X. — Désarticulation du genou
Hein a pratiqué cette opération en ouvrant la jointure en avant, et taillant dans les chairs du mollet un vaste lambeau postérieur analogue à celui de Syme dans l'amputation intercondylienne. Velpeau a eu recours à l'incision circulaire, faite à quatre doigts au-dessous de la rotule. Le procédé de Baudens, qui se rattache à la méthode elliptique, présente à la fois les avantages de la méthode circulaire et du lambeau unique antérieur.
Procédé de Baudens. — On tire avec la plume, à partir de la crête du tibia, et à trois travers de doigt au-dessous du ligament rotulien, un trait qui doit être ramené obliquement en arrière, de bas en haut, vers l'espace poplité, et terminé à deux travers de doigt seulement au-dessous d'une ligne correspondant au ligament rotulien. Un aide tire en haut les téguments du genou; le chirurgien fait la section en suivant avec le couteau l'ovale qu'il vient de tracer; la peau est relevée alors jusqu'au niveau de l'articulalion, et l'on coupe au même niveau l'aponévrose, les muscles et les ligaments. On ramène la portion antérieure des téguments en arrière; de telle sorte que les surfaces articulaires en sont complètement recouvertes, et que la cicatrice, se trouvant en arrière et au-dessus du niveau des condyles du fémur, sera tout à fait à l'abri de la pression de la jambe de bois.
Appréciation. — La désarticulation du genou me paraît inférieure aux amputations dans les condyles. Elle conserve les surfaces cartilagineuses articulaires et cela n'est pas une bonne
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condition pour la réunion primitive. De plus, en dehors des dangers communs aux amputations, elle en offre un plus spécial, c'est la suppuration du vaste cul-de-sac synovial qui est au-dessus de la rotule. Salleron a proposé de l'ouvrir immédiatement après la désarticulation par une incision verticale de 4 à 5 centimètres. On pourrait faire sur les parties latérales deux contre-ouvertures, laissant passer un drain, tranversalement placé au devant des condyles.
Le seul avantage de la désarticulation serait de permettre à l'amputé de prendre directement point d'appui sur le moignon. Je doute fort qu'on puisse beaucoup compter sur ce résultat, et la conservation de la rotule me paraîtrait ici avoir plus d'inconvénients que d'avantages. Je pense qu'un appareil avec poind'appui ischiatique serait nécessaire ; par conséquent l'amputation dans les condyles serait au moins aussi bonne que la désart ticulation. Quoi qu'il en soit, les exemples de désarticulation sont assez rares pour qu'il nous faille laisser à l'avenir le soin de décider ce point de pratique.