III. — Des cnrpm étrasgers avec «v sans i^aie
Les corps étrangers sont de plusieurs sortes : les uns, arrondis ou non, mais éxmi les trois dimensions diffèrent peu^ sont lancés dans la profondeur des tissas par une force quelconque, sans donner prise pour ainsi dire à l'extérieur : lels sont les balles, le mena plomb, les grains de poudre, la bourre d'une arme À lèa, mie portion de vêtement, etc. Les autres ont une forme allongée, et pcnvent souvent être saisis par une de leurs extrémités, comme une lame de couteau ou d'épée, une écharde, etc.
En général^ ils sont accompagnés d'une plaie qui a servi à les introduire. Mais assez souvent, une balle, une aiguille, sont perdues dans les tissus, et y demeurent même quand la plaie est fermée.
Reconnaître avec certitude la présence d'un corps étranger enfoncé dans la profondeur des tissus est quelquefois plus difficile que de l'extraire. Depuis quelques années nous sommes en possession d'instruments précieux pour la recherche des corps métalliques, et surtout des balles.
Nélaton, à l'occasion de la blessure de Garibaldi^ imagina ub stylet explorateur terminé par une petite sphère de porcelaine non émaillée. Si le corps dur dont on ignore la nature précise est une balle, l'olive de porcelaine promenée, roulée sur sa surface, se charge, sous forme de tache noire^ de parcelles de plomb dont il est facile de vérifier la nature, mais s'il s'agit d'un corps étranger de fer, de cuivre, d'acier, le stylet perd toute utilité.
Favre (de Marseille) avait conseillé à la même époque de se servir de l'électricité,* M. Trouvé, en 1869, a mis le conseil ei pratique en imaginant un explorateur électrique d'une extrètne précision. L'appareil se compose d'une pile et du slylet explorateur La pile est formée d'un tube cylindrique de charbon appliqué ^ l'intérieur d'un étui de caoutchouc durci, dont il n'occupe qne la
DliS CORPS ÉTRA^GERS. :iti
mailié de la hnuteur. Dans le couvercle esl lix£ un pelit cjliudre d« zinc, iaoté au centre du tube de charbon. Lorsque l'appareil est verlicalement placé, le liquide excitateur (solution de bisulfate de
Fie. 88.
c) se rassemble à la partie inférieure, et ne touche ni le zinc ni le charbon; la pile esl au repos (Qg. 87). four la fiùre fonctionner il sufGt de coucher boriionïaleDieDl la pile. l.e>lylel (fig. 88) se compose: de deui tiges d'acier accolées,
mis séparées par une substance isolante et aboutissant à on trenMeur placé dans le disque qui termine le stylet. Lorsque les éem pointes d'acier qui forment le stylet touchent simultanément un corps métallique, le circuit est fermé et le trembleur entre en action. Les métaux seuls pouvant produire ce résultat, on sait toot de suite si Ton a affaire à un os, ou à un corps étranger de nature métallique.
L Extraction des balles. — Celte opération se fait, ou avec les doigts, quand la balle est à portée et peu engagée, ce qui est assez rare, ou avec des instruments. Dans la majeure partie des cas, la spatule et les pinces à disséquer suffisent; au besoin on aurait recours aux pinces à polype de M. Charriè're,dont les manches croisés l'un sur Tautre permettent abx branches de s-écarter presque parallèlement ; à la pince imaginée par Thomassin, oubliée en France, employée en Amérique pendant la guerre de la sécession et rentrée dans notre arsenal chirurgical sous le nom de pime américaine.
Fie. 89.
FiG. 90. FiG. 91.
Tire-I alla Ezploratenr - Tire-baUe '
Charrière, de Thomassin. de Gemrig.
Pince de Thomassin, dite américaine.
Lorsque la balle est un peu enclavée on lorsqu'on ne peut Vt^- Peindre que par un point de sa surfiace^ on peut se servir avec
DlES CORPS ÊTRÀN6ER8.
Îê3
avantage <ki tire-fond^ qui, en pénétrant dans la balle elle-même, permet d'exercer &ur elle une traction assez^ énergique.
Fw. 93.
Tùre -Sond complet. •-* Sa canole. •- Sa tige.
Le^ r^les générales pour l'extraction des balles sont :
'. 1^ De s'assurer avant toiit de la position de la balle, en exami-
nant le trajet de la plaie^ en s'informant de la position du blessé au
.moment du coup, 'en sondant la plaie, en explorant tous les points
de la surface du membre ou du tronc où Ton présume que s'éist
dirigée la balle.
2<^ De faire tous Ijes débridements nécessaires pour arriver jusqu'à elle, et lui ouvrir un large passage.
3^ D'inciser sur elle avec soin le tissu cellulaire qui la tient qu«l- ' qaefois comme encapuchonnée.
k? Si eHe est très-loin de l'ouverture extérieure et très-ràppro-
ebée d'un antre point de la surface du membre, c'est là qu'il faut
^ inciser pour l'extraire, sur la saillie qu'elle ferme»
•. S** Si elle est incn|stée dans un os, et qu'on juge son extraction
nécessaire, on attaque l'os avec la gouge ou le trépan; sinon on
rabandbmie, et la plaie guérit quelquefois aussi bien.
6^ Si elle est si profondément cadiéedans les parties nielles qu'on ne poisse la sentir, ou qu'il faille d'énormes incisions pour la sai^, -c'est encore le cas de l'abandonner à la. nature.
7^ Si .elle est enckvée entre deux tendons, on est quelquefois obligé d'en couper un en travers.
8* Si elle est retenue entre deux os, comme à la jambe ou à Tavant-bras^ au métacarpe ou au métatarse, on l'ébranlé et on la dégage avec la petite extrémité de la spatule ordinaire.
9* SI Ton a lieu de redouter quelque hémorrhagie durant ces tentatives;^ on fait comprimer l'artère principale par un aide ou avec on tounuqaet.
154 OI»iRATI(»(6 GÉNÉRALES.
IL Ecôtraclioin des caUres corps non saUlarUs à Vextèrieur, — On extrait les grains de poudre arrêtés à la peau avec la pointe d'une aiguille; opération minutieuse, et dont on ne peut guère attendre un succès complet.
Les esquilles d'os, les éclats de bois, de verre, Tes fragmente d*habits, se retirent avec les pinces à polype ou à dissection, après les débridements nécessaires.
Si un corps étranger quelconque se tpouve perdu dans les tissus après la cicatrisation de la plaie, on attend pour Textraire qu'il fasse sous la peau une saillie bien caractérisée ; alors on incise dessus, et on le tire avec des pinces.
III. Extraction des corps étrangers laissatit prise à Vextérim, — Si une lame d'épée ou de couteau est enfoncée dans les chairs, et laisse au dehors une poignée, on la retire par cette poignée même.
Si la lame est brisée et ne peut être saisie avec les doigts, on se sert de pinces très-fortes dont on garnit les mors avec du linge, pour les empêcher de glisser sur la lante.
Si la lame résiste, et si elle est enfoncée dans les parties osseuses, il peut se présenter trois cas :
1° Ou bien on peut encore la saisir à Textérieur, et alors on a recours aux plus fortes tenailles de maréchal ; quelquefois on a été obligé de mettre le pied sur la région où était enfoncée la lame, pour Tassujettir durant les violents efforts de traction.
2"* Ou bien la lame, brisée au niveau de Tos, fait saillie dans ose cavité, comme la bouche ou la poitrine; on peut alors armer le doigt d'un dé métallique, le porter dans la cavité, et repousser la lame de dedans en dehors avec cç doigt; on sent toutefois qu'il ne faudrait adopter ce procédé pour la poitrine qu'autsUdt qu'il y aurait déjà une plaie pénétrante.
3° Ou bien la lame n'offre de saillie ni en dehors, ni dans une cavité : si elle cause de très-graves accidents, on trépane sur les os pour obtenir quelque prise à l'extériei^r; si les accidents stmi peu de chose, on attend que l'inflammation et la suppuration aient ramolli les tissus et donné un peu de jeu au corps étranger.
ARTICLE VIL