PARALLÈLE DES AMPUTATIONS
diction avec ce principe. L'observation doit toujours primer les théories les plus justes en apparence; toutefois, nous pouvons en appeler à des observations plus nombreuses et plus complètes, réserver notre jugement et placer au moins tout au même niveau ces deux procédés. Mon expérience personnelle du lambeau de J. Roux appliqué à Tampulation ostéo-plastique me donne la conviction que ce procédé est supérieur à celui de Syme. Ce dernier serait seul applicable en cas de lésions étendues de la plante du pied, ne respectant que la partie postérieure du talon.
L'amputation ostéo-plastique par le procédé de Pirogoff ou par mon procédé a l'avantage de ne pas modifier par l'arrachement du calcanéura la vitalité du lambeau talonnier ; de ne pas laisser dans ce lambeau, comme dans les procédés de Syme ou de J. Roux, un cul-de-sac dans lequel s'accumule le pus. Elle a, diton, en revanche, l'inconvénient de laisser en place un os qui peut être malade, qui peut se nécroser et devenir l'origine de fistules intarissables. Cette objection est peu fondée pour les procédés de Pirogotr et de Sédillot, car le plus souvent si le calcanéum est malade, c'est dans sa partie antérieure et supérieure, parties articulaires et cette portion de Fos disparaît dans cette amputation.
L'objection est encore moins fondée dans mon procédé où l'on ne conserve que la partie tout à fait inférieure du calcanéum, qui est rarement malade. Dans tous les cas, ceci est l'affaire du chirurgien. S'il trouve le calcanéum trop malade pour être conservé, il doit renoncer à l'amputation ostéo-plastique et il lui suffit de retrancher complètement le calcanéum pour transformer immédiatement l'amputation ostéo-plastique en désarticulation tibio-tarsienne par le procédé J. Roux. Je n'ai jamais été obligé de le faire.
C'est surtout par la base de sustentation qu'elle donne à l'opéré que l'amputation ostéo-plastique l'emporte sur toutes les autres. J'ai déjà dit que le procédé de Pirogoff présentait l'inconvénient de faire marcher le malade' sur la peau de la partie supérieure du talon. Cet inconvénient s'atténue avec le procédé de Sédillot; il disparaît absolument avec le mien. L'amputé marche sur le talon normal, doublé de la partie du calcanéum qui normalement appuie sur le sol. Le calcanéum étant soudé au tibia, il n'y a aucun renversement possible du moignon, aussi la marche s'exécute-t-elle d'une manière admirable et je n'exagère pas beaucoup en disant, qu'au point de vue de la marche, l'opéré s'aperçoit à peine de la perte de son pied.
En résumé, si l'avant-pied est seul malade, ce qui est rare, et que l'on puisse pratiquer l'amputation de Lisfranc, il faut la
pratiquer. Si elle n'est pas possible, il faut à une opération de Choppart préférer celles de Syme, de J. Roux; à la sous-astragalienne, préférer mon procédé ostéo-plastique. Si le calcanéum ne peut être conservé, l'amputation de Syme et mieux celle de J, Roux devient une nécessité.
Ces trois opérations sont de beaucoup supérieures à la susmalléolaire et doivent lui être préférées. Toutefois il peut arriver que les parties molles du talon soient trop malades pour être utilisées et que la sus-malléolaire s'impose. Cette amputation, quand le malade peut faire les frais d'un appareil prolongé jusqu'à l'ischion et convenablement fabriqué donne des résultats excellents; dans le cas contraire l'amputation au lieu d'élection s'impose comme une nécessité.