou moins, laissent les bouts osseux en saillie et exposés à la nécrose, ce qui n'arrive pas quand on applique la scie au niveau de ces muscles détachés et en état de rétraction complète.

2° Méthode à deux lambeaux. — On peut les tailler à la face antérieure et à la face dorsale, soit par le procédé de Ravaton, soit par le procédé de Vermale ; mais l'un et l'autre divisent la peau sur les côtés, là où les os n'ont plus rien pour les recouvrir, ce qui les expose à faire saillie à travers la plaie.

3° Méthode à lambeau unique; procédé de Verduin. — On taille le lambeau par transfixion à la face antérieure; et à sa base on divise transversalement les téguments et les muscles de la partie postérieure. Mais les os coupés au niveau de cette sec tion des téguments ne sauraient manquer de faire saillie ; c'est

FiG. 260.

SECTION TRANSVERSALE DE L'aVANT-BRAS.

R. Radius. — C. Cubitus. — A. Fléchisseur superficiel. — B. Grand palmaire. — C. Long supinateur. — D. i^^ radial externe. — M. 2« radial externe. — F. Rond pronateur. — G. Long fléciiisseur du pouce. — H. Fléchisseur profond.

— L Cubital antérieur. — J. Long abducteur du pouce. — K. Cubital postérieur.

— L. Extenseur du petit doigt. — M. Extenseur commun des doigts. — 1. Art. radial. — 2. Art. cubitale. — 3. Art. du nerf médian. — 4. Interosseuse antérieure. — 5. Nerf médian. — 6. Nerf cubital. — 7. Veine radiale superficielle. — 8. Veine cubitale superficielle.

ce qui est arrivé à Verduin lui-même. Il est donc important de relever la peau en arrière pour diviser les muscles plus haut, d'agir en un mot comme dans la méthode circulaire, sauf le lambeau antérieur.

Page 1