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PROCÉDÉ DE LISFRANC

La pointe du couteau enfoncée dans le premier espace inter-niétatarsien.

articulations, mais avant de désarticuler, on remet le pied en position, et Ton dessine alors avec le couteau le tracé du lambeau à la pointe du pied.

Pour le pied gauche, on commence Tincision dorsale sur le côté interne du pied; on procède d'ailleurs à la désarticulation par le côté externe de l'article, et le reste à l'ordinaire.

Ajoutons que quand on éprouve quelque difficulté à trouver

DÉSARTICULATION TAKSO-MÉTATARSIENNE. 637

avec le couteau l'articulalion du premier métatarsien, Lisfranc conseilUe a manœuvre suivante : on tient le couteau perpendiculaire à l'horizon, le tranchant tourné vers le tarse; on rase ainsi la face interne du premier métatarsien ; mais dès qu'on se sent arrêté par la tête de l'os en arrière, on ramène le tranchant dans une direction perpendiculaire à l'axe du pied et on le fait marcher

FiG. 306.

PaOCÉDÉ DE LISFRANC.

Le couteau relevé pour couper le ligament interosseux.

en sciant vers l'article, jusqu'à ce que le défaut de résistance indique qu'il est arrivé.

Appréciation. — Si nous comparons les deux procédés, nous verrons que tous deux pnt des avantages et des inconvénients et nous verrons aussi qu'aujourd'hui on a modifié le procédé de Lisfranc, en lui donnant ce qu'avait de bon celui de Hey.

MALGAIGNE et LE FORT. — 9^ édit, I. 36

D'abord, pour le lambeau dorsal supplémentaire, Lisfranc, en lui doanant 15 millimètres de longueur à sa partie moyenne, le taille à ses extrémités au niveau de l'interligne articulaire; en sorte que la rétraction de la peau mettra inévitablement dans ces deux points les os à nu. Hey, sans tailler de lambeau, laissait partout aux téguments dorsaux une égale longueur, ce qui est bien préférable.

Mais c'est surtout le lambeau plantaire de Lisfranc qui encourt de graves reproches. Il n'est jamais assez long pour suffire convenablement à la rétraction secondaire, surtout lorsque la suppuration est prolongée; de là une tension périlleuse de la cicatrice et des téguments du moignon, d'où résultent des douleurs au moindre choc, des ulcérations, et même quelquefois la carie. Hey a parfaitement indiqué la juste limite du lambeau en avant, savoir la rainure digilo-plantaire. Quelle que soit la rétraction secondaire, il demeure toujours assez long pour fournir au moignon une ample enveloppe, et quand la rétraction a été arrêtée par la promptitude de la réunion, il fournit un supplément d'avant-pied qui atténue la perte des os. Bien que les métatarsiens aient en général une longueur de 6 à 7 centimètres, le pied de l'opérée de Hey, après sa guérison, n'était raccourci que de 25 millimètres, en le comparant au pied sain mesuré du talon à la racine du petit orteil. Il faut donc prolonger le lambeau du procédé de Lisfranc jusqu'à la rainure digito-plantaire et le tailler avant de désarticuler.

Dans tous les cas, le sujet n'a besoin que d'une chaussure ordinaire. La marche est généralement facile et sûre, non toutefois, comme on l'avait imaginé, que le pied porte en avant sur le premier cunéiforme et le cuboïde à la fois ; Verneuil a constaté que le cuboïde et le calcanéum appuyent seuls sur le sol. En d'autres termes, le malade marche sur le bord externe du pied comme nous l'avons déjà vu après Tamputation des métatarsiens dans leur continuité; et de même aussi ce bord externe tend à se reporter en dedans, comme pour se rapprocher de l'axe du tibia.

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