SECTION DU NERF DENTAIRE INFÉRIEUR
culte : la faciale transverse l'avait été dès le début de l'opération. La plaie fut réunie par première intention, et le malade guérit le neuvième jour.
Velpeau essaya sur le cadavre une modification assez heureuse de ce procédé. Une incision en U, passant à 4 millimètres audessous et en arrière des bords inférieur et postérieur de la mâchoire, et remontant en avant du masséter, à 2 millimètres en dehors de l'artère faciale, jusqu'à 13 millimètres au-dessous de l'arcade zygomatique, permet de relever un lambeau unique sans léser la parotide. L'os mis à nu, on applique une moyenne couronne de trépan sur le milieu de la branche. La couronne enlevée, on voit le nerf qu'elle entraine avec elle, et on peut le couper au-dessus de l'orifice dentaire. Il est important de s'assurer que le nerf est bien situé dans l'épaisseur de l'os , car immédiatement au fond de la plaie se voit le nerf lingual, qui est aussi gros et aÔecte la, même direction. Mais le lingual marche sous l'os et même derrière le périoste; il est aussi un peu plus rapproché de la mâchoire supérieure. Si la couronne avait été appliquée très près du bord antérieur de l'os, on ne trouverait qu'un seul nerf, le lingual; il faudrait chercher le dentaire en arrière de la plaie circulaire de l'os, et entre ses deux lames.
La section du nerf dentaire inférieur avant son enlrée dans le canal et avec trépanation préalable du maxillaire a été pratiquée par J.-O. Varren, Kûhn (de Leipzig), Patruban et Schuh, Uro Walter, Wernher (de Giessen), J.-M. Warren, Fumagalli (de Milan), Nussbaum, Roser. Sur treize opérations, il y a eu sept guérisons, une amélioration, cinq insuccès.
B. Section du nerf par la bouche. — Malgaigne avait fait quelques essais sur le cadavre, pour voir si l'on ne pourrait pas atteindre le nerf par une ponction en dedans de la bouche, et cela lui avait assez bien réussi. Il n'eut pas occasion d'appliquer ce procédé sur le vivant. Il consiste à porter un bistouri étroit à pointe émoussée entre le plérygoïdien et l'os, à quelques millimètres au-dessus du niveau de l'orifice du canal dentaire, et à couper le nerf sur l'os, en sciant avec la pointe de l'instrument. Lizars, dès 1820, avait pratiqué cette opération suivie de succès.
Procédé de Michel (de Nancy). — La bouche étant maintenue largement ouverte par un écarteur, on fait une incision verticale allant de la dernière molaire supérieure à la dernière molaire inférieure sur le bord antérieur du ptérygoïdien interne. On introduit l'indicateur gauche entre le ptérygoïdien et le tendon
MALGAIGNE et LE FORT. — d'' cdit. I. — 13
du temporal et l'on cherche avec le doigt l'épine de Spix. On glisse sur le doigt un crochet mousse qu'on porte au delà de l'épine et l'on cherche le nerf que l'on charge et que l'on coupe avec un bistouri boutonné. -^