‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 52 sur 201 · I. — 1^ la ténotomie en général · texte numérisé non relu

I. — 1^ la ténotomie en général

On pratique la section en travers d'un muscle j, d^un tendon, d'mK

aponévrose^ dans les cas de rétraction permanente et rebeUe à tout

autre moyen. Ces opérations, fort rares autrefois, alors surtont

qu'on divisait les téguments avec les nniscles^ ont pris il y a une

trentaine d*années une extension extraordinaire; et il y avait une

sorte de rivalité parmi les chirurgiens à qui découvrirait quelque

muscle nouveau à diviser. Aujourd'hui on est revenu à de plus sages

appréciations. On ne coupe plus que rarement les muscles de Tœii

pour le strabisme, on ne coupe plus ceux de la langue pour le

•t)égayement^ opérations qui seront décrites dans leurs régions spé-

•<iàles; au tronc, on a justement conservé la section dn stemo-

mastoîdiem pour le torticolis, au membre inférieur ceUe du tendon

-d'Achille ; ce sont les seules que nous décrirons ici. Du reste, s'Ose

présentait quelque indication positive d'en couper d'autres, il serait

facile de leur appliquer les règles générales qui vont suivre.

!• Toutes ces sections doivent être pratiquées, autant que^possible, par une incision sous-cutanée.

2* L'instrument spécial est le ténotome, dont la forme a varié. Quelques-uns se servent d'un ténotome à tranchant co^exe; d'antres préfèrent un tranchant concave ; le tranchant droit suffit dans tous les cas. La lame la plus étroite est la meilleure, pourvu qu'elle garde une solidité suffisante; j'ai décrit (page 3) ceÛe que je préfère. Enfin la pointe peut être mousse ou aiguë, ce qui fait varier le procédé opératoire.

Avec le ténotome aigu, on fait du même coup la ponction des téguments et la section du muscle et du tendon; c'est un pelil avantage.

Avec le ténotome mousse, il faut faire la ponction des téguments avec une lancette ou un bistouri, et glisser le ténotome par cette

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ouverture. L'aTsmtage de «e procédé est que Foi n'a pas à craindre de blesser quelque yaissean avec la pointe de Finstrunient.

Z^ Dans tous les cas, la piqûre de la peau doit être ^iissi étroite que possyile ; afin d*éTiter riaflammatioB que pourrait amener une plaie plus étendue.

4* 11 eÈi indispensable d*empécher Vaccès de Fair.. C'est pourquoi on £adt la ponction à quelque distance du muscle à diviser, vers lequel on glisse ensuite à plat la lame de rinstrument ; ou bien Oi iiBdt fiadre à la peau un pli parallèle à la direction du muscle, eC dont la base répond à Tun de ses bords. Le ténotome plongé i k base du pU, on laisse la peau revenir à sa place, ce qui suffit pour laisser un certain intervalle entre la ponction cutanée et l'incision du muselé.

. S'Êaj^onctionlaite, on enfonce le ténotome, soit au-dessus^ soit au-dessous du muscle à diviser, jusqu'à ce qu'on le dépasse de quelques millimètres. Dans ce trajet, il est prudent que la lame soit glissée à plat, le tranchant incliné du côté le plus éloigné des vaisseaux.'

6* Quand on glisse rinstrument au-dessous du muscle, une préeantion essentiene est de faire tendre celui-ci pour le soulever et le détacher en quelque façon des parties plus profondes.-

7^ Lorsque le ténotome a dépassé la longueur du musclé, on lui imprime ûnr ûiêUTement d'un quart de cercle, de manière que fc tnuiehaiit soit tourné perpendiculairement sur le muscle, soit de dehors en dedans, soit de dedans en dehors.

S* Là section doit s'opérer ici principalement en pressant, et le

moins possible en sciant. La raison de ce précepte est que Ton ne

peut guère Couper en pressant que les parties très-tendues,. et que

les f aisseaux qui ne le sont pas échapperont plus aisément au traur-

*<iiant'du ténotome. C'est pourquoi il est indispensable, durant la

'^^on, de mettre le muscle ou le tendon dans la tension la plus

Me possible, de tette sorte qu'il vienne s'offrir pour ainsi dire de

W^ême à Tactièn de l'instrument; des craquements successîfe

«wiottcem les ]^ogrès de la section, et un défaut subit de résis-

^<u>ce, en même temps que Fécartement des deux bouts du muscle,

'apprend qu'elle est terminée.

^ Il ne faut pas cependant s'en fier absolument à -ce dernier

*Vwi; car il arrive quelquefois que, le tendon ou le muscle étant

^pé, la gahie celluleuse résiste encore. En conséquence, avant de

^^f^nir le ténotome, on s'assurera que nul otostacle de ce genre ne

s oppose au mouvement des parties; et si la gahie paraissait ré-

^f»clée et résistante, il faudrait la diviser à son tour. Seulement,

* chirurgien devra prendre bien garde de ne pas attribuer à cette

iO.

gaine la résistance d*autres muscles ou même des ligameots. (k reconnaîtra la résistance de la gaine, lorsque, «n cherchant à éteih dre les parties, on la sentira se tendre sous les téguments.

4 0° Après avoir coupé tout ce qui doit être coupé, on retiicia le ténotome avec précaution , de manière à ne pas agrandir Vonverture de la peau, et Ton appliquera sur celle-ci une rondelle de diachylon. S'il était entré de Tair dans la plaie sous^utanée, m l'exprimerait avec les doigts avant de fermer Fouverture.

li<^ Enfin, comme la guérison de la difformité exige presque twijours remploi consécutif d* appareils de redressement doBt le premier effet est d'écarter les bouts du muscle divisé, il. est ^rtànt d'attendre deux ou trois jours avant de les appliquer, aân qu^il y ait un commencement d^organisation dans le lieu de la section ; è, d'opérer ensuite l'extension avec ménagement et sans brusque violence.

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