DE L'ONGLE INCARNÉ
Deuxième méthode. Déplacement des chairs. — Au lieu de retrancher les chairs malades, on a cherché à dégager l'ongle en raccourcissant la peau exubérante.
Procédé de Guy on. — On fait transversalement aux deux extrémités des chairs ulcérées deux incisions, qu'on réunit par une troisième. On détache ainsi un petit lambeau quadrilatère dont la base répond à la partie malade. Ceci fait, on enlève de la face latérale de Torteil une portion de peau (B A) correspondant au déplacement qu'on veut obtenir; en réunissant parla suture le bord du lambeau et le bord de la plaie ainsi agrandie, on tire sur l'ulcère et l'on dégage le bord incarné de l'ongle (fig. 109).
Troisième méthode. Redressement de l'ongle. — C'est assurément la méthode qui va le moins directement au but.
FiG. 109.
Procédé de Guyon.
Procédé de Desault. — 11 se servait d'une lame de fer-blanc, longue de i centimètres et d'un centimètre de large, ''dont il introduisait l'extrémité légèrement recourbée entre l'ongle et les chairs. De cette façon, il soulevait l'un et déprimait les autres; puis, recourbant la lame de dedans en dehors, de manière qu'elle embrassât exactement le bourrelet formé par les chairs, il la maintenait dans cette position à l'aide d'une bande, roulée autour du gros orteil.
Je ne citerai que pour mémoire les procédés de Richerand, qui employait une lame de plomb ; de Dudon qui préférait des agrafes d'argent, etc.
Quatrième méthode. Ablation'^ de l'ongle. — Quelques-uns ont essayé d'amincir avec un grattoir le milieu de l'ongle pour en
rapprocher ensuite les deux moitiés. Guilmot a eu l'idée de couper l'angle interne de l'ongle, pour que la pression de l'empeigne cessât de le repousser en dehors et d'enfoncer dans les chairs son bord externe.
Cela n'est vraiment pas sérieux. 11 n'y a ici que trois procédés qui méritent d'être reproduits : 1° l'ablation de la portion incarnée de l'ongle; 2° l'ablation de tout un côté de l'ongle; 3*^ l'ablation de l'ongle tout entier.
lo Ablation de la portion incarnée de V ongle. Procédé de Fabrice d'Acqiiapendente. — 11 isolait d'abord l'ongle de la chair avec un peu de charpie ; puis, avec des ciseaux, il coupait en long sa portion incarnée jusqu'au point oii elle adhérait aux chairs, et, la saisissant avec des pinces, il l'arrachait, sans user d'aucune violence, d'3i\ec le reste de l'ongle. Il recommençait le lendemain et les jours suivants, jusqu'à ce que toute la partie incarnée fût complètement arrachée.
C'est ce procédé que Malgaigne a adopté en le simplifiant, et qui est surtout facilité par ce fait d'anatomie, que la portion incarnée a cessé en grande partie d'adhérer aux chairs sous-jacentes. 11 incise donc avec précaution, avec les ciseaux ou la pointe d'un bistouri, toute la portion incarnée de l'ongle jusqu'à l'endroit où il sort de sa matrice, la saisit avec la pince à disséquer et l'attire en haut et en dehors, de manière à la déchirer : elle se déchire très aisément en travers. On place ensuite un peu de charpie râpée sous les chairs; et pour l'ordinaire, immédiatement après, le malade peut marcher et courir sans douleur.
2° Ablation de tout un côté de V ongle. Procédé de Diipuytren. — On engage sous la partie moyenne du bord libre de l'ongle la pointe d'une branche de ciseaux droits bien affilés, qu'on fait glisser rapidement jusqu'à la racine de l'ongle, et on le divise d'un seul coup en deux moitiés à peu près égales. Puis on saisit la moitié nuisible avec une pince à disséquer, et on l'arrache en la roulant sur elle-même de dedans en dehors.
o° Arrachement de l'ongle entier. Procédé de Long (fig. 110). — Cette opération, assez simple, se fait avec une spatule ordinaire d'acier. Le malade étant assis ou couché, le chirurgien embrasse fortement de la main gauche le pied et le gros orteil; puis, saisissant de la main droite l'extrémité aplatie de la spatule, le pouce placé sur la face concave, l'index et le médius sur la face convexe, à peu près comme une plume à écrire, il com-