‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 115 sur 201 · DU TRÉPAN · texte numérisé non relu

DU TRÉPAN

€«g, il reste là une ouverture aux os, par laquelle od peut sentir quelquefois les mouvements du cerveau. On conseille, pour préveoirTaclion du froid sur cet organe, ou en empêcher la hernie, de recouvrir la cicatrice d'une calotte de cuir ou de carton bouilli. J'ai ?a plusieurs individus ti'épanés s'en passer sans inconvénient.

Certains points du crâne demandent une mention spéciale.

i" Quand on trépane sur la fosse temporale, Sabatier conseille de donner à Fincision la forme d'un V à base supérieure, dans le but de ménager les fibres du muscle temporal. Velpeau a déjà remarqué qu'on n'en coupe pas moins de cette manière les fibres €$mprises entre la base du lambeau. L'important est bien moins, d'ailleurs, de ménager les fibres que de conserver les nerfs qui s'y rendent. Or, ces nerfs, au nombre de trois, remontent à la face postérieure du muscle, en s' écartant en quelque sorte en éventail. Le meilleur moyen de les épargner serait donc de faire deux incisions dans la direction des fibres musculaires^ réunies en haut par une troisième, qui permettrait de décoller le muscle de haut en bas.

2^ Quand on doit traverser les sinus frontaux, la fable interne du crâne n'étant plus sur le même plan que la table externe, en faisant l'opération à l'ordinaire, on déchirerait la dure-mére en un point, avant d'avoir entamé la seconde table au point opposé. On conseille donc de prendre, pour agir perpendiculairement sur la seconde table, une couronne plus petite que celle dont on s'est servi pour la première.

-3« Lorsqu'on a ouvert un des sinus veineux, l'hémorrhagie s'arrête ordinairement d'elle-même, ou cède au moindre tamponnement, liais la lésion de Tartère méningée moyentie est plus grave ; aussi on a défendu longtemps de trépaner vers l'angle antérieur et inférieur du pariétal, sous lequel elle se trouve. Si elle donnait lien à une hémon*hagie, on pourrait la comprimer à l'aide d'un bourdonnet de charpie placé dans le crâne et retenu par un fil à rextérieur (Physick), ou avec une plaque de plomb recourbée qui embrasserait les deux faces de l'os ; ou la boucher avec un morceau de cire si' elle était renfermée dans un canal osseux complet, ou la tOQcher avec un stylet chauâfê^ à blanc (Larrey) ; ou même tenter de lalier, comme Dorsey y a réussi une fois.

La trépanation du crâne est une opération toujours grave, à cause du voisinage du cerveau, mais dont la gvaviié varie be^coup, selon les circonstances dans lesquelles elle est pvaiiquée. S i

s^agit d'enlever une portion nécrosée des os du crâne, on n'a nul | besoin d'ouvôr la dure-mère, le cerveau est à l'abri; c'est alors! que le trépan donne les résultats les plus favorables. Pour les plaies | de tète, selon la statistique de Macleod, sur les cbampsde bataittel de la Grimée, 26 opérations ont donné 19 morts. Dans les bôpitaial de Paris, en six années, de 1836 à 1841, j'ai relevé 15 opérationf| de trépan pour des plaies de tète ; il y a eu 15 morts.

[Pendant la guerre de la Sécession, il a été fait dans TanDée fé dérale 107 trépanations; il y eut kl guérisons, 60 morts. Le re levé des observations publiées en Angleteri'e, de 1857 à 18661 m'a donné 1 26 opérations de trépan, avec 50 guérisons et 76 morUJ J'ai montré, dans un mémoire sur ce sujet, que les résultats de' trépanation varient beaucoup, d'après la nature des symptômes térieurs à l'opération. La mortalité, lorsque Topération est dans le coma, a été de 75 p. 4 00 ; après les convulsions, 9& p. tOC après l'hémiplégie, 36 p. 100. J'ai montré également que la panation doit être relevée de la proscription que Malgaigne a peser sur elle.]

ARTICLE II

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