II. — Du broiement
Le broiement a été appliqué aux parties molles dans deux circonstances principales. Quelquefois il s'agit de détruire une tumeur dont les débris devroiit être entraînés au dehors : c'est ainsi que l'on broie certains polypes mous entre les mors des pinces. Mais le broiement tend surtout à s'élever au rang de méthode opératoire quand il agit sur des tissus ou des tumeurs sans communication avec l'extérieur, et dont les débris sont abandonnés à l'absorption, 11 y a alors trois principaux procédés :
1" La pression. — Elle s'exerce, selon le degré de résistance, avec le pouce ou avec un cachet. Elle a été ainsi appliquée, d'abord aux kystes synoviaux, et par moi-même aux ganglions indurés.
S'^La percussion. — On s'est servi d'un marteau pour rompre les kystes synoviaux; il faut pour cela qu'ils reposent sur un plan osseux, comme au pied ou à la main.
S*' Les hachures. — Oa broie avec l'aiguille à cataracte le cristallin trop mou pour être abaissé; on a aussi employé la même aiguille pour broyer le tissu des tumeurs érectiles ; enfin Bonnet (de Lyon) s'est servi d'un lénotomepour le broiement des lipomes.
Je reviendrai ailleurs sur ces divers procédés, qui n'ont pas donné jusqu'ici des résultats bien éclatants. A peine est-il besoin de rappeler que le broiement s'exécute sur des calculs vésicaux, par pression ou par percussion, dans la lithotritie; sur la tête du fœtus, à l'aide du céphalotribe : mais là on agit sur tout autre chose que des parties molles, et ce sont des cas spéciaux en dehors des méthodes générales.