III. — Du raclage
Le raclage tient à la fois de la déchirure et du broiement. Récamier se servait d'une curette un peu tranchante pour abraser les granulations du col utérin. Sédillot dans les opérations d'évidement des os faisait avec la gouge une sorte de raclage. Je me sers depuis longtemps de ce moyen pour abraser, avec une branche d'une paire de ciseaux agissant comme grattoir, les granulations palpébrales, les végétations existant sur le prépuce, la vulve ou la périphérie de l'anus. Depuis quelques années l'introduction en chirurgie des curettes tranchantes de Bruns, de Simon, de Volkmann a fort étendu la pratique du raclage. Ces cuillers, circulaires ou ovales, ont un diamètre qui varie de O^'jOOS à 0™, 016 et plus, et une profondeur de 0°^, 005 à O'", 010 leurs bords sont fortement tranchants. On les utilise pour enlever les fongosités qui tapissent une fistule, l'intérieur d'un abcès froid, pour évacuer le contenu d'un ganglion caséeux et suppuré, pour nettoyer la cavité osseuse qui loge un séquestre. Je m'en suis utilement servi pour enlever toute la partie infiltrée d'an- Ihrax au début, après l'avoir largement incisé, et j'ai pu obtenir ainsi la réunion primitive de la peau aux parties profondes et par conséquent une guérison rapide. On abuse assez facilement aujourd'hui du raclage, comme cela arrive avec tous les moyens nouvellement mis en usage; mais ce mode de diérèse rend dans les cas appropriés de réels services.