‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 93 sur 201 · LIGATURE DE LA CAROTIDE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

LIGATURE DE LA CAROTIDE PRIMITIVE

est essentiel de tenir le cou dans une rectitude absolue, la moindre rotation sufOsant pour modifier ces rapports.

Appréciation et résultats.^^ [La, ligature de lacarotide primitive a été pratiquée un grand nombre de fois, car j* ai pu en rassembler 41 1 observations; mais, pour apprécier la valeur de Topération, il faut classer les différents cas suivant la cause pour laquelle la ligature a été faite.

1* Ligature pour anéKTysme^ méthode d' AneL — Sur nos 71 observations, il faut en éliminer 18 dans lesquelles il y eut des erreurs de diagnostic, ou qui laissent subsister le doute sur le siège précis deVanévrysme. 11 nous en reste donc 53.

A. Anévrysme de la carotide primitive, — Sur ZU cas, il y eut 16 guèrisons, 1 récidive et 17 morts, c'est-à-dire une mortalité de plus de 50 pour 100. Comme cause de mart nous trouvons 1 fois des accidents cérébraux, une fois T épuisement, deux fois des accès de suffocation amenés par la pression de ranévi7sme sur la trachée; cinq fois des hémorrhagies par le sac enflammé, suppuré et rompu, et une fois au niveau de la ligature.

B Anévrysmes de la carotide externe. — Nous comptons douze opérations. Les opérés de Barrier, Macaulay, Porter, Molina, Wàller, South et Norris présentèrent des accidents cérébraux ; les deux derniers seuls succombèrent. L'opéré de Nicoli ayant eu une némorrhagie le quatrième jour, le chirurgien ouvrit le sac. Son «malade guérit.

C. Anévi'ysmes de la carotide interne, — La ligature de la caro- Ude primitive a été faite six fois. 11 y eut 2 guérisons, 2 récidives et 2 morts.

2* Ligature pour anévrysme, méthode de Brasdor, — Sur les SO observations il faut éliminer Tune des observations de Wardrop, caria carotide qu'ion crut avoir lié ne Tétait pas, celles de %enetd'0*Shaugnesy, car il s'agissait d'une anévrysme de T aorte.

la ligature a été pratiquée neuf fois pour anévrysmes caroti- •^'cns, il n'y eut que U morts. Trois fois seulement, il est vrai, la î^érisonfut complète (Bush, Colsoo, Wardrop) ; mais l'observa - ••on laisse espérer que deux autres malades (ceux de Wood et •jfogoff) ont guéri. Si Ton réfléchit que la ligature d'après la mé- "^e de Brasdor, n'a été appliquée que dans les cas les plus graves :

ceux où l'anévrysme siégeant à Torigine de Tarière ne permeWal guère la ligature par la méthode d'Anel, on verra qu'on estpte qu'autorisé à revenir aune opération qui ne mérite pas la condam-» nation qui pèse sur elle.

!,a ligature pour anévrjsmes de Tinnominée a donné des résdtals beaucoup plus défavorables ; sur 18 opérations, nous compta» 1 1 morts , /i fois par accidents cérébraux, 3 fois par des hémorrhagies, tx fois par un affaiblissement graduel ou par des accès de ■ suffocation déterminés par l'accroissement de volume de ranévrysme. 17 insuccès, un succès douteux (Evans); tel est le bila de la ligature ; mais si Ton songe que six fois le malade survécoU que plusieurs fois il y eut amélioration (MoU, Morisson, Fean], que les autres moyens ont donné des résultats plus malheurea encore, on verra que dans des cas de nécessité on sera autorisé i recourir à la ligature de la carotide.

3° Ligature pour plaies et hémoirhagies. — Ne pouvant enim dans le détail des faits, et examiner comme je l'ai fait dans u travail spécial l'influence de la ligature sur Tliémorrhagie sniTait sa source, je me bornerai à dire que sur 116 opérations, 28 foL«, c'est-à-dire dans un quart des cas, il y eut des hémorrhagies sccoedaires. Si j'ajoute que 23 fois il y eut des accidents cérébraux, que sur 116 opérations nous comptons 58 morts, nous serions autorisés à dire que, sauf les cas où la carotide interne est blessée, il ù* lier la carotide externe et non la carotide primitive.

W^ Ligature comme traitement de certaines tumeurs, — Ln 101 observations peuvent se résumer ainsi : ligature pour iimem vasculaires, 76; pour tumeurs fongueuses, 23 ; pour tumeurs doii la nature n'est pas spécifiée, 2. Je ne reviendrai pas sur ceq« j'ai dit déjà à propos des tumeurs cirsoïdes (page 2^8). 52 foisî s'agissait de tumeurs vasculaires du crâne ou de la face, mtf 38 observations seulement sont suffisamment détaillées. IJ y eai 3 cas de guérison (Bernard, Rogers, Wardrop) et trois autres (a* dans lesquels la guérison est mentionnée (Déguise), ou regai\i« comme probable (Jameson), ou obtenue par la ligature simullaiw de la carotide externe (Bertherand) . 12 fois on n'obtint qu'uiK amélioration, et sur 16 cas mortels, 13 fois les accidents cérébnua furent la cause de la mort.

16 observations ont trait à des tumeurs de Torbite, ilyetf 1 0 guérisons, 3 améliorations, 1 insuccès et 2 morts.

Les 23 opérations pour tumeurs fongueuses ont donné 8 décès 1 4 insuccès et une seule amélioration qui persista cinq ans.

UGATUUE DE LA CAROTIDE FIUMITIVE. 311

5° Ligature pour faciliter des oiwmtions. — J'ai rassemblé . observations dans lesquelles ou a fait préventivement la ligare de la carotide pour se mettre à Tabri des hcmorrhagies pennt l'opération ; 11 fois, c'est-à-dire une fois sur cinq, des hcmorîgies sérieuses eurent lieu malgré la ligature. Mais ce n'est pas it encore, 10 fois elle a été la cause directe de la mort en projuant des accidents cérébraux ; de telle sorte que si à ces 1 0 cas ns lesquels elle a été mortelle, nous ajoutons les 11 autres où elle té inutile, nous trouvons un minimum de 21 insuccès, c'est- àe un peu moins de la moitié.

G'' Ligature 'pour èpilqme et affections nerveuses, — L'opération !lé faite 26 fois contre l'épilepsie par Mac Clellan, Becton, Presi, Hamilton, Brown^ Parker, Morrogk, Wood, Weber, Angel, It, Nussbaum; contre des névralgies par Liston, Parson, Nussiim, Krimer ; contre un tic douloureux par Palruban et Nussbaum . îsque jamais le résultat n'est donné dans les observations, et ce on sait de quelques-unes permet de juger de la valeur d'une éralion grave, empiriquement tentée et qu'il faut condamner, cun chirurgien français ne s'est heureusement laissé aller à cette rurgie d'aventures.

7® Ligature des deux carotides. — J'ai pu en découvrir 23 ob- *vations. Les deux ligatures ont été faites : simultanément (V. »lt), à des intervalles de cinq jours (EUis), six jours (Williams), izc jours (Mussey), dix-sept jours (Weber), vingt-deux jours ackmann), un mois (Mussey, Parker, Warren), cinq semaines reslon), deux mois (Preston), deux mois et demi (Kuhl), quatre )is (Moeller), cinq mois (Wood), six mois et demi (Carnochan), it mois (Robert), un an (Ullmann), cinq ans (Buenger), six ans odgers et Van Buren), trente-neuf ans (Dupuylren et Robert). 11 3ut 5 morts et 1 9 guérisons ; deux fois le résultat n'est pas indilé. Ce qui frappe dans Phistoire de ces opérations si graves, ce est pas seulement que beaucoup d'opérés ont guéri sans accident, 3st que cette guérison soit survenue chez des malades qui, «rès la première ligature, avaient présenté des accidents cérébraux rieux.

8° Des accidents cérébraux consécutifs à la ligature de la carotide imitive, — Ces accidents, quelquefois légers, sont le plus souvent 3s plus graves. Le coma, des convulsions, du délire, de la conaclure se sont montrés un assez grand nombre de fois, mais l'accicnl le plus fréquent est l'hémiplégie qu'on retrouve dans U5 observions. L'époque de son apparition est variable. Elle parut immé-

que pria lade

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