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DE L'ONGLE INCARNÉ

mence par séparer doucement avec le iDOut de l'instrument la peau qui recouvre la racine de l'ongle. Parvenu vers son bord postérieur, c'est-à-dire dans la matrice même, il exécute rapidement un mouvement de bascule, de manière que la spatule vienne faire un angle très aigu avec l'orteil malade, et que son extrémité se trouve engagée sous l'ongle, qui est encore adhérent par ses bords latéraux et sa partie moyenne; puis en faisant avancer de vive force la spatule sous la longueur de l'ongle, on en procure tout à la fois le décollement et l'avulsion. Long disait que l'arrachement s'obtenait ainsi sans difficulté,

FiG. 110.

Arrachement de l'ongle. — Procédé de Long.

sans douleur et sans une goutte de sang. Je l'ai pratiqué souvent, et je puis attester qu'il faut une certaine force, que l'ongle est sujet à se déchirer, ce qui obligea y revenir deux ou trois fois pour l'avulsion complète; que les malades accusent une vive douleur, et enfin que les tissus sur lesquels l'ongle repose laissent écouler quelques gouttes de sang. La cicatrisation demande quelquefois une dizaine de jours, et du quinzième au vingtième jour l'ongle nouveau commence à reparaître.

Cinquième méthode. Destruction de la matrice de l'ongle. — On peut également la détruire en partie ou en totalité.

lu Destruction partielle. Procédé de Larrey. — On commence par arracher la portion d'ongle condamnée, suivant le procédé de Dupuylren que nous avons décrit tout à l'heure; après quoi on enlève la matrice avec le bistouri; et enfin on cautérise la plaie avec le fer rouge.

Sédillot remplace le fer rouge par la pâte de Vienne.

Cette cautérisation a pour objet de détruire plus sûrement toute la portion de matrice que Ton veut anéantir; le moindre rudiment négligé pouvant reproduire un tronçon d'ongle qui s'engagerait encore dans les chairs. La cautérisation serait donc parfaitement inutile, si l'on prenait soin d'extirper avec le bistouri toute la surface polie qui appartient à la matrice; le procédé

Position vicieuse du second orteil amenant l'incarnation de l'ongle du gros orteil.

serait même rendu plus simple, et surtout beaucoup plus sûr. Car, sans parler de l'action du feu ou des caustiques sur la phalangette, Sédillot rapporte qu'un de ses malades eut l'articulation ouverte par l'action mal dirigé de la pâte de Vienne.

2o Destruction complète. Procédé de Dupuytren. — Le pied Eaisi de la main gauche, on pratique avec un bistouri droit une incision profonde et demi-circulaire, à 7 millimètres au delà de l'origine apparente de l'ongle, et qui cerne l'ongle et sa matrice en totalité. Alors un aide maintenant l'orteil malade en position, on relève le lambeau d'arrière en avant avec la pince à disséquer, et on détache toute la peau qui enveloppe l'ongle à sa racine, en même temps que l'ongle lui-même.

DE L'ONGLE INCARNÉJ

Procédé de Baudens. — On entame la peau de l'orteil au point indiqué avec un bistouri tenu à pleine main, et l'on enlève d'un seul coup, comme un copeau de bois, la matrice et l'ongle.

C'est ici surtout qu'il faut rechercher avec soin les moindres vestiges de la matrice, afin qu'aucune portion de l'ongle ne vienne à se reproduire.

J'ai eu rarement recours à la destruction de la matrice de l'ongle, car cela est rarement nécessaire. Bien des fois, après la petite opération de Fabrice d'Acquapendente, j'ai obtenu des guérisons radicales; et, en cas de récidive, il suffirait de recommencer. Dans les cas les plus graves, le procédé de Long m'a toujours suffi pour procurer la cicatrisation des chairs ul-

Traitement de l'ongle incarné par la superposition du second orteil.

cérées; l'ongle avait repoussé, et il n'y avait pas trace de récidive.

Méthode de L. Le Fort. — Une connaissance aujourd'hui plus complète des causes qui amènent lamaladie donne les moyens de la guérir très souvent sans aucune opération. Une raison très facile à comprendre explique comment le gros orteil seul est le siège de la maladie et pourquoi le bord externe (interne par rapport à l'axe du pied) est presque toujours le seul atteint. Les quatre derniers orteils appuient sur le sol par leur extrémité et dans une direction perpendiculaire à la surface de l'ongle; le gros orteil appuie à plat sur un plan parallèle à la surface unguéale, de sorte que les chairs ont une tendance naturelle à le déborder latérale-

ment. Dans l'état normal, le deuxième orteil recouvre un peu le premier, mais quelquefois ce second orteil est comme caché sous le premier et le troisième (fig. 111), et celte pression surajoutée tend à faire incarner le bord correspondant de l'ongle sous les chairs repoussées en haut. On peut donc prévenir la maladie ou empêcher son retour en ramenant le second orteil au-dessus du premier (fig. 112), et en le maintenant dans cette position au moyen d'une petite bande emplastique. Mais la maladie se compose d'un autre élément : l'ulcération fongueuse du bord de l'orteil. Il faut séparer les chairs exhubérantes et pour cela il n'est pas besoin d'opération : l'application journalière de quelques brins de charpie trempés dans le perchlorure de fer et insinués entre l'ongle et les chairs m'ont souvent suffi pour obtenir une guérison complète et durable à la condition de rectifier la position du second orteil.

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